‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 33 sur 141 · LIBERTÉ DE LÀ PRESSE · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DE LÀ PRESSE

que ne pourront désunir ni les amis des chouans, ni les amis de Tanarchie. »

La répugnance pour toute épreuve des élections était telle que le Directoire, qui avait déjà obtenu le droit de pourvoir aux emplois de judicature et d'administration vacants par défaut d'élection des assemblées électorales, demanda la même autorisation pour les juges de paix^ et les administrateurs municipaux qui, d'après la constitution, devaient être élus par les assemblées primaires. Même à ce degré il craignait de consulter Topinion publique. Ce ne fut pas sans difliculté qu'il obtini cette fois un vote favorable à sa demande. 11 rencontra une vive opposition dans les deux conseils; on commençait à le ménager moins.

Ce n'était pourtant pas dans la législature; ce n'était pas dans la région supérieure de la politique que croissaient les difficultés et les périls du nouveau gouvernement. La constitution avait consacré la liberté de la presse ; en même temps , aucune loi n*en déterminait les bornes; ses excès et ses délits n'étaient ni prévus ni définis. Il n'y avait jamais eu aucun milieu entre la licence ou la compression arbitraire et tyrannique. Réprimée par la peur du tribunal révolutionnaire, déchaînée après le 9 thermidor , intimidée par le 13 vendémiaire, la presse reprenait courage. Les journalistes qui avaient excité les sections et mené leurs délibérations, reparaissaient acquittés ou oubliés par les tribunaux et les conseils de guerre. Chaque jour ils devenaient plus hardis. Quelques-uns laissaient paraître des penchants ou des espérances

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