‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 93 sur 141 · Histoire de la conspiration de Babeuf, par BuonaroUi · texte numérisé non relu

Histoire de la conspiration de Babeuf, par BuonaroUi

264 ARRESTATION DBS CONSPIRATEURS.

La découverte de cette conspiration, la complicité des Montagnards, consternèrent les révolutionnaires du Corps législatif. Sans doute les projets et les opinions de la Société des égaux leur inspiraient de Thorreur et de Teffroi ; mais Tenscmble du parti se trouvait compromis; la voix publique allait imputer l'audace et les espérances des conspirateurs à Findulgence qu'on avait montrée, à la protection qu'on avait accordée à leurs excès, à leurs provocations. Comment pourrait on prétendre maintenant que la République ne courait d'autres dangers que les complots des Chouans et des roya* listes encouragés par la connivencedes modérés? 11 ne fallait pas moins que la passion révolutionnaire de Ix)uvet pour écrire dans son journal : « Je demeure persuadé que le démocrate Babeuf n'est qu'un royaliste déguisé. »

On fut bientôt contraint de renoncer à un tel langage. Dès le lendemain le message du Directoire ne laissa plus aucun doute sur les affreux projets des conspirateurs et sur les opinions qu'ils professaient.

Le parti modéré s'empressa de donner des louanges à la vigilance et à la fermeté du Directoire. Lemerer et Pastoret voulaient que le Conseil le remerciât d'avoir honorablement rempli ses devoirs. Sous le prétexte que le Corps législatif ne pouvait approuver la conduite du pouvoir exécutif, non plus que le Directoire ne devait ni blâmer ni louer les actes de la législature, on passa à l'ordre du jour.

Un autre message soumettait au conseil des Cinq- Cents la mesure prise contre Drouet. Il fut répondu que le Directoire avait agit légalement en faisant arrêter un représentant en flagrant délit, et que lorsqu'un rapport et des pièces seraient mis sous les yeux du

Page 1