‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 15 sur 110 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

ployées comme moyens de destruction? Comment l'idée du droit reprendra-t-elle place dans les esprits, lorsque les lois et les constitutions sont un produit des circonstances et n'ont point été léguées par le temps, affermies par une longue prescription et corrigées par l'expérience?

Ce n'est pas aux gouvernements seuls que doivent être imputés nos révolutions et le triste malaise qui suit leurs crises successives. Sans doute le Directoire manqua à ses devoirs et aux lois ; sans doute il fut sans discernement et sans prudence dans l'usage de son autorité : mais il importait aussi de signaler en quel état se trouvait la nation française, quand fut expérimentée cette constitution républicaine ; alors elle était sans lois , sans mœurs , sans traditions , sans autres souvenirs que quatre années de révolution, sans aaire sentiment politique que le mépris du pouvoir qui avait pesé sur elle ; en même temps elle comprenait que le retour à l'ancienne France était impossible : elle ne croyait ni à la monarchie ni à la république.

On a dit, non sans quelque exagération : les nations ont le gouvernement qu'elles méritent. Depuis soixante ans la France a essayé beaucoup de constitutions, elle a inauguré beaucoup de gouvernements sans s'arrêter à aucun. Serait-ce donc qu'elle ne mérite pas d'avoir un gouvernement durable? Tant que l'esprit révolutionnaire ne sera pas éteint et qu'il élèvera la prétention de créer un nouvel ordre social , l'ordre politique ne pourra être établi.

DU

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