‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 34 sur 110 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

Aymé retentit dans toute la France. Une des catégories privées du droit de cité par la loi de brumaire comprenait les individus qui , dans les assemblées primaires ou électorales , avaient provoqué des mesures séditieuses. A ce grief se réduisirent les attaques furibondes qui avaient été dirigées contre M. Aymé. Il n'était pas de la compagnie de Jésus ; il n'avait persécuté aucun Jacobin; mais, dans une assemblée primaire qu'il présidait , on avait donné aux électeurs un mandat impératif, contraire aux décrets qui ordonnaient la réélection des deux tiers. Sur ce fait, et sans autre procédure, Aymé fut exclu.

Cinq autres députés furent aussi atteints, en vertu de la loi du 3 brumaire, comme parents d'émigrés, ou pour avoir signé dans une assemblée primaire des protestations contre les décrets des 5 et 1 3 fructidor.

Ainsi se déclarait de plus en plus l'intention des républicains. Ils ne comprenaient point qu'il y eût en France d'autres citoyens que ceux qui avaient participé aux actes de la Révolution d'où était sortie leur république. La cabale qui avait élu le Directoire demeurait toujours compacte et unanime, pour repousser des affaires publiques , et tenir à l'état de proscrits ou d'ilotes, tout ce qui n'appartenait pas à leur faction. Louvet disait, en insistant sur les exclusions : « Comme nous avons tous une baine égale pour la royauté, nous devons écarter un commencement de résistance, non éloignée à ce qu'on prétend. Nous devons prouver l'étroite union qui existe entre les victimes du 31 mai , les vainqueurs du 1 0 août et les libérateurs du 9 thermidor. Les représentants qui ont attaché leur nom à ces journées forment un faisceau

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