RETRAITE DES ARMÉES FRANÇAISES
rait point de concert avec lui ; d'ailleurs le découragement qui suit une défaite avait diminué l'énergie des soldats et des officiers. Lui-même paraissait triste et abattu : la trahison qu'il couvait en son âme, les revers qui lui avaient ôté la confiance des troupes, et par conséquent l'autorité morale si nécessaire au chef d'une armée , le rendaient hésitant et timide dans ses combinaisons. 11 avait espéré que l'armée de Jourdan viendrait à son aide ; elle ne se rapprocha point de lui, et, le 10 novembre 1795, il fut tourné par sa gauche qui n'était point en force pour défendre ses positions. Après quelques combats partiels , Pichegru ordonna un mouvement de retraite qui laissait à découvert Manheim dont la défense avait une grande importance. La place était mal approvisionnée et la garnison peu nombreuse; elle fut rendue aux Autrichiens sans même avoir été assiégée. Une première sommation suivie d'un essai de bombardement suffit pour décider le général qui y commandait à capituler \ 11 fut soupçonné de trahison.
Pichegru chercha à se mettre en communication avec l'armée de Jourdan qui était en mouvement pour se rapprocher de lui , trop tard pour sauver Manheim. Quelques affaires heureuses et honorables pour les divisions qui y prirent part ne rétablirent pas la situation des armées françaises ; elles ne pouvaient pas espérer de forcer les Autrichiens à abandonner la rive gauche du Rhin et à repasser le fleuve. Elles étaient encore sur la défensive, lorsqu'on apprit soudainement que le général Clairfayt avait proposé un armistice aux