ARMISTICE AVEC NAPLES
il me reste, y compris les renforts qui vont m'arriver, six mille hommes. En eussions-nous vingt mille, il ne nous conviendrait pas de faire vingt- cinq jours de marche dans les mois de juillet et d'août pour aller chercher la maladie et la mort. Pendant ce temps-là Beaulieu repose son armée dans le Tyrol , la renforce de secours qui lui arrivent tous les jours et nous reprendrait dans l'automne ce que nous lui avons pris dans le printemps. Moyennant cet armistice , nous sommes à même de dicter à Rome toutes les conditions qu'il nous plaira. Déjà , en ce moment même , la cour de Rome est occupée à faire une bulle contre ceux qui prêchent en France la guerre civile sous prétexte de religion. Par la conversation que j'ai eue ce matin avec M. d'Azara , ministre d'Espagne envoyé par le pape , il m'a paru qu'il avait ordre de nous offrir des contributions. Je serai bientôt à Bologne. Voulez-vous que j'accepte alors, pour accorder un armistice au Pape, vingt-cinq millions de contributions, cinq millions de fournitures en denrées , trois cents tableaux et des manuscrits , et que je fasse mettre en liberté tous les patriotes arrêtés pour faits de révolution ? J'aurai le temps de recevoir vos ordres là-dessus , puisque je ne crois pas être à Bologne avant dix ou quinze jours. Je vous prie de rester persuadés que lorsqu'une fois vous m'avez fait connaître vos intentions, il faudrait qu'elles fussent bien difficiles pour que je ne puisse pas les exécuter. »
Le général Bonaparte se montrait ainsi convenablement respectueux pour son gouvernement; il n'en était pas moins vrai que ce qu'il avait décidé ou ce qu'il semblait proposer était absolument nécessaire et ne pouvait être refusé ni modifié par le Directoire. De