ARMISTICE AVEC LE PAPE
que les légations seraient retranchées définitivement de l'État pontifical. Ainsi il se comporta comme à Milan et donna un plein essor à l'enthousiasme italien ; il fut surtout manifesté par la haute aristocratie ; la joie de se trouver délivré de l'administration cléricale était plus vive encore à Bologne que n'était en Lombardie le contentement d'être affranchi de la puissance autrichienne. L'entrée du général Bonaparte fut un triomphe , les premières familles de Bologne , les Ca prara, les Marescalchi, étaient à la tête de la députation du sénat. Aldini, qui était l'avocat le plus distingué de la ville et qui jouissait d'une grande considération , en faisait aussi partie. Jamais révolution ne changea plus soudainement la physionomie d'un pays. Tout ce qui n'était point prêtre se revêtait de l'habit militaire. Chacun des jours que le général en chef passa à Bologne fut une fête; le peuple s'enivrait de contentement et d'espérance. Le bon ordre n'en fut pas moins maintenu. Le respect fut gardé ])our toutes les choses de la religion ; les couvents n'éprouvèrent aucun mal, et l'état -major protégea même les jésuites.
M. d'Azara arriva en toute hâte à Bologne pour obtenir l'armistice que depuis longtemps il engageait le saint-siége à demander. Le Directoire avait autorisé le général en chef à traiter avec « le prince de Rome , » qu'il ne pouvait se résoudre à nommer le pape. Les conditions furent moins dures qu'elles n'avaient été annoncées dans la lettre du 7 juin. Vingt et un millions de contributions en argent ou fournitures , cent tableaux au choix des commissaires français : tel fut le prix de la rançon ; mais ce qui importait le plus, ce