La Somme rural de Jehan Bouùllier
Origine toumaisienne. — Boutillier, né à Pernes (aujourd'hui dans le Pas-de-Calais), vers le milieu du xiv* siècle, est l'auteur de la Somme rural, essai de généralisation du droit français, œuvre intéressante et utile. Boutillier prend, entre autres qualifications, celle de lieutenant du bailli de Vermandois en la souveraineté de Tournesis. Il a passé une bonne partie de sa vie à Tournai, où il est mort en 1393 ou 1396*. La conduite de ce jurisconsulte paraît avoir été parfois peu correcte : il ne dédaignait pas lepol-de-vin*.
Boutillier écrivit la Somme rural à peu près à la même époque que Jacques d'Àbleiges le Grand coutumier. J'insistais, dans la première édition de cet ouvrage et surtout dans mes Etabliss^-
t Cf. VioUel, Etab.y l. I«, p. 268.
2 Recueil de Jean Le Coq dans Brit. Mos., Manuscrit Harl. 4503, fol. 35 v«, 36 ro et v«. Imprimé par du Moulin à la suite du Siilus antiquut^ Parisiis, 1558, p. 276. Cf., ci-dessus, pp. 163, 164.
3 Plus exactement entre le 16 septembre 1395 et le 24 janvier 1396 (n. st.).
^ Albert Allard, L« premier bailliage de Totimot-Toumaim , contribution à la biographie des Juritcontultes Jehan Boutillier et Jacques d*Ableiges^ Mons, 1895 (ExtrHÏt des Annales du Cercle archéologique de Mons^ t. XXV. Cf. compte rendu par M. d'Herbomez dans Bibliothèque de V Ecole des chartes, t. LVII, p. 114).
JEAN MASUER.
ments de saint Louis, pour prouver que Boutillier avait dû termi - [494] nep son œuvre à la fin du xiv^ siècle*, non pas au commencement du XV*, comme l'avaient fait croire les éditions très défectueuses de la Somme. Celte conclusion, fournie par la seule comparaison des manuscrits et des éditions anciennes qui ont la valeur de manuscrits, est désormais hors de toute contestation, car on sait, grâce à M. de Meulenaere, que Boutillier avait cessé de vivre à la fin de janvier 1396 (n. st.),
Boutillier parle vaguement, à plusieurs reprises, de divers coutumiers qu'il a utilisés pour la rédaction de sa Somme, sorte de code aux visées élevées et qui ne tend à rien moins qu'à une généralisation du droit français. Un examen sommaire permet de -signaler, en effet, les textes suivants : 1* Anciens usages d^Artois; 2* Grand coutumier normand; 3* Peines de la duchie d'Orléans ; 4* Etablissements de saint Louis; 5* Style de la Chambre des Enquêtes ; 6* Style des commissaires du Parlement*.
L'érudition diffuse de Boutillier masque mal son peu de profondeur, a fort bien dit M. Aubert*.