Charles du Moulin ou du Molin (en latin ifo/m^M.ç
Lhomme et ses travaux. — Voici un personnage bruyant, un légiste ardent et passionné, dont le nom est un drapeau et dont la vie militante forme un singulier contraste avec l'existence paisible d'un Imbertou d'un Charondas le Caron.
Charles du Moulin, né à Paris en l'an 1500, débute, en 1522, comme avocat au Parlement de Paris. Mais un vice de prononciation l'empêche de réussir. Il échoue, se retire et s'isole dans l'étude, se faisant d'ailleurs par ses consultations de sufHsants revenus. L'isolement auquel il se voue est si complet et en même temps si voulu qu'il Tait donation générale de ses biens présents et à venir à son frère, Ferry du Moulin*. L'avocat consultant avait, en ce temps-là, renoncé pour son compte, au coariage. Mais il eut l'occasion de revenir sur cette décision :il épousa, en 1538, Louise de Beldon. « Ce mariage ayant eu la bénédiction de trois enfans, » du Moulin, fit « ce qu'un bon père doit faire suivant le devoir et l'obligation naturelle, » écrit Brodeau : il parvint à
1 En suivant tout simplement ce vœu de l'unité, j'élaguerai très natarellemeot on grand nombre de noms qu'il n'est pas possible de citer dans une histoire rapide des sources; car, à partir du xyi^ siècle, les jurisconsultes français affluent, et je ne finirais pas si je voulais les citer tous. En me restreignant à ceux qu'on peut considérer comme les précurseurs du Code civil, comme les jurisconsultes de l'avenir, je oe citerai guère que de grands noms.
i Voyez Brodeau, La vie de maistre Charles du Molin, Paris, 1654, p. 22.