‹ Histoire du droit civil françaisChapitre 184 sur 648 · LIVRE I. SOURCES DU DROIT FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LIVRE I. SOURCES DU DROIT FRANÇAIS

s'installa à Nevers comme avocat. Il y devint premier échevin (1568), puis procureur général pour le duc de Nevers, Louis de Gonzague.

Il fut trois fois député du tiers état de Nevers aux états généraux, savoir : aux états d'Orléans de 1560, aux états de Blois de 1576-1577, et enfin aux états de Blois de 1588. En 1560, Coquille fut remarqué par le chancelier Lhospilal qui l'honora de son amitié. Coquille a été mêlé aux affaires publiques de [211] son temps par des écrits dirigés, comme ceux de du Moulin, contre la cour de Rome. Il faut citer notamment deux traités : Les Libertés de l'Eglise \de France, 1591» et la Réponse aux bulles de Grégoire XIV contre Henri IV.

Ses travaux juridiques doivent être signalés aujourd'hui à deux points de vue différents. Coquille est sérieusement préoccupé du droit public; c'est là un des traits originaux de son œuvre. Il est préoccupé de Tunité législative : «'il ne travaille pas av€C la même ardeur que du Moulin à procurer la rédaction d'un code unique, il y songe cependant, et il prépare cette grande entreprise en publiant son Institution au droit françois,

Seg préoccupations politiques et l'intérêt qu'il porte au droit public se révèlent par plusieurs écrits sur .les Etats généraux^ par un Traité des Pairs de France, leur origine^ fonction, rang et rft^?«7e (toutefois l'attribution de ce traité à Guy Coquille n'est pas absolument certaine) *, et surtout par les principes et les maximes qu'il pose dans les premiers chapitres de son Institution au droit françois.

Outre cette Institution au droit françois qui fait de Guy Coquille un des premiers généralisateurs de notre droit, ce grand jurisconsulte a écrit un commentaire célèbre de la coutume (lu Nivernois et des annotations sur l'ordonnance de 1579.

Une parole exquise, un conseil excellent résume pour moi l'esprit de ce jurisconsulte coutumier qui, maintenant en plein xvi* siècle, au milieu du pédantisme qui envahit tout, la simplicité traditionnelle de nos vieux auteurs, s'exprime ainsi : « Me semble que l'intelligence et la pratique de nos coutumes

I Voyez OEuvret, t. I«r, BordMui, 1103, p. 461, oole finale.

ANTOINB L018EL.

-doit être traitée simplement, sans grand apparat, sans y appliquer ces fanfares de distinctions, limitations, subtilités, fallences et autres discours qui sont plus de fard que- de subsistance V >* Voilà la bonne tradition couturaière. Parmi les fanfares de distinctions et de subtilités Tintelligence s'égare. — On le sentait vivement en 1679, lors des grandes réformes de l'enseignement du droit : Abstinendum, disait-on, a tricis et cavilla- •tionihiis^ ab inanibus argutiis quibus deformata et infecta jurisprudentia nauseam peperit^.

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