LIVRE I. SOURCES DU DROIT CANONIQUE
seulement on indique par ces mots : Clem.j ou /. XXII, ou Extr. com.^ qu'il s'agit non du Sexte, mais des Clémentines, des Extravagantes de Jean XXII ou des Extravagantes communes.
[73] 7. L'expression Corpus juris canonici. — Révision critique du Corpus inaugurée par le pape Pie IV, — Les correctores Romani,
Tel est Tensemble que nous appelons Corpus jnris canonici. Celte expression a été employée dans les conciles de Constance et de Bftie*. A cette date, les Extravagantes n'en faisaient pas partie. Appliquée à Tensemble que je viens de faire connaître, l'expression date de la fin du xvi* siècle. De cette époque datent aussi les premiers essais d'éditions critiques. Citons celles de Democharès, de Ch. du Moulin (Lyon, 1554; Lyon, 1559), de Le Comte qui s'efforça de retrouver les fragments de décrétâtes que Pennafort avait retranchés et laissés de côté, car, le plus souvent, les Décrétâtes de Grégoire IX ne donnent pas les textes in extenso.
Ce mouvement scientifique stimulait l'autorité ecclésiastique qui en prit elle-même la direction. En 1563, le pape Pie IV chargea une commission de cardinaux et de savants de préparer une nouvelle et définitive édition du Corpus, corrigée et revue sur les sources. A cette entreprise prirent part — je cite seulement quelques noms célèbres — Ant. Caraffa, Fr. Torrès (plus tard jésuite), François Alciat, cardinal, parent de l'illustre jurisconsulte milanais; parmi nos Français, le traducteur de Plutarque, Jacques Amyot, évêque d'Auxerre*. Un nom manque ici, le nom de l'homme éminent que sa vaste science et sa position dans l'Eglise désignaient comme indispensable, comme nécessaire : j'ai nommé l'illustre espagnol Ant. Agostino, archevêque de Tarragone' (nous disons souvent en français Antoine Augustin).
i Joignez la Pragmatique de 1438, dans Isambert, t. IX, pp. 16, i7, 21, 35. 2 Pierre de Nolhac, Jacques Amiol et le Décret de Gratien^ Rome, 1885; analyse par T. de L. dans Revue critique du 30 qo7. 1885, p. 432. * Friedberg, Corpus juris can.^ t. T«', col. lxxvi-lxxviii.
LES C0RRBCT0RB8 R0M4NI.
Le travail considérable auquel se livra cette commission
fut terminé que sous Grégoire XIII, en 1580. Nous devoi
ce long labeur de la commission créée par Pie IV Tédi
officielle, connue sous le nom d'édition des c&rrectores Rom
publiée à Rome, en 1582, 5 vol. in-foL
Une foule d'éditions postérieures ont pour base l'édition
correciores Bornant,
Considérée à un point de vue scientifique absolu, cette éd
laisse encore beaucoup à désirer. Mais, si on se place au
siècle et si on songe aux ressources encore peu nombreusi
ia critique, on reconnaîtra qu'elle constitue un progrès con
rable. Les correciores ont consulté un plus grand nombr
manuscrits du Décret de Gratien qu'aucun éditeur ne l's
depuis eux. Appuyés sur ces manuscrits et procédant aussi
une liberté parfois exagérée, ils ont introduit quantité de
reclions. Ils ont pu indiquer très souvent les sources auxqi
Gratien avait puisé.
Mais, si aucun éditeur postérieur n'a consulté autant d(
nuscrits de Gratien, cependant les recherches des derniers s
et les progrès de la critique ont permis de reconnaître plui
sources utilisées par ce compilateur, sources que les corra
n'étaient point encore en mesure de discerner.
Je n'insiste pas sur l'édition des autres parties du C(J
qui présentaient de bien moindres difficultés.
Après avoir cité Tédition officielle des correciores Rome
dois indiquer, non pas toutes les éditions du Corpus, ni
les principales, mais la dernière et la meilleure, celle de
berg, Leipzig, Tauchnitz, 1879-1880, 2 vol. in-fol. : el
sume tout ce qui a été écrit pour la connaissance exac
sources du Décret.
On ne peut faire à l'édition de Friedberg qu'un seulrepr
il est trop timide; il n'a pas osé admettre dans son te
certain nombre de petites corrections excellentes, faites,
trois cents ans, par les correciores Romani^ et il les a rel
en note. Friedberg a consulté un nombre de manuscrit
moindre que les correciores Romani^ et, quand il n'a pas
dans ces manuscrits telle ou telle leçon évidemment préf(