‹ Histoire du ForezChapitre 15 sur 154 · CHAPITRE Xlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlir

Mais là pièce la plus curieuse et en même temps la plus importante du gouvernement de la duchesse Marie qui soit parvenue jusqu'à nous, est la charte de clôture de la ville de Montbrison. On n'en a connu jusqu'ici que quelques fragments ; malgré sa longueur, nous la donnerons toute entière^ parce que c'est une de ces pièces fondamentales dans lesquelles on aime à trouver la vie d'une cité. Nous la faisons précéder d'une autre pièce concernant aussi la ville de Montbrison.

« Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne, comtesse de Forez et dame de Beaujeu, ayant pouvoir de monseigneur, à nostre amé et féal bailly de Forez, messire Amé Verd, chevalier, salut.

« De la partie de nos amez et féals les doyen et chanoines de nostre église collégiale de Nostre-Dame de Montbrison nous a été très humblement exposé qu'à leurdite église apartient en toute propriété une maison par leurs prédécesseurs acquise dans le château dudit Montbrison, préz de la motte du donjon dudit lieu, touchant une de nos maisons de nostredit château, appellée le Cellier-Comtal ; dans laquelledite maison voysine de la nostre, par le tems des guerres, et après la destruction de nostre ville dudit Montbrison, qui fut arsé par les Anglais, anciens ennemys de ce royaume

( ils retenaient toûjoars prisonniers le pauvre duc Jean), lesdiis suplians tenpient le trésor et Joyaux de leurdite église dans une petite voûte de pierre, qui est faite dans ladite maison assise du cQSté de ladite motte dudit donjcm, disoient matines, faisoient et avoient accoutumé de faire le service divin en la salle hante d'icelle maison, et depuis, eux réduits au cloistre Nostre^Dame pour ledit service div^in, feu Denis de Beanmont et feu messire Guicbard d'Ulphé, jadis baillifs de nostredit pays de Forez, prirent par cour-r toisie ladite maison, que vous bailly, cuidant qu'elle fut de Aostre domaine, avez prias pour vostre aisance ; pour ce est-il que nous, consir dérants que nos prédécesseurs les feuz comtes de Forez ont esté fondeurs d'icelle églize, et que à cause de ce à nous compete et apartient de augmenter les droits d'icelle, voulans gar~ der ladite églize de tous dommages, griefs et opressions, tous mandons et commandons de leur rendre et délaisser libre ladite maison, et les remetre en la saisine et possetion d'icelle, etc. « Donné sous nostre scel, en nostre cbastel de Sury*le*Bois, le troisième jour de janvier. Tan de grâce mille quatre cens vingt-six. »

Page 1