‹ Histoire du Galvinisme; et analyse des différens ouvrages publiés sur cette découverte, depuis son origine jusqu'à ce jourChapitre 2 sur 15 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

CHAPITkE XL

Détail des expériences faites a V Ecole de médecine de Paris j sur le Galvanisme

X^ A matière du galvanisme devenait de jour en jour plus importante et plus curieuse , par 1^ nombre des savans qui s'y livroient, et qui^ publioient leurs e3q>érien€es et leurs travaux sut ce sujet. Il n'ëtoit pas possible qu'il n'excitât pas aussi l'attention des médecins français ^ et l'E^cole do médecine de Paris ne pouvcHt voir avec indifférence y et sans j preÂdre un intérêt d&rect , une découverte qui peut beaucoup étendre les progrès de la physique , de la chimie , et même de la médecine ; mais l'Ecole a cru de sa prudence V mvant d'entreprendre de nouvelles expériences | d'attendre les résultats de celles faites dans le lieu II*. Partie, A

même de cette découverte ; et lorsqu'elle û, crti pouvoir marcher dans la carrière avec plus de sûreté , elle Ta parcourue), et a cherché , de concert avec les savahs étrangers , à jetter plus Se, jour sur les phénomènes qui accompagnent le galvanisme. Elle s'est attachée sur-tout à diriger ces phénomènes au profit de Tart de guérir.. Voici d'abord l'article qu'on lit dans k Journal de Médecine , ' rédigé par les CC. CorvUart , Leroux et Boyer (i), et le détail des expériences galvaniques, vérifiées à l'Ecole , au moyen de l'appareil imaginé pat le professeur FolU{. Cet article est du C UaUé^ professeur à l'Ecole de médecine , et membre de l'Institut national , qui a toujours suivi et dirigé les expériences de l'Ecole , et qui a -coopéré à celles ' feites à l'Institut 9 dont il sera question dans le ch«H pître suivant. Il faut observer qu'on n'avoit encore qu'une connoissance imparfaite des expériences

• (i) Nivôse an 9, page 351. ^^^î aussi le Magasin encyclopédique, nivôse atï^^n^^.! 6. \

(a) Ces premières erpérienocs 6nt eu lieu , en floréal et en prairià) de Tan 9. Lejir appareil es,^ terni joiymeilenieot^^ 9ç« dvité, dans les cabinets de l'école, par leC. Thillayc^ fils^^ aide-conservateur. Divers- savans , entre autres les CC* Lom place ^ Fourcroy , Buut, ont bien voulu-concourir à la vérifitation des fiits que cesôxperiences constetent. Plusieurs de ceux ici annoncés ^ et dont on n'avôit pas encore eu Connoîs^ iance par les papiers publics ; par «xemple, ceux qui

DUGALVANISME. ,

dff professeur Folm , .dont depuis il a donné c«ni"* fflunication à l'Institot.

4( i^. Dispositions dts appareils (i). L'appareil monté à l'Ecok, d^apràlles mémoires du C. f^oka^ iété composé de différens .étages , formant une pil^ plus ou moins élevée , suivant leur nombre : cha*^ cun a été établi de bas en haut , de deux ma* nières, ou dans deux ordres différens, savoir: i^. zînc> carton mouillé, argent; i^. argent ^ carton mouillé , zinc : tous ces étages ont la même disposition dans une même pile. Ceux successif se touchent, en conséquence, dans Tordre qui suit : dans la première disposition, l'argent de l'étage inférieur touche sans intermé> iliaîre le xinc de* l'étage supérieur ; dans la se*<conde disposition , lé zinc touche immédiatement Targeût^ également de bas en haut; Le carton n'est ici que comme moyen de réunir l'eau et les dissolutions interposées entre les métaux : il doit en conséquence être fort imbibé.. >»

sont relatifs à l'état électrique, dtfiérent aux denz extrémités de l'appareil , se sont trouvés à-peu-près conformât aux observations publiées depuis , par MM. Fotu , Ni-* choison, etc« Mais quelques différences, qui sans doute ne sont qu'apparentes , nous oht déterminé à décrire la formation de notre pile, avec plus d'exactitude que ne Vont £ut les rédacteurs- du tome XV de la Bibliothèque te. Apre du €, Halle.

H Un autre appareil est celui qui est formé éga-^ letnent de deux métaux différens, le cuivre et le zinc : ces métaux plongent dans des . bocaux remplis d^eau , ou de dissolutions salines. Les ex^ trêmités plongées doivent être maintenues à dis* tance , et se toucher , au contraire , par l'extrémité qui excède le bocal. >f

M L'un et l'autre appareils se ressemblent essen*" tellement : mais on a trouvé constamment , toutes thoses égales d'ailleurs , l'appareil vertical ou laî pile plus énergique dans ses effets : on Ta portée à cent pièces de chaque espèce , et même au-»* delà. Les effets sont d'autant plus marqnans^ que le nombre des étages est plus considérable; mais on peut diviser la pile ëil plusieurs , et prou** yer qu'elles communiquent ensemble dans un cidre qui ne contrarie pas la diq>osition de leurs parti». L'eiFet est le même que quand la pile . n'est pas divisée. Si ^ au contraire , soit en renversant une moitié de la pile sur l'autre, soit par la manière d'établir les communications qui unissent entre elles diverses piles , on oppose en sens inverse les séries formées par leurs étages ^ tous les effets sont aussitôt anéantis. Ils ne .varient que selon la diverse disposition ci -dessus indiquée des étages dans les deux séries , et ne sont point influencés par les métaux que Ton ajoute 9 soit au pied , soit au sommet de la pile*

Sans kl manière jde Ja monter ^ il faut , pour fempêcher de s'écrouler , lui donner des appuis ; mais ces appuis j quand ils sont pris dans dey liges métaBîqnes ^paroissenten anéantir Yetkt. Les supports y formés par des tubes de vene , en conservent au contraire toute l'énergie. Les dissolutions salines donnent une plus grande force aux e£Eets de cet appareil ; parmi ces dissolu* dons 5 Teau alumineuse, et sur -tout la disso* lution de muriate d'ammoniaque , ont paru jus« qu'à présent produire le plus grand etfet. h

)# 2^. Mjffiis produits par Us apparais ei^Jessus dl* aiis. Ces effets sont de deux espèces", .savoir t i^* ceux qui affectent les corps bruts , dont la chaîne continue est en contact , d'une et d'autre part y avec les deux extrémités de la {nie ; 2^4 ceux qui affectent l'économie animale, >» * *

4» Les effets sur les corps bruts sont de trois sortes : Us combirudsons au décompositions^ Us itir^ cUks , tes attractiom a Us répulsions. ^

» Combinaison ou décomposition deFuuJ)zns un tube lempli d'eau et bouché hermétiquement , on plonge de part et d'autre des tils d'un même métal , et on les fixe à une distance d'un ou de deux centimètres l'on de l'autre ; on les met chacun en contact avec fine des extrémités de la pile. Celui qui est en con«^ tact a^ec l'extrémité qui répond a l'argent dans chaque étage I tel qu'il est décrit ci-dessus^ se couvre

d'ôxidc. Celui en contact avec rextrêmlté qui répond au zinc, se couvre debullesdegaz hydrogène. Si les deux fils sont en contact dans l'eau où ils plongent , il ne se fait plus , ni dégagement des bulles, ni oxidation. Celle<<i et le nombre des bulles , sont en proportion des sur&ces du métal , et se multiplient avec elles. Dans la pile, les métaux s'oxident dans leur contact avec' 'la carte , et ne s'oxident pas , ou très - peu , dans ia surface opposée , par laquelle ih se touchent immédiatement. >»

' yf EdnulUs. On touche à la fois les deux extrémité» de la pile avec un même fil de métal ; s'il est de fer, il s'excite une étincelle au moment du contact. Elle est alors composée d'un point lumineux blanc et d'une gerbe rougeatfe y qui éclate en tous sens autour du point lumineux , comme par déflagration : si le fil est de tout autre métal , de cuivre , de platine , etc. on ne voit que le point lumineux : on peut le voir dans le contact des différentes parties métalliques de la pile , soit d'argent , soit de zinc. Au moment du contact, on voit souvent plusieurs points lumineux, dans différens points de la colonne. >» » Aitracûcns et répuisions. On prend d'une main une petite bouteille de Leyde , d'une surface intérieure peu étendue , telle, qu'une phiole d'eau des Carmes : on applique son bouton à la surr

face supérieure ou inférieure de la pile , appliquant en même temps Tautre main à Tauire extrémité : on soutient pendant quelques mi- Xiutes de suite cette application. Le bouton do la bouteille étant en contact avec le bout de la pile qui répond au zinc , il en reçoit la propriété de repousser , dans Télectromètre du C. Coulomb , le disque électrisé négativement y où chargé d*é-* lectricîté résineuse, et d'attirer, dans le même électromètre, le disque électrisé positivement, ou chaîné .d'électricité vitrée. Ce même bouton , placé au bout de la pile qui répond à tar* gent , acquiert la propriété de repousser le disque chargé positivement , et d'attirer le disque chargé txégaùvement ,. d-oii il résulte que la même ex-^ trémîté de la pile, qui paroit spécialement dé-* terminer la formation des bulles du gaz hydro* gène , dans l'appareil des décompositions. , est aussi celle qiii paroît communiquer à la bouteille les propriétés attractives et répulsives , caractérisa tiques de l'électricité négative-, et que l'extrémité qui paroît déterminer, spécialement l'oxidation du métal, est aussi celle qui paroît communiques les. propriétés caractéristiques dç l'électricité por* sitive (i). y^

* (i) Il faut toujours observer que l'on suppose ici le» iuÇKs formés de deux métaux dlâérens , avec un copp»

» Les effets produits sur les corps anime» sont des commotions, des saveurs, des éclairs, sdon les parties affectées. On' mouille Tune et Pautre main en entier , et alors on touche du doigt ^ de part et d'autre , les extrémités de la pile ; les cartons qui entrent dans sa structure* étant imprégnés d'une dissolution de muriate d'ammoniaque. Au moment du contact , on éprouve une commotion qui s'étend jusqu'iau coude. Si la main étoit sèche , la commotion seroit très-légère. Si Ton prend, pour toucher la pile, un tuhç de mé« tal mouillé , assez gros pour remplir entièrement la main, l-eiFet est beaucoup plus considérable. Il a paru aussi plus fort , quand le tube étoit , outre cela , rempli d'eati. Si Tun et l'autre doigts, mis en contact avec les extrémités de la pile, sont maintenus dans ce contact pendant quel^ que temps , on y éprouve ,. après la commotion , la sensation d'un frémissement et d'un picotement qui finissent par être très-incommodes. Si plusieurs personnes se tiennent , comme dans la chaîne que l'on fait pour l'expérience de Leyde , la première et la dernière entrant en contact avec les extrémités de la pilç , la commotion est éprouvée à la fois par toutes d'une manière assez sensible,

humide intermédiaire : les dernières expériences ont appris à les considérer autr^ent. ( Nosc du C. Halles )

n le nombre des personnes est petit ^ et si toutes fesmainssontbien mouillées; m^îs l'effet diminuant d'intensité , à mesure qu'on augmente la quantité des personnes intermédiaires , il cesse absolument d*être sensible, quand ces intermédiaires sont por** tées à un certain nombre, que l'expérience £iit apprécier. Si la personne ou les personnes , dont les mains forment cette chaîne de l'une à l'autre extrémité de la pile , sont isolées ^ c'est*à-dire » montées s^ir l'isoloir électrique, l'effet est plus sensible ; dans une chaîne où , à raison de son étendue , Teffet paroît anéanti , il devient immé* diatement sensible par l'isolement. »

^ Quand , l'appareil étant en contact avec les fils métaUîques dans l'appareil des décompositions ou des combinaisons , on a tenté en même temps l'expérience de la commotion , celle - ci a paru sensiblement plus foible , que quand la pile étoit ahsohunent libre. Mais on n'a pas observé que les bulles d%ydrogène et le progrès de Poxida* tien , en fussent retardés* Les dispositions qui , dans l'appareil primitif du galvanisme, eycitoient sur la langue des saveurs , dans l'œil des éclairs ^ dans les parties entamées des sensations doulour reuses, étant adaptées à la pile , se font remarquer par une énergie proportionnéeà celle que les autres effets reçoivent de ce même appareil. Souvent, au moment où l'on monte l'appareil de la pile»

lo HISTOIRE

sur - tout si les disques sont couverts cTun peu d'oxide, cet appareil reste quelques temps sans activité; ce n'est qu'eau bout de quelques instans queson efficacité se déclare ^ par dés degrés d'abord foibles , qui ensuite arrivent sensiblement jusqu'à leur maximum. Quand on provoque par des attouchemens répétés et rapides les effets de cet appareil , ils paraissent croître sensiblement, à mesure que les provocations sont plus promptc;s et plus multipliées. >»

Ces expériences , hkes à l'Ecole de médecine y prouvent , saris contredit, l'analogie des phénomènes galvaniques , avec ceux de l'électricité : elles constatent sur-tout, comme l'a très -bien observé (i) le C. Fôurcroy^ i®. les rapports des deux extrémités de l'appai-eil de Fblia^ et de leur état respectif, relativement aux deux genres tf électricité positive pu vitrée, négative ourési* neuse ; 2^ la coïncidence de la formation du gaz hydrogène dans Teau autour du métal , mis en contact avec l'extrémité de l'appareil caractérisée par l'électricité négative, et l'oxidation au sein de l'eau , du métal placé à l'extrémité , où l'électricité est positive ou vitrée ; 3**. les

( I ) Foye^ son Discours à h séance publique do l'école de médecine de Paris, an9,in«4^.

DU GALVANISME. ii

condidons de rapport et de situation de quel^ ques métaux qui dëtniisent l'une ou l'autre élec- ' ' tricité , à Textrémité qui leur répond ; 4^, la détermination des circonstances favorables y dans le nouvel appareil de f^olta , au jaillissement des étincelles , aux commotions les plus énergiques ; en un mot, Hdentité des effets de l'excitateur galvanique , et de ceux de l'électricité ; ;^. enfin » on a 9 dans ces expériences, la preuve que les organes des animaux vivans, sont les électromètres les plus sensibles et les plus propres à re* connoître l'existence de l'électricité, lorsqu'elle est assez foible pour échapper à tous les. autres moyens physiques de l'apprécier.

La notice suivante des principaux résultats obtenus sur l'éfectriciré galvanique , par les expé« riences faites à l'Ecole de médecine est du C. Buuty et doit trouver ici sa place (i).

u D'après l'importante expérience des CC. Lf« plau et HalUy qui ont constaté l'identité des phénomènes de la pile dite galvanique , avec ceux des attractions et répulsions électriques , le C. Buut a déterûûné ( en regardant . comme un des

(1) Elle est insérée , n^. 43 , vendémiaire an 9 , du Bulletin des sciences de la société philomatique , et tome IX ^ page 23 1 , du Recueil périodique de la société /ibre de nédecine du Louvre. '

élémetis de la colonne la carte placée entre le zmc et Targent) que Télectrtcité.du côté de l'argent est constamment positive , et celle du côté du * zinc constamment négiàve , dans quelque direction qu'oi) place la colonne. Il a observé avec le C. Thillayt » fils ^ que dans Texpérience de la décomposition de Teau , Toxidation du métal se £iit toujours à Teictrémité positive » et le dégagement des bulles dliydrogène à l'extrémité négative de la colonne, ce qui est devenu pour eux un moyen prompt et facile , dans le cours de leurs expériences , de s^assurer quelle pouvoit être l'extrémité positive ou négative de la pile. En montant deux colonnes dans le même sens^ ou en sens contraire , ils ont eu des résidtats pareils à ceux que donnent deux bouteilles de Leyde, électrisées Tune comme l'autre , ou en sens inverse. Ils ont même fait , avec plusieurs piles , des espèces de batteries , «au moyen desquelles ils ont également augmenté l'intensité du phénomène. »

>» Le C. Thillayt , avec un excitateur de fer , a obtenu une étincelle semblable à celle du briquet ; avec le zinc cette étincelle est blanche ^ et ne s'obtient en général qu'avec des excitateurs de métaux qui brident avec flamme , ce qui fait fortement présumer que cette étincelle est purement due à la combustion. On pourra affirmer qu'elle participe de la nature de l'étincelle électrique^

DU galvanisme: ij

si on peut l'obtenir au sein des gaz incombustibles : c^est ce que le C. ThUlayt se pr<^>ose d'essayer incessamment. >»

Du reste , ses recherches^ et celles du C. Bum^ ont eu pour objet principal de déterminer quelques-unes des circonstances 9 dans lesquelles le phénomène est plus ou moins intense : il s'affoiblit sensiblement dans une colonne 4^ zinc et de plomb. Dans une colonne ordinaire , dont les surfaces métalliques* en contact sont mouillées , il &t presque nul , et il le devient tout à fait ^ quand les cartes interposées sont imbibées d'huile^ ou quand on met des cartes sèches entre toutes les surfaces. On sait que pour éprouver la cornmotion , il faut que les deux mains qui mettent en communication les deux "extrémités de la co« lonne^ soient mouillées. Si on se sert de deux étuis de fer blanc mouillés , pour opérer cette commimicatiop ^ la commotion est plus sensible ^ et (e devient bien davantage ^ quand ces étuis excitateurs sont remplis d*eau.

f4 HISTOIRE

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