‹ Histoire du Galvinisme; et analyse des différens ouvrages publiés sur cette découverte, depuis son origine jusqu'à ce jourChapitre 4 sur 15 · I II · texte numérisé non relu

I II

(i) Ce compte a mérité , par la clarté et la méthode avec lesquelles il est rédigé ^ l'approbation des savans françois et étrangers.

cxpérîences contenues dans leur rapport 9 et Us ont encore eu depuis Tayaiitage de se réunir avec M. Humboldt y pour répéter celles qui sont con-' tenues dans l'article VI , et qui ont été £iites au mois de prairial de l'an 6 (i).

On sait que, pour faire naître les effets qui ^caractérisent la propriété animale que Ton appdle actuellement Galvanisme , il Ëiut , en général , établir , au moyen des instnunens galvaniques ^ une communication entre deux points de contact y plus ou moins distans entre eux, dans une suite d'organes nerveux ou musculaires; d'où il résulte que tout le système de cette communication représente , au moment de l'action , un cercle complet , partagé en deux portions , dont les intersections' sont aux deux points du contact; que Vune de ces pqrtions est formée par les organes de l'animal', qui doivent recevoir l'influence; que l'autre dépend dés instrument » au moyen desquels cette influence s'exerce. Les commissaires de l'Institut appdlent ces deux portions du cercle complet, l'une are animal , l'autre arc txduumr. Celui-ci est le phis souvent c6m- '—III I ■ ■ I ■ ■ I ■ ■ I I I »i I ■ I ■ >

' (1) Le procès-Terbal de ces expériences , dont le C. HaUi, «se également le rédacteur ^ est déposé an àe^étariat de l'iostînit y et c'est à ce procès-verbal j que réponde at les citations faîtes dans le cours de ce rapport»

i6 HISTOIRE

posé de pitisieurs pièces , dont les. unes, placées spiis les parties de ranimai , entre lesquelles on établit la commimidation , seront appelées sup-^ ports , armature f etc« ; les autres , destinées à opérer la communication par leur continuité* avec les autres , seront ^pelées communicauurs.

"C'est d'après cette considération , que le ré-* dacteur du rapport partage le Compte rendu des expériences de la coitimission , ' en six articles. Il examine, dans le premier , les résultats des combinaisons et des dispositions variées des parties qui composent Carc animal. Il expose, dans le second , ce que les commissaires ont observé sur la nature et les dispositions respectives de farc €xâtat$ur. il o^e , dans le troisième , ce qui s'est présenté à la commission de plus remarquable ^ relativement aux drciMHtanus itrangires à la corn-* position de Tune et de Tautre partie du cercle galvanique , et dont l'influence déterminç \ fait va<* rier , ou détruit le succès des expériences. Dana le quatrième , il réunit quelques essais sur les ntcyms preposis de faire varier , d^énervir^ oh de ràablir la SttsaptiàiUti des aniniaux dans les expériences galvaniques* Dans le cinquième article v. sont rangés un petit nombre d'essais , dont le but est de. commencer à soumettre à une comparaison suivie , les rapports soupçonnés par divers phy« siçiens, entre les phinomïnts galvaniques et lés

phénomènes

l>U6ALyANI5ME« if

/iawmènes iUariquês. Enfin ^ Fauteur place, dans k sbôème article , le détail des expériences que M. Humbotdt a lâen voulu faire, devant les commissaires 9 le 1 5 prairial de l'an 6 , et qui ont rapport à plusieurs de celles mentionnées dans les articles précédens t elles sont présentées avee des modifications importantes. On donhe également , dans cet article , un ensemble de celles que les commissaires se proposent de répéter, d'après les observations communiquées par Hum-^ holdi.

Qiacnn de ces articles contient destéfiexions^ auxquelles les expériences qu'il renferme, ont donné lieu. Comme les commissaires ne parlent que de ce qu'ils ont vu et £ut eux*mêmes , leurs réflexions se bornent à celles qui sont la consé* quence naturelle de leurs propres expériences t ils se réservent de parler des résultats annoncés par d'autres physiciens , lorsqu'ils se seront con-* vaincus , par éux-niêmes , de l'exactitude de leurs observations.

Tel est le tableau du travail de la commission sommée par l'Institut, pour lui rendre compte des expériences sur le galvanisme. Il endroit co*« {ner , presque. en entier , le rapport des commissaires , avec le détail des expériences qu'ils ont faites , pour en faire connoître toute l'impor^ lance et tout le mérite. Ce rapport est si Jl*. Partie. B

r» HISTOIRE

uni^erdellement répandu , que tout le inonde est à même de le lire et de le consulter (i). Il suffira donc de présenter ici quelques sommaires , quelques résultats tirés de chacun des articles qui le composent (i).

Article I^'« Des parties tsstnùdks itVarcam^ mal^ dans U cercle galvanique ^ et des dispositions* de us parties entre eUes^ Quoique le rédacteur ne s'occupe ici, ni de la nature des supports, ni des autres parties de l'arc excitateur, il les indique n^anhioins, pour une plus grande exactitude^ et pour ne pas omettre les ^circonstances favo*^ rables ou défavorables au succès des expériences. Il donne ensuite les détails , avec leurs résultats ,

(i) Plusieurs journaux , d'ailleurs ^ en ont donné des extraits. Fbye^ , entre autres , le n^. 17 du Bulletin de la société philomatîque , thermidor an 6, et le n^. 19 , vendémiaire an 7. — Le tome IV , page 484 , du Recueil périodique de la société libre de médecine du Louvre. — Le Magasin encyclopédique, du I*^ nivôse an 7, n^. i6« •^ Le Journal de physique , bmmaiie et frimaire de Van 7.

* (1) Nous ne rapportons aucune des expériences , parce qu'elles dépendent toutes du procèfr-verbal , aux différentes sections duquel le rédacteur renvoie , chaque fois qu'il cite une expérience*

DUGAJLVANISME, 19

4cs expériences faites sur les divers rapports^ dans l'arc animal, des nerfs aux muscles auxquels ils se distribuent ; sur les nerfs liés ou coupés, la ligature ou la section comprise entre les extrémités de l'arc ; sur les ner6 , pris de différentes parties et de différens animaux , associés et réunis dans le même arc ; sur le nerf seul , ou le muscle seul , compris entre les extrémités de Tare exdtateur ; par Tinterposition de morceaux de chair 9 etc. , dans Tare animal; sur Panimai levâtu de sa peau et de son gpiderme.

Suivent des réflexions, au nombre de 1 1 , sur les expériences contenues dans ce premier article. Elles sont présentées comme de premiers apperçus^ <|ui ont besoin d'être confirmes par de nouvelles rec^ietcVies. 11 en résulte au moins la preuve^ i^. que l'arc animal peut être formé ou par des nerfs et des muscles condgus entre eux , ou par des ner& seulement ; 2^. qu'en conséquence , sa partie essentielle est le nerf; 3^. que toutes ses parties doivent être en général continues ou contiguës entre elles; 4*^. qu'il n'est point interrompu par la section d'un nerf 9 ou sa ligature , pourvu que les parties liées ou divisées , restent contiguës entre elles ; 5^. que la diversité des parties réunies dans sa formation ^ n'interrompt pas son intégrité , pourvu que toutes ces parties restent contiguës ; 6^, que cette intégrité rompue peut se rétablir par

Tinterpositlon de quelques substances non anî-^ fllales y et sur-tout des métalliques , pourvu qu'on maintienne constamment la contigiiité de toutes les parties ; 7^. que les organes musciilaires sont toujours ceux oîi vont définitivement se terminer les ner6 compris dans l'arc animal complet : d'où il suit que les muscles afFectës sont toujours ceux qui répondent à l'extrémité de l'arc la plus éloignée de l'origine des nerfi» qui le composent ; 8^. que 9 quand l'origine de tous jes nerfs qui Composent l'arc animal , est tournée vers une de ses extrémités ^ lef muscles seuls qui répondent à^ l'autre extrémité, éprouvent les convulsions galvaniques ; 9^. que , quand un arc animal est composé de plusieurs systèmes de nerfs différens , dont les origines répondent au milieu de l'arc ^ .lès muscles de ces diipFérens systèmes se meuvent également, à ses deux extrémités ; 10^. que plusieurs clés expériences détaillées ne permettent pas d'admettre l'opinion de ceux qui ont attribué les phénomènes galvaniques au concours de deux influences différentes et correspondantes 9 de la part du nerf et du muscle ; qu'ils ont eu tort de comparer les rapports du nerf au muscle , dans ces phénomènes , aux rapports des doublures intérieure et extérieiu-e de la bouteille de Leyde. 11^. Enfin , que le revêtement de l'épiderme , dans les animaiv entiers , est un olytade au

I>U GALVANISME. ai

'développement des effets du galvanisme , et que lorsque , par son extrême ténuité , il ne les in* terrompt pas tout-à-&it , il les affoiblit du moins très^senâblement.

Article n. Dt$ parms Jk Carc txckauur^ de la namn a des dispositions des pardes entre tUès. Cet arùde est composé de sept sections. La i'^. contient 9 i^. les expériences faîtes avec tes sub* stances métalfiquesy suivant leur nombre et îèur diversité ; Parc etcîtateur étant iortstè die deux ou de trois métaux dËfFérens y ou d^un pîus grand nombre, maiis toujours différens , de deux métaux en deux ou trois pièces , ou d'un seid métal ; i^. les expériences faites avec des alliages métalliques , dans SSérentes proportions , d^^ amalgames , diffà'entes combinaisons métalliques ^ et diiFérens genres de métaux minéralisés , avec leurs oxides ; 3^. les expériences avec des métaux frottés le& uns contre les autres y avec îes carbures , les sul-^ fiires y les phosphures et tes oxid'es métalliques ^ introduits dans Parc comme supports.

La 2/^. section présente les expériences feites: avec le charbon et les substances charbonneuses , qui y après les métalliques y méritent y relative-* ment à leur usage dans la formation de Parc excitateur^ une attention particulière. L'emploi des substances idio-électriques ^ dans^ le mêm^

ai HISTOIRE

arc, savoir ; le jayet, Fasphalte, le soufre,- Ip succin , la cire à cacheter , le diamant , le basalte, sujets de la troisième section , ont constamment intercepté les effets galvaniques» Il en a été de même de l'air. L'eau et les substances hutnides , sujets de la 4^. section , employés comme intermède de communication, ont determiné par leur interposition , d'une manière remarquable , les effets galvaniques» Il est question, dans la cinquième section , des expériences faites avec les^3ubstances animales, formant l'arc excitateur ; dans la 6®. , des expériences relatives à l'étendue des surfaces des parties de cet arc ^ qui ont fait voir que l'augmentation d'étendue et sur-tout de surface , dans ses intermèdes , apportoit une différence sensible dans Tintensité de l'effet. La 7*. section roule siu: les rapports des facultés excitatrices , entre les diiférentes parties de l'arc excitateur.

Les réflexions du C. Halle sur les expériences contenues dans l'article II , tendent à prouver, i^. que la disposition de l'arc excitateur, la plus favorable aux effets galvaniques , est celle oii il est composé de trois pièces au moins de différei^te nature , prises parmi les métaux , l'eau et les substances humides , celles charbonneuses , et celles animales, dénuées d'épiderme ; 2^. que ce^ pendant cet arc paroît être efficace , lors même

qu'il n'est formé que d'une seule pierre ou d'une seule nature de substance convenable; 3°; que la moipdte différence de nature , apportée dans ces parties , suffit pour lui rendre l'efficacité que hn auroit ôtée l'identité des substances ; 4^. qu'il peut eue complété par des substances de nature à /brmer Paie excitateur; 5^. que l'efficacité de Tun et de l'autre peut ttre suspendue par la séparation y ou au moins p« une distance suffi*sante entife les pièces qui tes coii^x>sent ; 6^. que h plus foible humidité paroit également suffi*santé pour unir les pièces de l'arc tocitateur , et déterminer Teffet qu'elles doivent produire sur l'arc animal ; 7^. que riuikience de l'état de l'atmosphère et des circonstances environnantes , peut être très-grand sur le succès des expérience*; galvaniques ; 8^. que celles faites sur Tare animal et sur l'excitateur , relativement aux effets com» parës des chairs animâtes , soit dépouillées , soit recouvertes de Tépiderme^ et de cet épiderme sec ou mouillé^ sefly:>lent autoriser à le tfiettre au nooibre des substances <pii atfbiblissent ou interceptent les effets de f arc excitateur. Cet épiderme est aussi ^ comme les poils et les cheveui^ , tu nombre des substances qui participent à la namre de celles idio^lectn^k» i 9*^. que les subs* tances qui peuvent entrer dihs la formation de (axe excitateur , sont pour la plupart , du nombre

de celles qu'oft compte parmi les substances sus^i ceptihles de servir de conducteurs à Félectriôté ^ tandis^ que celles qui servent pcnir interrompre cet arc y sont pour la plupart du nombre de celles appdées idio-Mcceri^ms , ou connues pour retarder la transmission électrique, proposition qui cependant souâre de grandes exceptions » comme le prouvent les expériences $Humboldtt lo^. ^n&ti^ que T^et galvanique est d^ns. un certain rapport , non s.ei4ement avec la nature desî pièces qui forment l'are excitateur , et avec leurs dispositions respectives; mais encore avec leur étendue^ et sur-tout avec la grandeur des sur-^ &ces par lesquelles, ell^ $<^lQi\t tiransmçttre cet effett

Article IU^ Des causes iiroitglns à la compo* sîdon du urele galvanique ^ et 4^s deux arcs qui le composent f ei qui néanmoins ont une b^uence éyi^ dcnae sur k sucfh des expériences^ Ces. causes ou circonstances se rapportent , i^, à l'état même des parties contractiles de l'animal , soumises à l'expérience ; i°, à la manière d^c^ér^ le con-^ tact qui établit la communication; 3^. à l'in-^ iluence que les expériences elles-mêmes ont le& unes sur les autres^ «par le seul effet de leiur suç^ cession ; 4^. aux rfqîlieux dans lesquels se font

le$ opérations , ce ({m divise cQt article çn quatre

DU GALVANISME. iç

sections. L'objet de la première a* spécialement été prouvé dans les expériences faites avec identité de toutes les pièces de l'arc excitateur , où seulement des supports. Les circonstances qui diminuent la susceptibilité de l'animal y ont donné lieu de connoitre plusieurs phénomènes qu*on n'auroit jamais observés sans cela , et dont la plu« part sont exposés dans la seconde section , où il est question de Influence du mode de contact sur le succès des expériences , i^. en alternant le contact d'un support 5 ou â'une partie à Tautre; 1^. à Fa^roche ou à la retraite du communicateuTy 3^. par la rapidité du contact ou de la retraite du communicateur ; 4^. par le simple changement de oonti^té , sans interruption du contact.

Les commissaires ayant fait successivement diverses eiqiériences ^ relatives à l'influence qu'elles ont les unes sur les autres , par le seul effet dé leur succession ^ ils se sont bientôt apperçus que certaines d'entre elles influoient tellement sur la susceptibilité de l'animal ^ qu'elles paroissoient déterminer sensiblement le succès ou le non succès des suivantes. Jusqu'alors ils n'avoient £iit leurs expériences que dans l'air ordinaire ; ils donnent le détail de celles qu'ils ont faites sous.Teau et dans fatmosphère électrique^ et qui prouvent fu'uixe des conditions les plus capables d'influer

sur le succès^es expériences » est la nature de$ jnilieux , dans lesquels elles ont lieu.

Les expériences détaillées dans cçt article » ont conduit aux réflexions suivantes , i^. l'influence galvanique paroît ^ dans b^aucovp de çirconstan^^ ces, s'exciter par l'exercice^ s'épuiser par la continuité du mouvement , $e réparer par le repos ; i^« la multitude de causes, qui peuvent évidemment influer sur le résultat des expériences galvani-^ ques , et les faire réussir ou manquer , doit inspi-r rer beaucoup de réservé , avant de nier ou d'affirmer leurs succès , à moins qu'on n*ait la cert-ltude 4*ea pouvoir apprécier toutes les circonstances influentes ; 3^. une des circonstance^ qui prouve le plus ce qui vient d'être dit , c'est celle dont; on a Rapporté l'effet sur la continuation du spasme galvanique, lorsque le communicàteur, maintenu par la main y sembloit persiste^ constamment dans le même point de contact, ce qui a démontré qu'il y avoit un changement réel dans ce con-^ tact , malgré l'immobilité apparente du commu-^ nicateur , d'où on peut conclure , dit l'auteur ^ que le moindre changement dans les situations respectives des parties du cercle galvanique et de Tare excitateur , peut produire un effet dans l'animal susceptible , et en imposer sur le véri-^ table succès d'une expérience , si Ton ne fait pas attention à cet égard aux plus légères.

DU G A L V AN I S M E. aj

rariations ; 4^. les expériences sur les rapports des inouvemens galvaniques , avec rapproche ou la retraite du communicateur y viennent encore à fappui de la précédente proposition , et prouvent qu'on ne doit perdre de. vue aucun des momens de l'expérience, qu'ils doivent, non-seulement être observés collectivement, mais même étudiés dans leur suscession , et dan^ les différens temps de l'opération ; 5 ^. on diroit qu'il y 4 dans la formation de l'arc excitateur d^ dispositions énervantes, çt d'autres e^itiintet) dont les unes , non seulement sont ou nç sont pas efficaces , mais àispo$çnt , outre cela , l'animal à une plus ou moins grande suscqKibiUté dans les expériences suivantes ; 6^. il est également important, pour Texaçtitude des expériences, et ieur appréciation , de s'asswfn: da Tétat de l'animal, de la imioière dont il a été conservé et entretenu jusqu'au moment dç l'épreuve» de l'état de l'atmosphère; 7^. enfin, il seroit à désirer qu'on pût disposer les expériences de différens genres dans^ l'ordre de leur efficacité , et çn Êdre une échelle galvanique , qui pût aider à déterminer quel est le degré de susceptibilité de l'animal, pris dans tel état et telle disposi<* tion , et à quelles expériences on peut le soumettre , . ^raison de cette susceptibilité; qui pût aider ^ enfin, à juger à quel point le succès ou le non^

ig HISTOIRE

succès d'une expérience , peut donner lieu à des conclusions certaines, et absolument négatives ou afErmatives. C'est une idée qui a reçu en grande partie son exécution dans Touvrage de M. Humboldt , qui sera Fobjet du chapitre suivant.

Article IV. Expirîenus sur les moyens de fairt varier y d* énerver et de rétablir la susceptibiâU des ant' maux dans Us expériences galvaniques. Poin: corn-* pletter la classification des causes , qui peuvent influer sur le succès de ces expériences y il étoit encore nécessaire d'éprouver, indépendamment des circonstances qui tiennent à la manière d'o* pérer , à l'état de l'animal, et aux influences des milieux, l'action des différentes substances ca« pables de développer ou de suspendre la susceptibilité des organes nerveux et musculaires. Trois sections composent cet article : elles ont pour objet ; la première , Tinfluence de l'électricité sur }a susceptibilité des animaux aux épreuves galvaniques ; la seconde , les effets de quelques li* queurs sur les propriétés galvaniques des organes musculaires ; la troisième , l'influence sur les effets du galvanisme, des différentes causes qui produisent les asphixies , influ/ence extraite des expériences faites à l'Ecole de médecine de Paris.

i^. Une seule expérience a suffi pour démontrer la propriété qu'a l'étincelle électrique 3^

àe rétablir la susceptibilité des animaux épuisés par des expériences répétées.

2^. Les liqueurs essayées sur les propriétés galvaniques des organes musculaires , ont été Talkool , et Pacide muriatique oxigéné appliqué à des organes épuisés par une suite d'expé-^ riences , la dissolution de potasse , celle d'o-' pium y en employant dans tous ces cas pout supports , les métaux les plus efficaces , tels qud l'argent et le zinc. Les expériences répétées , d'à-' près un extrait de celles â^Humboldt , et confor^ mément à ses procédés, n'ont cependant pas présenté des résultats conformes aux siens. A cet égard, il a observé aux commissaires que ce genre d'expérience , qui a pour objet de déterminer des nuances plus ou moins difficiles à jsaisir, devoit être répété dans des temps plus froids.

3^. Les expériences que contient la 3^. section , concernant les effets des as^hixies sur les organes musculaires , ont été faites à l'Ecole de m^ecine de Paris , sur ^des animaux à sang froid , dont les uns ont été asphixiés , soit par ^ubmerâon , soit par strangulation , soit par l'ac-» tion de différens gaz , les autres ont péri dans le vide^ ou par les décharges électriques. L'objet de ces expériences a été de comparer , entre eux^ tous les phénomènes et les effets des différens

3Qr HISTOIRE

genres d'asphixie^ en s'occupant particulière*' ment de déterminer . chez les animaux asphruciés rétat de leur système musculaire , relativement AUX effets de Tinfluence galvanique. Les expé-> liences ont été faites avec un arc^ excitateur ^ composé de trois métaux dtfférens ; les animaux soumis aux expériences j ont été des lapins et de petits cabiais ou cochons d'Inde ( cavia cobaya )• L'état de susceptibilité des organes nerveux et musculaires , a présenté des phénomènes trèsvariés , suivant la différence des causes des as-« phyxies , et la manière dont elles se sont Opérées^ En voici les résultats sommaires»

i^. Susceptibilité entièrement anéantie 9 par les asphyxies dans le gaz hydrogène sulfuré y par k vapeur du charbon ^ par la submerdon de Var* niibal^ suspendu par les pieds de derrière* i^. Sus-» ceptibilité arrêtée , par l'asphyxie dans l'acide carbonique pur , sous l'appareil au mercure. 3^» Susceptibilité affoiblie, mais non anéantie ^ dans les asphyxies causées par le gaz hydrogène suUuré, ayant perdu partie de son soufre; pat* le gaz ammoniaque ^ par le gaz azote , par les g9z épuisés par la respiration y et dans les animauaî qui ont péri par la submersion, 4^. Susceptibilité subnstante ^uis altération , après les asf^yxie^ | produites par la submersion dans le mercure ji par l'effet des gaz hydrogène pur, hydrogène

DU GALVANISME. 3 r

(Srboné , acide muriatique ojdgénë , acide sul^ ^ux ; par la strangulation , par la privation d'air* ans la machine pneumatique , par les décharges* <l'une batterie électrique.

A la suite des résultats tirés des expériences faites sur les effets comparés des asphyxies , sont les réflexions relatives à ces effets , réflexions qui tendent à prouver , i^. que si toutes les asphyxies se ressemblent , par la privation d'une atmosphère respirable, et par la suspension des fonctions du poumon et delà circulation , elles different beaucoup dans leurs autres effets , selon la nature des^sfubstances qui les causent ; 1^. que , psfftni ces causes , il en est qui agissent plus ptofondéttent , et pénètrent à-la-fois toutes les patûes Àes systèmes nerveux et musculaire , tan* dis que d*stutres n'ont qu'une action superficielle ^ et ne produisent que l'asphyxie pulmonaire; 3^« qu'un des changemens les plus remarquaUes^ consiste dans les itérations qu'éprouve la sustepbbîJki galvanique ; 4^. que l'état de l'irrita- Ihilité muscmkire^ éprotitée par le moyen des corps dont l'action mécanique sollicite la con«>. traction des muscles , en les irritant ^ ne corres-< pond pas toujours , à beaucoup près , à l'état de leur susceptibilité pour le galvanisme ; 5^. enfin ^ <[ue les causes, des asphyxies n'agis^nt pas de la même manière , sur toutes les parties du

^stème musculaire , et que le cœur est très-souvent dans un ëtat différent de celui des autres mus-* des (O*

Article V. Pnmiers tssûis de comparaison entre *Us phénomènes galvamqms ^ et aux ilectnques* On sait que c*est en observant les mouvemens des grenouilles, à une certaine distance d'une machine électrique dont on tiroit des étincelles 9 que Gahani îat comme involontairement conduit à la découverte qui occupe les physiciens, depuis environ douze années. Les commissaires ont , en conséquence , cru devoir examiner retendue de rinfluence électrique sur les animaux qu'ils, alloient soumettre aux expériences galvaniques , avant d'éprouver les effets de Tune de ces influences sur les phénomènes de l'autre. Les premières expériences ont donc eu pour objet , la susceptibilité des animaux pour les influences électriques : les secondes ont établi la comparaison de la susceptibilité pour l'électricité , avec la susceptibilité pour le galvanisme. La plupart

(i) ^^<t»P* 9 S ^^ ^* P^cinî^ d^ Rapports généraux des travaux de la société philomatique de Paris y les résultats des eipérîences du D. Gardtn , sur l'asphyxie , répétées par MM. Scllot , Hé , Silvtstn et Rkhe , expériences faites sur un grand nombre d'animaux,

de

DU 6ALVANISME. 33

k ces expériences , celles faites sous Teau , les résultats de celles faites avec les supports iden* fiiques , et avec Tare excitateur , présentent des conséquences qui semblent , aux commissaires, sinon détruire , du moins infirmer en partie la théorie de Fbùa , relative à l'influence d^ électricités respectives des métaux sur les phénomènes du galvanisme , et Ëivoriser les doutes qu'on peut élever sur Tidentité du principe de Télectricité et du galvanisme.

Article VI» ExpSiences suppUmtmaires ^ faites sous les yeux des commissaires , par M. Humboldt , u nladyes <t plusiturs des épreuves contenues dans Us arâcUs priddats. Ces expériences correspondent à l'ordre des matières traitées dans ces articles , et ont pour objet y i^. l'effet des moyens galvaniques, sur les mouvemens du cœur ; i^. l'effet de h ligature des ner&; 3^. l'effet des substances évaporables , admises dans différentes parties àm Y21C excitateur , et de la sjrmmétrie établie ou détruite entre les -parties qui forment les extré-* mités de cet arc ; 4^. les atmosphères galvaniques; 5^. les substances éminemment conductrices de rëlectricité , et suspendant néanmoins la commotion galvanique ; 6^. l'influence comparée de l'électricité , sur l'électromètre , et sur les 0rg^Dts nerveux et musculaires ; 7^. les indications n\ Partie. C

J4 H t ST O IRE

d'antres expériences y armoncies par M. Hwnholdl^ et dont les résultats méritent tTétre constates par des ^rettves spéciales , n'ayant pu être faites dans la saison où on étoit alors, i^. parce qu'elles supposent , dans ranimai , une grande susceptibilité ;. a®, parce que le temps , où cette susceptibilité est la plus grande, se rencontre à la fin de Thiver et au commencement du printemps , époque où l'animal sort de son engourdissement, et où il est près de s'accoupler ; 3®. parce que, passé ce temps , et l'accouplement fini , la susceptibilité diminue* Lors de l'accouplement, M.HumboUtaS" sure qu'elle est , toutes choses égales d'ailleurs , chez. U tnâle , plus forte dans lès extrémités antérieures ,^ ^ec lesquelles il embrasse et serre la femelle , que ^ns les extrémités postérieures ,et qu'en tout temps^ elle est en général plus grande dans les femelles que dans les mâles , spécialement dans les extrémités postérieures* Des faits annoncés par Humboldt et que les commissaires se proposent de vérifier dans les temps convenables , prouvent qu'il y a des expériences qui ne" réussissent que dans les momens de la plus grande susceptibilité.

Les expériences dont il a été question jusqu'ici, et dont nous n'avons donné aucun détail , parce qu'il faut les suivre dans le ^ Compu rendu par les commissaires \ les réflexions qu'ils ont ajoutées à cet article y et dont nous avons

ptéseoté le résume , donnent une idée suffisante des principales propriétés qui caractérisent le galvanisme : eues offirent, avec le tableau du Zravail des commissaires, poiu* répondre à la confiance de l'Institut y celui de ce qui leur reste à tenter pour compléter la vérification de ce qu'ont déjà fiut , à cet égard , les physiciens étrangers : dles découvrent a nos yeux la perspecrive d'un vaste champ d'observations 9 dans lequel un système nouveau de phénomènes 9 semble développer , sous im autre jour , l'ensemble des êtres doués de la vie » du sentiment et du mouvement. Nous y voyons que les phénomènes g^vaniques semblent démontrer , dans rorganîsaâon animale , un principe dont h nature sera peut-être long*temps inconnue, mais dans iequel rédie évidemment f essence des rapports mutuels du système nerveux et du système mx»* culaire. Nbus y voyons , dans la manière dont se propagent les effets de ce principe , entre les par^ tîes vivantes , dans sa marche et la rapidité instantanée de son influence , dans les moyens arnficieis de communication auxquels il obéit, dans les rapports àe cette communication avec deux ordres de substances , dont les unes la transmet-^ tent , et les autres la suspendent; nous y voyons , dîs^e , les apparences d'une analogie sensible entre le gaivani^ne et l'électricité*

Mais, quelle que puisse être cette analo^e^ on voit qu'elle est loin encore de présenter lei caractères d'une identité parfaite. Au reste , de i quelque nature que soit le principe galvanique , • les expériences qui nous le démontrent , nous font voir encore, avec une nouvelle évidence , un phénomène de l'économie animale, dé)à connu à ' la vérité , mais désormais plus facile à apprécierr c'est celui qui nous apprend que les caractères de la vie peuvent subsister isolément dans les dif- i férentes parties de l'animal , long-temps au-delà j du terme oii la vie du tout est détruite , et où I Uanimal cesse^ d'exister , parce que les fonctions qui entretiennent l'harmonie du tout et des par* des , la respiration et la circulation du sang , cessent de s'accomplir.

« Ce n'est pas tout, ajoute le rédactetu: du H compte rendu ; en nous disant connoître plus. n complettement les effets des causes qui inter* $f ceptent ces fonctions , et qui suspendent ou » anéantissent la vie de l'animal , en l'asphyxiant ^ n les i^énomènes galvaniques nous font décou- » vrir , entre leurs facultés délétères , des dis- ^ tinctions dépendantes de la différence des atf¥ teintes que ces causes portent aux facultés » vitales, et dont les degrés se rapportent, non »» seulement à l'intensité , mais encore à la naïf ture de l^ur action ; et cette connoissance ne

» peut-elle pas un jour nous conduire à perfection- »» ner , non seulement le diagnostic j mais mêma ^ le traitement des asphyxies ? m

Heureux espoir, conjectures séduisantes , com* bien , en vous réalisant , vous enrichiriez la méde* dne t A combien de découvertes , dans sa pratique, ae nous conduiroient-^lles pas f Car ei^n-Ia médecine hypothétique est belle, sans doute; elle éclaire beaucoup sur le diagnostic , sur le pronostic i, mais celle qui a pour base l'expérience , suite du raisonnement , estbien supérieure ; et si l'une et l'autre ont leur prix , leurs avantages ; si Tune et l'autre ont imeHaîson intime, il faut aussi convertir que la dernière est le perfectionnement de la première ; que sî ce\le-d est nécessaire à l'autre, celle-là devient le complément de Fart , et la seule à 1;^ quefle le vu^aire accorde sa confianca

Avant de rendre compte des travaux des autres physiciens, sur le galvasïbme, travaux la plupart postérieurs^ à la publication det l'ouvrage d'^irm-* hoUe 3 il est nécessaire de ^e connoître a nos lec* teurs, cet <Hivrage, un des plus complets qui ait été publié sur le galvanisme-; il a paru d'abon) ea allemand, à Berlin , en 1797» sous ce titre : Versucht lier iiic gerd^u muskil und nerven fusir ^ et a été tra« ààt en françois , par le C» Jadclot , médecin d*- Ibospice delà Pitiés.

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