GIETOIRS . PIERRE . DE =BE-R-N-E
Couronne royale entre deux clefs en pal, dans un entourage de quatre arcs de cercle. — Cf. Croix fleurdelisée, évidée
au centre en rosâce à quatre lobes, dont sortent autant de têtes de fleurs de lis, le tout dans un entourage de huit arcs de cercles, de grande et de petite dimension, alternés. {PLj fig. 38.)
* 6. Avers du n** S précédent. Revers semblable pourletype ,à celui du même n"", mais dont les lettres de la légende sont remplacées parcelles-ci : RT-RO-CE-NO.
Le jeton n° 6 est probablement incomplet. Quant au n° 5, il donne en toutes lettres le nom de Pierre de Berne, qui était maître de la Chambre aux deniers déjà, sans doute, du temps de Philippe de Valois, et qui, sous Jean le Bon, en 1351, fut remplacé dans cet emploi par Jean le Coq. Ces deux officiers sont cités dans un compte de 1351, rendu par Etienne de la Fontaine, argentier du Roi ; nous extrayons de ce compte le passage qui les concerne :
« Ledit Perceval (drapier), pour ung autre demi-marbré de )) lad. moison de Broisselles, délivré par mandement du » Roy donné à Fontainebliaut le premier jour d'aoust, et » baillié à Maistre Jehan le Coq, fait et institué de nouvel » maistre de la Chambre aux deniers, pour lui faire une robe » semblable à celle que Maistre Pierre de Berne, son devan- » cier oudit office, ot de livrée derrenierement du Roy (1). »
11 est encore question de Pierre de Berne dans un compte de 1352, de l'argentier Etienne de la Fontaine, publié par M. Douët-d'Arcq, et où Pierre de Berne est qualifié : naguaires maistre de la Chambre aux deniers de Vostel du
* 7 + MAISTRE : lEHAN : LE : CI.
Cf. B-E-R— N.
(1) Archives de l'Empire.
(2) Comptes de l'Argenterie des Rois de France au xiv» siècle, publiés d'après des manuscrits originaux, par M. Douët-d'Arcq. Paris , 1831 , p. 183 et 163.
Mêmes types qu'aux n"* 5 et 6 précédents. {PL, fig. 36.)
« Maistre Jehan le Coq » , qui vient d'être cité comme étant maître de la Chambre aux deniers en 1351, est le seul, à notre connaissance, à qui le jeton n° 7 puisse convenir. Le jambage, en forme d'I, que l'on remarque après les lettresLE-C, et qui termine la légende, ne paraît être ici qu'un remplissage employé en désespoir de cause par le graveur, auquel il ne restait pas assez de place pour mettre le nom entier. Il est en outre à remarquer que l'on s'est servi, pour le revers du jeton de Jean le Coq, d'un coin fait pour Pierre de Berne, et cette circonstance ne permettrait guère de douter, alors même que l'on n'aurait pas les renseignements qui précèdent, que ces jetons ne soient à peu près du même temps.
Comme il n'est pas impossible que d'autres maîtres de la Chambre aux deniers du Roi aient eu au moyen âge des jetons à leurs noms particuliers, nous avons cru devoir, pour aider aux recherches, recomposer, autant que nous l'avons pu, et donner ci-dessous la liste encore inédite de ces officiers. La plupart des éléments qui nous ont servi sont tirés des Archives de l'Empire; nous les devons en grande partie à l'obligeance de l'un de nos savants les plus versés dans l'histoire de nos institutions nationales, et nous regrettons que sa modestie ne nous ait pas permis de lui en adresser ici nos remercîments. Voici cette liste :
Michel DE BoRDENET, maître de la Chambre aux deniers avant 1307, année dans laquelle il fut reçu maître à la Chambre des comptes (1).
Pierre Rémi, 1315 (2), 1316 (3), le même qui devint ministre, et qui fut pendu en 1328.
(1) Armoriai de la Chambre des comptes,
(2) Ordonnances des Rois de France, 1. 1, p. 609.
(3) Compte général des bailliages de France (Mss. de la Bibliothèque impériale, fonds Gaignières, n» 567).
Baoul DE Paris, 1321 (1).
Pierre de Berne, 1351 (2).
Jean le Coq, 1351 (3).
Guillaume Perdrier, 1380 (4), 1386 (5).
Jean Perdrier, 1391 (6).
Aaimond Raguier, de 1391 à 1405 (7).
Renaud Doriac, 1421 (8).
André Briçonnet, de 1466 à 1470 (9).
Michau de la Granghe, 1471 (10), le même qui a été conseiller général des Monnaies, et que Gonstans appelle Michel DE LA Grange (11).
i/aWin Berthelot , 1471 (12).
François Briçonnet, 1511, (13).
Sébastien de Mareau, 1515, (14). — etc.
Nous continuons la publication des jetons de la maison du Roi par ceux des offices de Thôtel. Nous n'en avons retrouvé aucun de la Paneterie, de TEchansonnerie, de la Fruiterie ni de la Fourrière. Nous en connaissons deux de la Guisine et un plus grand nombre de l'Écurie. Voici ceux de la Cuisine :
(1) Journal du Trésor, de 1321 à 1326 (Archives de TEmpire.)
(2) Comptes de TArgenterie du Roi (Archives de TEmpire.)
(3) Ibid.
(4) Comptes de Thôtel du Roi (Archives de TEmpire.)
(5) P. Anselme, t. VIII, p. 547. .
(6) Comptes de l'hôtel.
(7) Ibid.
(8) Ibid.
(9) Lettres d'institution et comptes de Thôtel.
(10) Lettres de Louis XI, du 11 octobre 1471, citées ci-dessous.
(11) Traité de la Cour des monnoyes. Paris, 1658.
(12 1 Lettres de Louis XI, qui nomment M® Martin Berthelot, son notaire et secrétaire , maître de la Chambre aux deniers , en remplacement de Michau de la Granche; Vendôme, 11 octobre 1471 (Archives de l'Empire.)
(13) P. Anselme, t. VI, p. 427.
(14) Comptes de l'hôtel.
* 8. Fleur de lis épanouie; au lieu de légende, une bordure dentelée et ponctuée.
^. Un chaudron, avec ses oreilles et son anse, et sur les contours duquel sont dessinées jusqu'aux soudures des lames de métal dont il est formé. (P/., fig. 147. )
* 9. + lETOIRS : PIERRE : DE M = ATE PR QVEVS : LE ROI. I.
Croix à triple nervure, fleurdelisée aux extrémités et entourée de quatre arcs de cercle. — 1^, Une marmite à trois pieds. (/>/., fig. 148.)
Ce jeton a été frappé par un premier queux de Jean le Bon, ainsi que l'indique l'initiale I du nom de ce roi. Quant au nom même du premier queux , à cheval sur les deux légendes , et dont le dernier jambage de la lettre M se confond avec le bras gauche de la croix qui précède la première légende, il peut être lu de diverses manières : Pierre de Mate^ de Mante, ou Dématé. Comme nous n'avons pu retrouver ce personnage cité dans aucun titre, nous nous abstiendrons de donner la préférence à l'une ou à l'autre de ces leçons.
L'office de la Cuisine du Roi comprenait, outre la cuisine proprement dite, le garde-danger et la saucerie. « En oui- » sine doibt avoir, est-il dit dans un ancien état (1), deux, » trois ou plusieurs queux, deux aydes^ deux potagiers^ quatre
» galopins, deux porteurs En garde-manger doibt avoir
» deux escuyers de cuisine et un clerc ou deux En saul-
» série doit avoir deux saulsiers et deux aydes, etc. (2) » On voit par là que le premier queux avait sous ses ordres un assez nombreux personnel. Il ne faut pas d'ailleurs confondre le premier queux avec le grand queux, pas plus que le premier panetier avec le grand panetier, etc. Les titres de grand
(1) V. Camusat, loc. dt,
(2) P. Anselme, 1. 1 et Vil, etc.
queux, de grand panetier, étaient des distinctions honorifiques accordées k de hauts seigneurs, qui auraient été fart embarrassés de s'occuper de cuisine ou de boulangerie, tandis que le premier queux et le premier panetier étaient tout simplement les premiers de leur office ou métier^ en activité dans la maison du Roi.
Les jetons de TÉcurie sont ceux de l'office de Thôtel dont il existe le plus grand nombre.
10. Une clef avec le panneton en bas et un râteau ; champ ponctué.
1^, Un objet que nous ne savons définir ; nous désirons que le lecteur, que nous renvoyons à nos planches, soit plus heureux que nous. (P/., fig. 37. ) {Cabinet des Médailles. )
Le râteau est un des symboles les plus ordinaires de TÉcurie ; la clef s'explique par le grand maniement de fonds insép:irable de cet important office de l'hôtel du Roi.
H. Une clef avec l'anneau en bas, et un râteau.
DT. Un lion rampant, sur un champ semé de fleur de lis. (PZ., fig. 38. ) (Cabinet des Médailles, )
Les armoiries du revers sont sans doute celles de quelque officier supérieur de l'Écurie. Plusieurs familles ont porté pour armoiries un lion sur un champ semé de fleurs de lis , notamment celles de Beaumont au Maine, de Chambes-Montsoreau, de Holland, etc.
* 12. Une clef avec l'anneau en bas, et une épée.
1^, Une crosse. {PL, fig. 44.)
L'épée n'est pas moins que le râteau un symbole de l'Écurie. On peut voir à ce sujet le jeton n° 17 ci-après (p/.,fig. 43). Quant à la crosse, elle ne peut être bien embarrassante, si l'on veut se souvenir que plus d'un haut dignitaire ecclésiastique a occupé des charges importantes dans la maison du Roi. M. de Fontenay, qui a attribué le jeton n° 12 au monastère de Cluny , qui avait pour patrons saint Pierre et saint Paul
auxquels ponrrait convenir le type de la clef et de Tépée, décore qu'il en a été trouvé un exemplaire à Cluny même (1). Ce fait ne constituerait pas une preuve d'origine, car nous connaissons deux exemplaires du même jeton qui ont été trouvés partout ailleurs, et dont l'un a été ramassé par nousmême sur le sol de Térouane, ancienne ville ruinée de l'Artois. On citerait peu d'exemples de méreaux religieux ayant ainsi voyagé avant d'entrer dans les collections, tandis que rien n'est plus commun pour les jetons. Il nous parait d'ailleurs tout à fait impossible de séparer le jeton à la clef et à l'épée des jetons à la clef et au râteau, qui ont tout à fait le même faire et le même aspect, et sur lesquels le monastère de Cluny, pas plus qu'aucun monastère, ne peut élever de prétentions.
* 13. Fleur de lis vidée,
^. Râteau accompagné en chef de deux molettes d'éperon, et accosté de deux fleurs de lis. {PL, fig. 39.)
* 14. Fleur de lis vidée.
ÇT. Cheval galopant à gauche , accompagné de deux molettes d'éperon, l'une en chef et l'autre en pointe. (P/., fig. 40.)
*15.C0VTES: POVRi LE; ROY, Cheval sellé et bridé, marchant à gauche, et surmonté d'une fleur de lis.
^. Râteau à sept dents aiguës accosté de deux fleurs de lis (2). (/>/., fig. 41 )
Ce dernier râteau a tout à fait la même conformité et la même apparence que celui qui figure sur un jeton de Jeanne d'Evreux (1325-1370) décrit au chapitre des Reines de France, sous le n° 24. {PL, fig. 63.)
On retrouve le type du cheval sellé et bridé sur un jeton, beaucoup moins ancien, de l'écurie de la reine Anne de Bretagne, dont nous donnerons la description à son ordre.
(1) Manuel, p. 366.
(2) Publié par M. Hucher dans la Revue numismatique ùq 1848.
* 16. Fleur de lis entourée de quatre arcs de cercle.
Cf. Une faux et une fleur de lis, dans un entourage de tr0i$» arcs de cercle et de trois angles, alternés. (P/., fig. 42.)
Plusieurs des jetons de rÉcurie dont la description précède peuvent remonter au xiii* siècle, et il n'en est aucun qui descende au-dessous du xiv® ; nous n'avons pu trouver à combler la lacune qui les sépare de celui-ci, qui est du règne de Char^ les VII, ou de celui de Charles VIII.
17. {Couronne) CHARLES : ROY : DE : FRANCE : neuf fleurs de lis massées en losange.
Cf. + GECTONS : POVR : LESCVIERIE. Épée dans un fourreau fleurdelisé et garni d'un ceinturon. {PL, fig. 43.)
(Argent. — Cabinet des Médailles.)
Les quatre jetons suivants se rapportent à l'office de la Vénerie et au xiii*' ou au xiv® siècle.
* 18. Fleur de lis vidée.
^. Loup courant à droite ; au-dessus, trois quintefeuilles. {PL, fig. 45.)