‹ Histoire du jeton au moyen ageChapitre 51 sur 70 · Q VI : BIE : lETTRA : LE : COMPTE : TROVVERA · texte numérisé non relu

Q VI : BIE : lETTRA : LE : COMPTE : TROVVERA

Écu aux armes pleines de Charles le Téméraire, dans un entourage polylobé.

^. GETTOIRS. FAIS. A . MALINS (Malines), Lion assis. Entourage partiel formé de huit arcs de cercle. En exergue, un briquet étincelant. Un autre briquet à la fin de la légende. (Cuivre. — Fan-MtVn's, 1. 1.)

Van-Miéris assigne à ce jeton la date de 4473.

63. HIC : AQVILA : T : LEO : CONCORDES : SVT . {Hîc aquila et leo concordes sunt), ISIIIVL . VSI. (1). Champ rempli par la moitié d un aigle éployé et la moitié d'un lion, coupés en pal et adossés.

Cf. (Fleur delis.)mMEMS : EST : DISCRETIO : RERVM : OMNIV. Écu aux armes pleines de Charles le Téméraire, posé sur une croix de Bourgogne ou de saint André, et entouré de quatre briquets étincelants. (Cuivre. — Van-Miéris, 1. 1.)

Ce jeton fait allusion à la réconciliation qui eut lieu entre Ferdinand III , empereur des Romains , et Charles le Téméraire, en 1474, à la suite du siège de Nuys, et au projet de mariage, arrêté k la même époque, de Maximilien d'Autriche, fils de l'Empereur, avec Marie, fille du duc de Bourgogne.

Nous avons déjà vu que Marie de Bourgogne succéda dans les Pays-Bas à Charles le Téméraire en 1477, et que son mariage avec l'archiduc d'Autriche Maximilien eut lieu en la même année. Voici deux jetons qui concernent cette union :

* 64. + GETTOIRS : POVR : LES : COMTES : EN : BR. Armes de Marie de Bourgogne, prenant tout le champ, figurées de la même manière que sur les vierlanders de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire.

(1) Van-Miéris interprète ainsi la fin de la légende : IdvS. II. JVLii. ViSI

W. + QVI : BIEN : lETT : LE : COPTE : TROVVERA. Deux M gothiques entrelacés, formant le chiffre de Maxirailien et de Marie. Au-dessous de ce type, la lettre F, qui est peutêtre rinitiale du nom du graveur, mais qui ne peut, dans tous les cas, indiquer la province de Flandre, puisque le jeton a été frappé pour le Brabant. (Cuivre rouge. — PL, fig. 103. )

* 65. + lETT . DV . BVREAV . DES . FINANCES = + DV . DVC . DAVSTRICHE . DE . BOVR {gogne).

Croix de Bourgogne, formée de deux bâtons noueux mis en sautoir, et accostée de deux M réunis par un lacs d'amour. — Cf. Champ rempli des armoiries prises par Maximilien à la suite de son mariage avec Marie de Bourgogne, et qui sont ainsi blasonnées par Chifflet, dans l'ouvrage d'Olivier de Vrée (1). E car télé: au 1, d'Autriche ancien, parti d'Autriche moderne ; au 2, de Bourgogne moderne, parti de Bourgogne ancien, contre-parti de Brabant; au 3, de Styrie, parti de Carinthie, tiercé de Carniole ; au 4, de Bourgogne ancien, parti de Limbourg, tiercé de Bourgogne moderne; sur le tout, de Flandre, parti de Tyrol (2). (Cuivre rouge.)

Ce blason ne peut être confondu avec celui que Marie de Bourgogne portait comme femme de Maximilien, bien qu'il en diffère, du reste, assez peu, et seulement par la manière dont est disposé le sur-le-tout (3).

(1) Sigilla; fndex insignium.

(2) Autriche ancien : D'azur à cinq alouettes d'or, 2, 2 ^M . Autriche moderne : De gu£ules à la fasce d'argent,

Styrie : De sinople à un griffon rampant, d'argent,

Carinthie : D'Autriche moderne, parti de Sou^be, qui est d'or, à trois léopards de sable mis l'un sur l'autre.

Carniole : D'argent à l'aigle d'a%ur, chargé sur la poitrine d'un croissant échiqueté d'argent et de gueules, de deux traits.

Tyrol : D'argent à l'aigle de gueules, couronné d'or, chargé sur la poitrine d'un croissant fleuronné de même métal.

Les armes des quartiers de la maison de Bourgogne ont déjà été décrites ci-dessus.

(3) V. les sceaux publiés par de Vrée.

Van-Miérîs a publié d'autres jetons des Pays-Bas, de l'époque de Marie de Bourgogne (1477-1482), et un grand nombre de l'époque de Philippe le Beau (1482-1606). En voici un de cette dernière époque, que Van-Miéris n'a pas connu ; les légendes sont en flamand :

* 66. REKEPENN : VOOR : DEN : MVTMEESTR = + VANDER : MVNTE : VAN : VLAENDREN. {Jetons pour les maîtres des monnaies — delà monnaie de Flandre. )

Écu aux armes de Philippe le Beau, entouré du collier de Tordre de la Toison d'or. Cet écu est écartelé, au 1 et au 4, d'Autriche moderne, parti de Bourgogne moderne (1) ; au 2, de Bourgogne ancien, parti de Brabant ; et au 3, de Bourgogne ancien, parti de Limbourg; sur le tout, de Flandre. — 1^. Le lion de Flandre dans un écusson entouré de cinq arcs de cercle dentelés intérieurement. (Cuivre rouge. — PL, fig. 104.)

La forme des lettres indique, pour ceux qui ont étudié les monnaies de Flandre, l'époque de la minorité de Philippe le Beau ; et le type du lion d'un côté, les armes de l'archiduc Philippe de l'autre, donnent au jeton une analogie frappante avec les doubles gros forgés à Gand ( 1488-1489 ) pendant la révolte des Flamands contre Maximilien, qu'ils ne voulaient pas reconnaître pour tuteur de leur jeune comte. Ils durent cependant finir par lui laisser la tutelle.

C'est sous la minorité de Philippe le Beau, qui se termina en 1494, que l'on trouve pour la première fois sur les jetons des portraits reconnaissables, et qui méritent réellement ce nom.

* 67. lETT . POVR . LA . CAMBRE . DES . COTES =

(1) Notre dessin a mal reproduit, et nous devons confesser notre distraction, les armes de Bourgogne moderne dans le parti du l»»" quartier. C'est un semé de fleurs de lis, et non un lion, qu'il faut voir dans Tespace encadré d'une bordure componée.

DE : LARCHEDVC : PFLPE : DVC : DE : BVG. — Un petit lion au commencement de chaque légende.

Buste de Maximilien, la tête ceinte de la couronne de Roi des Romains. — 1^. Buste de Philippe le Beau, la tête ceinte de la couronne archiducale. {PL, fig. 108. ) (Cuivre rouge.)

Nous ne pousserons pas plus loin Texamen des jetons frappés dans les provinces belgiques sous les descendants des ducs de Bourgogne. Nous renvoyons aux ouvrages de Van- Miéris et de Van-Orden les lecteurs curieux d'étudier ces monuments, qui ne rentrent pas rigoureusement dans notre cadre, et nous profitons pour cette fois, afin de ne pas prolonger cet article indéfiniment, de la faculté, que nous laisse notre titre, de ne pas trop nous écarter de Tépoque même du moyen âge.

Nous devons encore décrire ici, pour terminer ce que nous avions k dire de la maison de Bourgogne, un jeton qui parait devoir être attribué (1), ainsi que Ta fait remarquer M. Georges de Soultrait, k la branche des comtes de Nevers issus du duc de Bourgogne Philippe le Hardi.

68. SE BIEN —AN VIEN — SE BIEN — AN VIEN. Écu k trois fleurs de lis, orné d'une bordure componée. La légende est gravée sur quatre cartouches.

1^. Même légende. Croix formée de quatre bâtons noueux, arqués, et mis deux k deux.

Ce jeton, dont il existe plusieurs exemplaires en argent et en laiton, et de deux coins variés, au Cabinet des médailles, a d'abord été publié par Van-Miéris, qui l'attribuait k Charles le Téméraire. Pour le restituer k la branche des comtes de Nevers issus des ducs de Bourgogne, M. de Soultrait se fonde sur les bâtons noueux, arqués et mis deux k deux, qui sont au nombre des insignes de cette branche, qui est en outre la seule qui ait porté l'écu de Bourgogne moderne sans aucun écartelé.

(1) Essai sur la Numismatique nivemaise.

Philippe de Bourgogne, troisième fils de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, avait eu pour son lot le comté de Nevers dans le partage des biens patrimoniaux (1401 — 1415). Il eut, entre autres fils, Charles, comte de Nevers (1415 — 1464), mort sans enfants, et Jean, dit de Clamecy, comte de Nevers après Charles (1464—1491). C'est à Jean de Clamecy que M. de Soultrait attribue plus particulièrement le jeton que nous avons décrit. La devise Se bien an vien a quelque rapport avec la seconde partie de celle de Charles le Téméraire, Bien en aviengne; mais on ne peut cependant pas les confondre, et Tidée diffère essentiellement, puisque Tune exprime la condition, et l'autre le désir.

Jean de Clamecy mourut ne laissant que des filles, qui portèrent le comté de Nevers dans les maisons d'Albret-Orval et de Clèves. M, de Soultrait a fait connaître un jeton de Jean d'Albret, mari de la seconde fille de Jean de Clamecy, sur lequel Jean d'Albret prend le titre de comte de Nevers (1491 — 1504) (1).

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