VOI TES : SE TV VEVS. VIVRE ! AN PES
(Écoute, vois et tais-toi^ si tu veux vivre en paix, )
Types généraux des n*** 4 et 5, avec cette différence principale que les deux fasces de Técu, ornées d'une double ligne de quatrefeuilles gravés en creux, reposent sur un champ de hachures croisées. (P/.,fig.6.)
* 8 + lETE : S BI : EN i DE SAVS.
çr. + lE ; TES BIE : N DE : SAVS.
Types du n» 4. {PL, fig. 7. )
Sur un second exemplaire légèrement varié de ce jeton, les points qui coupent les mots ne sont groupés que deux par deux, au lieu de trois, et ne se trouvent pas exactement entre les mêmes lettres.
La légende Jetés bien de saus est sans doute l'équivalent de Comptes dextrement; le sens parait plus facile à saisir que le dernier mot ne Test à expliquer.
(1) Publié par M. Rouyer, dans la Bévue numismatique de 1840.
Les divers jetons de la Chambre des comptes qui viennent d'être décrits ont évidemment été frappés, ainsi que l'indique leur style, dans la période qui s'est écoulée du règne de Philippe le Bel à celui de Jean le Bon (1285-1364). On remarque sur toutes ces pièces un écu tantôt assez simple, et tantôt plus ou moins ouvragé, mais dont les meubles caractéristiques sont toujours deux fasces. Jean de Marigny, évêque de Beauvais, président à la Chambre des comptes en 1343, portait d'azur à deux fasces d'argent (1), et la demoiselle Denys a avancé, par erreur, dans son Armoriai de la Chambre des comptes, qu'Henri de Sully, grand-boutillier de France, le plus ancien président connu (1316-1323), portait d'argent à deux fasces de gueules. Mais il n'est pas possible de voir dans les pièces qui nous occupent les armoiries d'un membre de la Chambre. Plusieurs des jetons qui portent cet écu se déclarent dans leur légende les jetoirs de la Chambre des comptes ; or, on ne retrouve cette légende autour d'aucun autre blason particulier, mais bien seulement, et depuis environ l'époque de Charles V, autour des armes de France. Il Tant donc admettre que, pendant près d'un siècle, la Chambre des comptes a mis sur ses jetons des armoiries qui lui appartenaient en propre, mais qu'il a paru ensuite convenable de remplacer par les armoiries royales.
Nous avons dit qu'il y avait eu erreur de la part de la demoiiselle Denys, en attribuant à Henri de Sully l'écu d'argent à deux fasces de gueules. Henri de Sully, en effet, ne portait nullement ces armes, mais bien un lion d'or, sur un champ d'azur semé de molettes d'éperon d'or (2). 11 paraît facile, au surplus , de se rendre compte de l'erreur commise par M"' Denys. L'Ârmorial qu'elle a publié ne commence qu'à
(1) Père Anselme, t. II.
(2) Père Anselme, t. Il et VIII.
l^année 1S06; maïs elle Ta fait précéder d*une liste chronologique des officiers de la Chambre, depuis le règne de Philippe le Bel, et cette liste, dont elle avait trouvé l'original aux archives de la Chambre des comptes, commence par le sire de Sully. On doit supposer que la liste originale portait en tête, suivant un usage bien connu , le blason du corps auquel elle se rapportait, et que c'est ce blason que la demoiselle Denys a pris pour celui du président le premier en date, dont le nom, par conséquent, venait immédiatement après le blason.
Nous ne nous étendrons pas longuement sur la signification des armoiries de la Chambre des comptes, mais nous croyons toutefois devoir faire cette remarque, que les deux fasces forment, en définitive, deux traits =, et que ce signe = est dans les opérations de cacul Texpression de Tégalité des quantités comparées. Or, Tégalité entre les recettes et les mises^ la balance, en un mot , était le résultat de tout compte , tel qu'il sortait des mains des officiers de la Chambre, après les apurements qu'ils avaient pu avoir à y faire. Les deux fasces, pour la Chambre des comptes, étaient donc, en résumé, les armes parlantes de l'objet de son institution.
* 9. + LES : GIETOIRS : AS : CLERS. Tête royale de face, ceinte d'une couronne fleurdelisée, dans un encadrement de trois arcs de cercle et de trois angles alternés.
^. + DE LATON : SVI : NOVMES. Croix à triple nervure, fleurdelisée, évidée au centre en rosace, et entourée de quatre arcs de cercle. ( P/., fig. 8. )
Les clercs ou petits clercs de la Chambre des comptes, dont le nombre, comme on l'a vu, n'était pas moindre de douze, paraissent avoir assez de droits à ce jeton, pour motiver l'attribution que nous leur en faisons volontiers, mais non pas toutefois d'une manière absolue.
La légende : DE LATON SVI NOVMES {Je suis une monnaie de laiton) j est une des plaisanteries que Ton rencontre le plus souventsur les jetons du moyen âge(l). Comme il n'y avait pas en France, à cette époque, de monnaie en cuivre jaune, non plus qu'en cuivre rouge, c'était dire que les jetons n'étaient point des monnaies, et qu'ils n'en avaient que l'apparence.