X. EiBMENiGH. Oermaniens Vôlkerstimmen
'Si, OscÀB ScHADE. Volkslieder ans Thûringen, Weimfir
XII. Elsassiches Volksbuchlein (Chansons populaires de TAlsace, par Auguste Stôber). Strasbourg, 1843.
XIII. Deutsche Lieder in Volkes Herz und Mund, von Albert Tneger. Leipzig, 1864. 1 vol. (3).
(i) Cette collection se recommande par les mêmes qualités qae la précédente. L^auteur s'est surtout attaché aux chants de sociétés, k ces chants d'amour, de printemps et de chasse que les vaillants bourgeois et les joyeuses bourgeoises du seizième siècle entonnaient dans leurs fêtes gaillardes. On y sent un large débordement de vie et ce recueil donne le tableau le plus animé des mœurs libres, de la joie cordiale, de la forte gaité du bon vieux temps.
(2) M. Simrock est peut être de tous les contemporains celui qui a le plus contribué à réveiller chez ses compatriotes le goût de la vieille littérature germanique, par ses travaux remarquables et ses excellentes traductions. Son recueil est fait en partie sur les précédents, mais il offre un intérêt particulier grâce à un grand nombre de chansons nouvelles recueillies par M. Simrock lui-même sur les bords du Rhin, surtout aux environs de Bonn.
(3) Édition de luxe, grand in-i°, avec de jolies vignettes, donne une idée assez complète de la Chanson populaire en Allemagne,
XIV. CoHCordia, Anthologie classischer Volkslieder fur Pianoforte uiid Gesang, van F/L. Schubert. Leipzig. 3 vol. (1).
(1) Ce recueil contient environ 900 chansons avec la musique pour piano et chant. Je le recommande particulièrement à tous ceux qui voudraient se donner le sentiment vif et intime de cette poésie. Telle mélodie leur en dira plus long que vingt gros volumes. On a beau faire, sans la musique cette poésie reste lettre morte; mais aux premières mesures du chaut elle parle, elte vit et vous croiriez qu'elle sort de vous même : car la mélodie en est l'àme, âme riche, mobile et vlvace. L'Allemagne est le premier pays du monde pour la musique ; ses mélodies populaires sont d'une étonnante variété et souvent d'une admirable profondeur d'émotion ; elles parcourent toute la gamme des sentiments humains, depuis la gaité folle jusqu'à la tristesse navrante, depuis l'air de danse rustique jusqu'à l'hymne religieux. Elles sont un trésor inépuisable pour le musicien, une source d'inspiration et de rajeunissement pour le poète, une joie perpétuelle pour le peuple. Il y a certes une gaité plus vive et plus spirituelle dans la chanson française qui pétille comme du Champagne, une folie plus délirante dans les saltareiies italiennes qui bondissent comme la Napolitaine passionnée, un charme de rêverie plus mystérieux dans ces mélodies suédoises qui se prolongent et meurent plus douces et plus tristes que la voix du cor dans la sombre immensité des forêts de sapins; il y a peut-être une mélancolie plus intense dans les admirables mélodies en mineur des Bohèmes, une délicatesse féminine, une résignation plus touchante dans les Dgïnos des Lithuaniennes, mais aucun de ces peuples n'a égalé les Allemands par la richesse et la diversité des mptifs. Quelle fraîcheur par exemple, quel entrain dans les chants de chasseurs et de soldats, quelle tendresse par contre, quelle douceur dans les chants d'amour. Le caractère le plus général de cette musique, c'est la santé et la profondeur du sentiment unies à cette puissance de sympathie tranquille et naturellement épanouie que les Allemands désignent par le mot intraduisible de Gemiith. En musique comme en poésie, ils sont cosmopolites. Leurs chants ont un caractère universel et largement humain : ils ont de quoi charmer tous les peuples. Aussi leur histoire n'est-elle point finie. Combien de ces beaux refrains ont déjà passé l'océan Atlantique avec les hardis émigrants ; combien qui retentissent maintenant dans les solitudes du far-west et aident à former des âmes libres au milieu des forêts vierges.