CHAPITRE XVIII
Ecole centrale du Dép. des Basses- Pyrénées, établie dans les bâtiments du Collège. — Arrêté du Directoire du Département, 14 nivôse an ii. — Manufacture « à l'instar de celle de Manchester ». — Délibération du Conseil municipal, 18 prairial an m.
— L'Ecole centrale « mise en activité », 20 brumaire an v. — Ouverture officielle de l'Ecole, 23 brumaire an vi. — Discoure des citoyens Detchegaray et Baradère. — Programme de TEcole centrale des Basses-Pyrénées. — Un pensionnat. — Enseignement de la grammaire générale. — Lettre du Ministre de l'Intérieur (1799). — Personnel de l'Ecole centrale en Tan tu.
— Jury d'instruction publique. — Traitement des professeurs.
— La bibliothèque. — Le jardin botanique. — Le Conseil général des Basses-Pyrénées et l'Ecole centrale.
Après 1793, il n'y avait plus au Collège de Pau ni Facultés universitaires ni Congrégation enseignante.
Nous l'avons dit ci-dessus, p. 241 : les bâtiments furent conservés pour que l'on pût y établir les salles de VEcole centrale des Basses-Pyrénées.
A ce sujet, il y a lieu d'ajouter, ici, qu'un arrêté du Directoire du Département, en date du 14 nivôse, an II (3 janv. 1794), — vu la pétition des citoyens Pigott, Thomas Travers, Isaac Gooldbrof, O'Moran et C% — autorisa les pétitionnaires à s'établir provisoirement dans une partie . des bâtiments du cidevant Collège royal de Pau, dans l'objet d'y fonder un établissement de manufactures de drap et autres étoffes de laine et coton, à l'instar de celles de Manchester et Toulouse.
Le 18 prairial de l'an m, la délibération suivante
fut prise par le Conseil municipal ; Archives Communales, D. 9 :
« La Convention nationale ayant décrété qu'il y auroit à Pau une Ecole centrale, le ci-devant Collège est nécessaire à cet établissement, qu'on ne pourroit placer ailleurs dans la commune.
« Il paroît que les bâtiments seront occupés par les 14 classes * qui doivent être ouvertes en exécution de la loi du 7 ventôse an m, et par les conférences publiques, la bibliothèque, le cabinet d'histoire naturelle, le cabinet de physique expérimentale, la collection des machines et modèles pour les arts et métiers, ordonnés par la même loi, le conseil, le directoire et les archives qui prendront de grans emplacemens.
« Le jardin clos, qui tient immédiatement aux bâtimens du Collège, est également nécessaire pour former le jardin d'histoire naturelle qui doit être auprès de l'Ecole centrale ^
« La partie haute et la colline de l'enclos, appelé le Beau-Louis ^ dépendant du Collège et qui n'en est séparé que par la voie publique, deviennent aussi nécessaires à l'Ecole centrale, s'il doit être donné des leçons pratiques d'agriculture.
« Les entrepreneurs d'une manufacture, façon de Manchester, ayant demandé la concession d'une partie des bâtimens du Collège et de la partie basse du Beau-Louis, la Municipalité est bien éloignée de vouloir contrarier leur établissement ; mais elle a cru
1. Aux termes de la loi du 3 brumaire an iv, 11 n'y eut que 9 cours dans les Ecoles centrales.
2. Ce jardin « fut formé ». Voy. séance du Conseil municipal de Pau, 16 ventôse an vii : « le citoyen Bruzot, herboriste, conducteur du jardin botanique >» ; — Bergeret, Flore des Basses-Pijrénées^ t. ii, p. 352 : « le jardin botanique des Basses- Pyrénées ».
3. Le Bois-Louis ; « l'ancienne maison de campagne des Jésuites ». Voy., elf dessus, p. 26-30.
que Ton pourroit concilier leur intérêt avec celui de l'Ecole centrale, en leur concédant les bâtimens et l'enclos dés ci-devant Capucins * et la partie basse du Beau-Louis qui y tient immédiatement par un bout. Elle a écrit en conséquence au comité d'instruction publique et à celui d'agriculture et de commerce pour les inviter à se concerter et à suspendre toute décision jusqu'à ce que le Représentant du peuple qui doit venir pour l'établissement de l'Ecole centrale ait vu les choses par lui-même ^ Elle invite les corps administratifs à tout suspendre jusqu'à la même époque
« Cependant, il sera observé que la Municipalité pense qu'il faudroit abandonner, dans tous les cas, le projet de pratiquer une route au pied de la colline du Beau-Louis pour aboutir du pont de l'Ousse * à la Basse-Ville. Cette route seroit de difficile confection et dangereuse, soit par le peu d'espace qui se trouve entre le canal du moulin et la colline dans la partie qui répond aux maisons et jardins des particuliers, aux approches de la Basse-Ville, soit par la rapidité de la colline, les déblais qu'il faudroit faire pour élargir la place, les flltrations des eaux dans la colline et les éboulements répétés qui en seroient la suite inévitable. Cette route ne seroit d'ailleurs d'aucune utilité ; elle ne pourroit que dispenser les voyageurs de passer dans les rues habitées et les soustraire ainsi à la vigilance de la police.
« Il en seroit autrement de l'élargissement projeté
1. Les maisons et les jardins Nogué — n»» 23 et 25 de la rue du Lycée — occupent l'emplacement où avait été fondé, dès 1626, le couvent des Capucins.
2. Sur la proposition do Lakanal, cinq Représentants du peuple furent envoyés par la Convention nationale dans les départements pour assurer la prompte exécution dos lois relatives à l'instruction publique. Décret du 18 germinal an m.
3. C'est aujourd'hui la passerelle au bas do l'ancienne côte de Bizanos.
de la rue de Nay \ dans le cas où le plateau supérieur du Beau-Louis viendroit à être divisé et vendu pour des emplacements de maisons. Cette rue qui fait suite de la route de Lourdes, déjà trop étroite pour la voie publique, deviendroit malsaine si on ne lui donnoit une largeur suffisante. »
Nonobstant cette délibération du Conseil municipal, la manufacture fut établie au Collège. — Cela n'empêcha point d'y installer aussi l'Ecole centrale, qui fut « mise en activité ^ » le 20 brumaire an v ; mais l'ouverture officielle des classes n'eut lieu que l'année suivante — 23 brum. an vi — 13 novembre 1797.