Le 28 décembre 1766: vote de 700 liv
3. Le procès-verbal de la séance du Bureau du 19 octobre 1766 constate que « la bibliothèque a été ouverte; les livres qui s'y sont trouvés, au nombre de 2,300 vol. grands et petits, on télé remis au pouvoir du sieur de Lombard ».
4. On lit dans le procès-verbal de la séance — octobre 1766 — le détail de tous les objets dépondant de l'église du Collège et de la congrégation des écoliers. On y trouve entre autres choses : — Une croix de velours rouge ciselé servant pour la chapelle domestique, et un tableau ; — un grand autel avec un cadre sculpté et doré, un tabernacle doré, un grand rétable soutenu par de grandes colonnes en sculpture, avec de grandes statues aux côtés, un tableau au milieu, une boiserie très exhaussée d'un double rang de tribunes, neuf confessionnaux, et un bénitier de marbre. Un tableau dans la tribune représentant un Christ ; — dans la Chapelle St-Joseph, un autel avec un tableau et une niche dorée ; — dans la Chapelle de la Congrégation des EcolierSf huit
M. Laborde rendit ses comptes au Bureau assemblé le 28 décembre 1766. Il se trouva réliquataire de la somme de 5,020 liv., 10 s., 10 den., indépendamment de celle de 200 liv. qui était due par le sieur Dominique, receveur de Pau *. Le Bureau, après avoir voté des éloges à M. Laborde, lui alloua une rétribution qu'il méritait à titre de dédommagement. L'ancien régisseur des biens du Collège avait refusé, pendant trois ans, tout honoraire, parce qu'il « n'avait accepté, disait-il, la charge d'économe que pour rendre service et dans la vue d'un plus grand bien ».
Restait toujours la rente annuelle de 12,000 liv. accordée par le Roi aux Jésuites ; mais, comme elle était suspendue depuis leur exclusion du Collège, Mgr l'évêque de Lescar avait été prié de faire les démarches nécessaires pour le recouvrement régulier de cette pension royale.
Il avait reçu, bientôt après, de M. d'Esmangart, maître des requêtes, la lettre suivante :
A Paris, ce 24 octobre 1766.
Monseigneur, M. le contrôleur général m'a envoyé la lettre que vous lui aviez écrite au nom du Bureau d'administration du Collège de Pau, et la délibération qu'il a prise pour demander que le délai proscrit pour la présentation des titres des rentes, dont le renouvellement doit être fait en exécution de l'édit de décembre 1764, fût prolongé. J'ai cru ne pouvoir rien faire de mieux que de faire passer le tout à M. de Boulogne, intendant des finances, au département duquel cette affaire est relative. Vous verrez, Monseigneur, par la lettre qu'il vient de m'écrire et dont j'ai l'honneur de vous envoyer copie, qu'il pense que les demandes que le Bureau d'administration peut être dans le cas de former au sujet de la
tableaux. — Au clocher, l'horloge, et trois grandes cloches, dont l'une servant de limbre pour l'horloge, une pelite cloche au-devant de la cour de l'église pour appeler le portier, etc., etc.
1. Pour le résidu du foin par lui acheté, la présente année, et qu'il devait payer aux prochaines fétus de Poutecôlo.
liquidation des rentes appartenant au Collège, doivent être favorablement écoutées, et que le délai pour la remise des titres, dont il est dans le cas de demander le renouvellement, courra jusqu'au lep avril prochain ; ainsi il est facile d'ici là de se mettre en règle.
Je n'ai pu répondre encore à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Monseigneur, le 23 du mois dernier, pour demander toujours au nom des Administrateurs que l'arrêt du conseil du 8 janvier 1715 accordé aux Jésuites fût renouvelé, qu'en conséquence les trésoriers fussent autorisés à payer chaque année au Collège, avant même que d'avoir reçu les états du Roy, les sommes pour lesquelles le Collège y doit être porté. Le travail de la Commission s'est trouvé suspendu pendant quelque moment ; le Roy a permis à plusieurs des magistrats qui la composent de s'absenter pour quelque temps, et je n'ai pu rendre compte de cette demande. Je la mettrai au premier travail sous les yeux de MM. de la Commission, qui me chargeront sûrement d'en rendre compte à M. le contrôleur général et de lui présenter leurs vues à ce sujet. J'aurai l'honneur de vous informer de suite. Monseigneur, de ce que le ministre aura décidé.
Je pense que toutes les personnes parties d'ici pour aller remplir les places du Collège de Pau doivent y être actuellement arrivées. Il y a lieu de croire qu'avant peu elles répondront aux espérances que l'on est en droit de former. Votre inspection. Monseigneur, et le zèle avec lequel vous voulez bien suivre tout ce qui intéresse cet établissement en assurent le succès.
D'autre part, M. de Boulogne, intendant des finances, écrivait à M. Gillet de Lacaze, premier Président :
A Paris, le 2 décembre 1766.
Monsieur, M. le contrôleur général vient de me faire passer une délibération du Bureau d'administration du Collège Royal de Pau en date du 21 septembre dernier, par laquelle on demande que les douze mille livres pour lesquelles le Collège des Jésuites étoit ci-devant employé annuellement dans l'état des finances de Navarre et Béarn, et qui ont été conservées au Collège Royal qui lui a succédé, soient payées à l'avenir, de quartier en quartier, sans attendre l'expédition ni l'envoi de l'état du Roy, comme cela se pratiquoit pour le Collège des Jésuites en exécution de l'arrêt du 8 janvier 1715.
Je vais en conséquence faire expédier l'arrêt et les lettrespatentes nécessaires pour donner cette autorisation au trésorier et pour accélérer au Collège la rentrée des fonds de Tannée 1765. Je proposerai à M. le contrôleur général, à mon premier travail, d'écrire au trésorier pour qu'il paye ces douze mille livres sans attendre l'arrêt ni l'état du Roy.
Le 4 février 1767, M. le premier Président faisait savoir au Bureau qu'il venait de recevoir Tarrêt et les lettres-patentes dont M. de Boulogne lui avait annoncé renvoi. Dès lors, chaque année, les 12,000 liv. furent payées par le trésorier, de quartier en quartier, par préférence à toutes charges, gages, pensions, et autres parties employées dans l'état des finances.
Le Collège, ouvert depuis le 1" novembre 1766, ne recevait que des externes. Dans la séance du Bureau d'administration du 28 mai 1767, le Principal proposa rétablissement d'un pensionnat. Avant de délibérer sur cette proposition, il fut décidé que le Principal s'occuperait de dresser un plan, où il indiquerait les moyens qu'il croirait convenir pour former ce pensionnat, les conditions à fixer pour la réception des pensionnaires, et un programme des exercices à suivre.
Tout cela fut fait ; plan et programme ayant été soumis à l'examen du Bureau, qui les approuva, le Principal obtint l'autorisation de faire, à son compte, les dépenses nécessaires pour l'installation du pensionnat. Il fut arrêté que, si le Principal venait à se retirer, il lui serait loisible de prendre les meubles et autres effets qu'il auroit acquis, ou de les laisser* au Collège moyennant le paiement qui lui en serait fait suivant estimation par expert. L'administration du pensionnat devait lui appartenir de droit, sans qu'il fût obligé d'en rendre compte. Le Bureau se réservait l'inspection sur la discipline observée dans la mai-
son <. MM. de Cassaigne, maire, et de Lahitole furent nommés commissaires pour cette sui'veillance. Le pensionnat fut ouvert à la rentrée des classes de l'année 1768.
Avec les Educateurs, le vieux Collège des Jésuites réapparaissait tout rajeuni. De nombreuses réparations avaient été faites soit à l'extérieur soit à Tintérieur de la maison. Les cours d'instruction y étaient complets depuis la philosophie ^ jusqu'à la classe de sixième inclusivement^. On y enseignait le français, les lettres latines et grecques, les mathématiques, la physique et la géographie.
Une délibération du Bureau d'administration — • 5 mars 1767 — autorise le Principal à acheter une machine pneumatique, et, le 28 mai suivant, il est chargé de faire l'acquisition de plusieurs autres machines pour des expériences de physique, jusqu'à corlcurrence de 500 livres ^. Un globe, pour les leçons de géographie, avait été aussi acheté ; — délibération du 5 mars 1767.
A la fin de la première année classique, une distribution solennelle de prix fut faite aux élèves du Collège. Le Bureau d'administration avait arrêté, dans la séance du 28 mai 1767, qu'il serait distribué des prix, la présente année, « auquel effet le Principal fera l'achapt des livres qu'il croira convenables dans cet objet, jusqu'à concurrence de 200 liv. »