‹ Histoire du MadawaskaChapitre 28 sur 46 · GRANDE-ISLE · texte numérisé non relu

GRANDE-ISLE

Après la division ecclésiastique, que les paroissiens du Carmel ont tant contribué à amener, dans la réorganisation que ce ■changement de juridiction rendait nécessaire, il s'est trouvé, qu'à cause son site, l'église du Carmel n'avait plus sa raison d'être. Saint-David venait de se former en paroisse distincte. Saint- Bruno avait transféré son église au village de Van Buren, un mille et demi plus bas que le vieil emplacement de la Grande- Rivière. Il résultait que l'église du Carmel se trouvait dans une position excentrique pour fins religieuses.

En 1871, les contribuables du haut de Saint-Bnmo, mécontents du déplacement qui les éloignait de leur église, commencèrent, sous la direction du curé Vallée, la construction d'une autre église entre le Carmel et Saint-Bruno, en face de l'église de Sainte- Anne, rive nord.

Cette entreprise n'eut pas l'approbation de l'évêque, Mgr Healy, qui décida de réunir les dissidents aux habitants du Carmel pour former une seule paroisse, fixant le site de l'église en face de la Grande Ile, comme compromis.

Le curé Swéron eut la charge d'effectuer le raccordement, qui ne se fit pas sans heurt ni friction.

La charpente de l'église en construction, en face de Sainte- Anne, fut transportée et dressée à la Grande-Isle sur le site actuel. Le presbytère du Carmel, construction bien conservée, fut traîné près de la nouvelle église. Il fallut pourtant l'action lente du temps pour effacer les vieilles rancunes. On fit des misères au curé Swéron qui les faisait payer avec usure. Il avait suggéré pour vocable de la nouvelle église, " Notre-Dame de la Paix." Les gens du Carmel y avaient vu une malice, et l'on nourrissait <lu ressentiment contre le curé. L'évêque donna à la paroisse

son ancien vocable de Notre-Dame du Mont-Carmel, ce qui était une demi-victoire pour les vieux séparatistes. Il fallait la célébrer un peu. On cacha le battant de la cloche, qui était la cloche du Carmel apportée avec le reste du mobiher. Or, à l'arrivée de l'abbé Swéron, le dimanche suivant, pour dire sa seconde messe, la cloche resta muette, malgré les efforts du fidèle Rémi Paradis, qui faisait les fonctions de bedeau. Inde ira. . . Le cm-é prophétisa ce jour-là que si le battant n'était pas remis en place pour le dimanche suivant, Fauteur ou les auteurs du méfait en mourraient maintenant. Le dimanche suivant le bedeau trouva le marteau de la cloche sur le perron de l'église, et Rémi put sonner l'arrivée de son curé, qui parut content de l'effet de ses menaces.

Cet incident a été raconté par l'instituteur Morneault, qui faisait alors l'office de sacristain auprès de l'abbé Swéron. Celui-ci s'amusait parfois de ces enfantillages, mais la résistance à ses ordres le trouvait toujours inflexible.

Le l^"" octobre 1880, l'abbé Ferdinand Pineau, du diocèse de Rimouski, devenait le premier curé résident de la Grande-Isle. Il compléta l'éghse qu'il couronna d'un haut clocher.

Il eut pour successeur, en 1884, l'abbé Richer qui venait d'abandonner sa paroisse de Van Buren aux Pères Maristes pour aider l'œuvre du Collège. Il mourut à Grande-Isle en 1893.

L'abbé Charles-0. Gingras lui succéda. Il construisit le presbytère actuel.

A la mort du curé Gingras la paroisse retourna aux P.P. Maristes, selon les termes du décret du Saint-Siège qui établissait les R.R. P.P. à perpétuité dans les paroisses de Saint- Bruno, immédiatement après le départ du curé, et de la Grande-Isle, après la mort de celui-ci.

Depuis lors, les Pères Maristes dirigent la paroisse où ils ont construit une église nouvelle et un couvent.

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