CHAPITRE II
La scholastique et la prédominance des idées d'Aristote sur la matière et la forme.
Aristolc, en confondant le mot et la chose, donne naissance à la philosophie scholastique. — La conception platonicienne des idées de genre et d'espèce. — Les éléments de la métaphysique aristotélique. — Critique de l'idée arislolélique de la possibilité. — Critique de l'idée de substance. — La matière. — Transformation de celte idée dans les temps modernes. — Influence des idées aristotéliques sur la théorie de l'âme. — La question des universaux ; nominalisles et réalistes. — Influence de l'averroïsme. — Influence de la logique byzantine. — Le nominalisme précurseur de l'empirisme.
Pendant que les Arabes, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, puisaient à des sources abondantes, mais très-troubles, la connaissance du système d'Aristote, la philosophie scholastique de l'Occident commençait la même étude à l'aide de traditions trè^-incomplètcs et non moins confuses (24).
L'œuvre principale en ce genre était l'écrit d'Aristote sur les catégories et l'introduction dont Porphyre l'avait fait précéder pous expliquer les cinq mots (les cinq sortes d'idées universelles). Ces cinq mots, par lesquels débute toute la philosophie scholastique, sont : ceux de genre, d'espèce, de différence, de propre et â' accident. Les dix catégories sont : la substance, la quantité, la qualité, la relation, le lieu, le temps, la situation, l'état, l'artion, enfin la passion.
On sait qu'il existe une multilude toujom's croissante de