‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernesChapitre 35 sur 101 · Histoire du fanatisme de noire temps, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire du fanatisme de noire temps, t. I, p

de Saint-Côme, les victimes des insurgés sont, dans ce temps dont parle Brueys, un sieur Gardés, secrétaire de l'abbé du Chayla, devenu greffier du subdélégué de l'intendant, et qui, dans ces deux postes, avait commis un grand nombre d'injustices et de rigueurs impitoyables à Fégard des protestants ; — un prieur de Saint- Martin de Boubaus, nommé Lapize, à qui Laporte avait fait grâce de la vie, mais qui fut tué, à l'insu de ce chef, par quelque homme de sa troupe, « maltraité sans doute par ce prêtre, qui, au rapport d'un historien, était brûlant de zèle 1 » ; — enfin, Jourdan, de Bagars, capitaine de milices, ancien calviniste, celui qui avait tué Vivens, et qui, avant comme après ce coup, avait souvent, à la tête de sa compagnie, chargé et sabré les assemblées religieuses. Assiégé dans sa maison, Jourdan eut peur et se cacha sous un lit. C'est là qu'on le saisit; après lui avoir donné le temps de faire sa prière, on le fusilla.

Outre ces exécutions, qui jetaient l'épouvante parmi les catholiques, les insurgés avaient incendié quinze églises. Un grand nombre de curés prirent la fuite, abandonnant leurs paroisses. Les plus braves se joignirent au capitaine Poul pour demander du renfort, car ce terrible partisan ne suffisait plus à les défendre. Bâville, ne pouvant leur envoyer des soldats, leur fit distribuer des armes, et l'héroïque Louvreleuil nous apprend qu'il eut pour sa part vingt-cinq fusils dont il arma autant d'hommes, qui montaient la garde tour à tour pour le protéger *•

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