‹ Histoire du Mexique (volume 2)Chapitre 54 sur 73 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

De lar fête que les Mexicains célébrèrent après avoir placé ie Cuaahxicalli au sommet du temple.

Aussitôt qu on eut achevé de placer le cuauhxicalli 9 les Mexicains firent retentir l'air du sonde leurs tambours et de leurs trompettes. Le lendemain le roi Axayacatl fit une distribution considérable de ce qui se trouvait dans les magasins. Pendant trois jours les tlamacaxques allumèrent de grands feux au sommet du temple de Huilzilopochtli , et firent résonner leurs instruments de musique. Au bout de ce temps on exécuta un mitote , ou danse solennelle, au son du grand teponaztle , et Axayacatl invita à un grand banquet les rois de Tezcuco et de Tacuba , ainsi que les principaux chefs mexicains. Il leur distribua en présents des manteaux, des pagnes et des bijoux d'or. Les deux rois prirent ensuite congé de lui , et retournèrent dans leur capitale.

Le lendemain , Axayacatl proposa h Cihuacoati de faire une expédition contre le Cnlzontzin , roi du pays de Mechoacan dont les habitants sont appelés Tarasques. Cihuacoati ayant approuvé cette idée , on envoya Tlacatecatl et Tlacochcalcatl pour prévenir de Texpédition que Ton méditait, les rois de Guttiuacnn, de Tezcuco, de Tacuba et les autres chefs du voisinage. Les Tarasques , vassaux du Galzonztin , étaient de la même race que les Mexicains et les Ghichimèques. Quand ceux-ci étaient venus s'établir à Tenuchtitlan, un grand nombre d'entre eux étaient restés avec leurs femmes daùs un endroit nommé Patzquaro. Malgré cela Axayacatl voulait leur faire un certain nombre de prisonniers pour les sacrifier sur son CuauhxicalU^ qu'on aurait mieux fait d'appeler boucherie des innocents et magasin d'âmes pour le démon.

Netzahualcoyol remit aux envoyés, pour leur roattre , une armure ornée de devises en quetzalpat-* zaclli , sorte de plumes très-précieuses, un bouclier dont la moitié était recouverte par une peau de tigre et l'autre par un soleil d'or, des pointes de flèehes en cailloux acérés et un sabre en pierres tranchantes, armes qui étaient précieuses, même pour un roi. Tous les chefs se rassemblèrent à Mexico afin de re* cevoir leurs instructions de la bouche même du roi et retournèrent ensuite dans leur pays pour faire leurs préparatifs.

Axayacatl fit ensuite venir Tlacatecatl et Tlacochcalcatl, et leur demanda si les Mexicains étaient

prêts; ces officiers ayant répondu d'une miinière affirmative , les guerriers de chaque quartier se rangèrent selon l'usage sous les ordres de leur capitaine, et se mirent en marche vers Matlaltzinco et Tolucaoù Tarmée devait se réunir. Le roi de Mexico avait fait prévenir ceux de ces deux villes de préparer des vivres en quantité ainsi que les rois de Calimaya et de Tzinacantepec qui s'empressèrent d'exécuter ses ordres; il envoya en même temps Tordre de se mettre en marche avec leurs soldats , non-seulement à Nezahualcoyotl, mais aux rois de Tacuba, d'Atzcaputzalco, de Guyoacan, de Xochimilco et aux Ghinampanecas. Ticocyahuacatl, qui avait été chargé de leur porter ce message, revint avec la nouvelle qu'ils étaient déjà en marche vers Matlaltzinco.

Gihuacoatl fit appeler les vaillants capitaines Guauhooctli, Tilancalqui, Tlacalecatl et Tlacochalcatli et leur confia le commandement des lions, dçs tigres et des aigles mexicains qui devaient former Tâvant^garde, et leur recommanda de charger vigoureusement Tennemi à la première attaque de manière à le décourager. Il en dit autant aux vaillants capitaines Cuachic, Otomit, Achcautzin et TequUmaque qui devaient attaquer les premiers. Il leur recQmmanda d'encourager les jeunes guerriers qui n'avaient pas encore été à la guerre , et de placer entre cinq d'entre eux un cuachic^ puis un otomi a^rès cinq autres, puis un achcauhtliy puis enfin un teqûihua. a Mais surtout , leur dit-il , je vous recommande mon bien-aimé fils Axayacatl ; veillez à ce

qu'il ne lui en Arrive pas autant qu'au combat êe Mallaitzinco avec Guezpal, car votre négligence serait punie de mort. » Cihuacoatl recommanda également à AxayacatI de ne pas trop s'exposer et de ne pas s\ivancer légèrement au milieu des ennemis.

AxayacatI partit donc, emmenant avec lui, comme spécialement chargés de la garde de sa personne, Huiznahuacatl, Tlacatecatl, TIacochcalcatI , Ticocyahuacatl et Exhuahuacatl, ainsi que les vaillants guerriers d'Aculhuacan , Tocuiltecatl, Tezcocoatl, Huitznahuatlailotlac et Hueyteuctli; Tarrière-garde était commandée par Guauhnoctii, Tîlancalqui et Teuctlemacazqui sous les ordres de Tlailotlac , Cifa uacoatlteuctli, neveu de Cihuacoatl. Quand AxayacatI arriva h Matlaltzinco, le roi et les principaux chefs vinrent an devant de lui pour le recevoir d'une manière digne de son rang, et après l'avoir harangué ils le conduisirent au palais du roi où on lui servit un festin ainsi qu'à ses principaux officiers ; Cimalteuctli lui-même lui remit à laver, le roi de Matlallzinco lui offrit ensuite un bouclier et une épée qu'il avait fabriqués lui-même à cet effet, et lui offrit en même temps une quantité de boucliers et d'épées. AxayacatI le remercia, et appelant les principaux chefs de son armée, il leur dit : « Voici les armes que nos pères et nos frères nous donnent; partagez-les vous-même entre les soldats , particulièrement entre ceux que Ton appelle Cuauhuetequesy qui sont des espèces de maîtres d'armes.

Quand tout cela fut terminé, les Mexicains par-

tirent pour les villages de Neantepec qui touchent aux frontières du Mechoacan, et y construisirent des cabanes de feuillage dans lesquelles ils couchaient sur des bottes d'herbes sèches en guise de nattes. Elles furent réparties entre les capitaines selon leurs mérites. Le lendemain, Âxayacatl envoya à la découverte les plus vaillants soldats ; ils s'avancèrent à la découverte sur le flanc de la montagne. Après avoir marché toute la journée , ils arrivèrent à l'heure de dormir à Matlallzinco, première ville des Tarasques, et s'en rapprochèrent d'assez près pour distinguer les gardiens de la frontière, coiQés de casques de fer, qui étaient assis tranquillement autour du feu , ayant à côté d'eux leurs arcs , leurs flèches et leurs frondes. Ils s'empressèrent d aller rendre compte de tout cela à leur roi, etlui dirent que l'armée ennemie s'élevait à environ cinquante mille hommes.

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