‹ Histoire du Mexique (volume 3)Chapitre 12 sur 39 · CHAPITRE LXXXÏI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXÏI

Après avoir célébré les fanératlles d'Aboitibtr , on élit poor le remplacer sur le trône de Mexico Tiacochcalcatl Moc-* tezama !(• . '^

Quand 1 assemblée fut réunie, Nezabualpilli lui adressa le discours suivant : « Vous savez, Mexicains, que je suis, ainsi que le roi qui est assis à mes côtés, vassal de la couronne mexicaine; mais nous ne pouvons laisser partir tous les chefs qui sont venus assister aux funérailles du roi Ahuitzotl en laissant cette couronne dans l'obscurité; il faut, au contraire, qu'elle brille de tout son éclat par l'élection d^un nouveau chef qui nous défende contre les ennemis dont nous sommes entourés , lels que les habitants de Tliixcalla, Tliliuhquitepec et Mechoacan, qui peuvent chaque jour venir nous attaquer. A quela dangers ne sont pus expostés nos marchands qui vont chaque jour parcourir les provinces les pi us éloignées pour exercer leur profession 7 Choisissons donc mi roi qui soit capable de défendre et de diriger lem-

pire, désignez du doifl:t celui auquel vous accordai vos sufirages , en disant que celui-ci soit notre roi. Il reste encore plusieurs fils d*Âxayacatl et de Tiçocic, f|ui sont soigneusement élevés par les prêtres dans le palais de Galmecac. Choisissons entre eux , voici mon opinion; maintenant proposez la vôtre. »

Un dès chefs mexicains se leva alors. « Il est vrai , comme l'a dit le roi de Tezcuco , qu'il resle encore plusieurs fils de nos derniers rois , mais ce sont des enfants, et si on leur confie l'empire, la chose publique en souQrira. Nos ennemis, les habitants de Tlaxcallan, de Huexotzinco, de Cholula , de Tli- Imbquitepec, de Meztitlan, de Mechoacan et des villes de la côte , ainsi que les Chichimèques , en profiteront pour recommeut-er la guerre. Il faut que le gouvernement de ce pays s'oit mis entre'Ies mains d'un homme prudent et d'un âge ihûr , qui soit doux pour les bons et terrible pour les niéchants, qui sache se l^iré craindre par sa sévérité et se faire aimer par sa libéralité. Le roi AxayacatI a laissé neuf fils', savoir : Tezozomoctii , Matlaizincatl, JupihUehuetI , Macuilmalinal, Coyollzin, Moclezuma , IxtlilquechahuàCy Zezepatic et Teyahuaipachoa. Ce ne soiîi plus des enfants , mais ils ont tous environ trente ans . et tous ont gagné , par leur valeur à la i^uerre, te droit de porter sur leur lélé des ornements en or et en plumçs précieuses. Il en est de h éme des enfants du roi Tiçocic , Tezcatlipopoca , Imacttacuia , Mauhcaxôrhiil , Tepehua, Chalchiuhquiauh^NahuacatletCuitlachihuitl ] parmi les fils de notre dernier

roi, ily en a mëine^iii' sont* déjà des hommes fait»; iiAs qtXe Matlalxiliuiti , Atlixcatl et MacmilmaUnaei a

Les deux r'ois'Nëizahualpilli et Tëtoqùibuàtzin., Tlacochcalcatl et CihuacoatlTIalpoton'qui, ayant donc délibéré avec les douze éledieurs de Tempire { procràmèrent pour roi Tlacochcalcatl Mociezuma , fils â'âixayacatl , qui avait alors iireiite-qUalrè ans. Ce choix fut aussitôt approuvé par tous les autres chefs! Ils allèrent aussitôt au ^alaik de Gàlmecac dû se' trouvait Môcteza'ma , et lui dirent : o Venez preti^ dre possession de votre trône. » Aussitôt qu'il arriva tous les chefs s'écrièrent :'« Que notre nouveau roi soit le bien-venu. » On le conduisit ensuite auprès du brasier en lui disant : «Vous venez d'être. choi^ pour roi par les grands vassaux de l'empire et par le séiiat, par la'Volonté dé celui qUi gouverne Tàir, la nuit; Peau et le temps , et dont nous sommés les esclaves. Vous étés le maître non-seùlemeùt de Teill'pire mexicain , mais dé tous les roy.'iumes qùi^ lui sont soumis. »'Qn lui fit jurer de protéger toûjoui^s le grand temple de Huilziloj^otibtli , puis on le'&t asseoir sur le trôné. On lui coupa les cheveux dans la forme où les rois avaient l'habitùdè^e les portée; on lui perça le nez dans lequel on passa un petit tuyâlii d'or, appelé acapitzacK -^' on plaça dans sa liiaib un vase dans lequel brûlai t du picietV ; on luiihit aux lèvres et aux oreilles dés bijoux d'or , et on jeta sur ses épaules un manteau bleU en filet. On lé revêtit d'une armure* légère et àh plaçà^sur saleté le di^"dème royal. On le parfuma fet tous lés chefs Id sa-

IttèrenI k haute v^iz empereur du Mexique. On lui adfeMa ensuite un Icmg discours sur Ja manière dont il devait régner et sur la pro.leclioii qu'il devait à ses vassaux. « Recevez, lui dil-on, aveq bonté les chefs tributaires, distribuez des vivres et des vêtements a ceux qui en ont besoin , attaqu^ vos ennemis avec valeur après avoir donné tous vos soins aux préparatifs de l'expédition , et pardonnes -leur généreusement quand vous les aurez vaincus. Occu- .pez-vpus à orner les tem|>les et honorez le grand Ti- .tlaçahua dont nous sommes tous les esclaves. Distribuez des vivres aux vieillards, traitez les chefs avec I^. distinction qu'ils méritent, ,et invitez-en chaque jour quelques-uns au palais pour manger avec vous. Levez-vous chaque njuit à minuit pour adorer 1^^ étoiles , et le matin pour adorer Tlahuizcalpantepe- Ui (l'étoile du matiu;) en vous tirant du sang des oreilles et des cuisses, et les encenser ei^suite en lançi^t vos regards jusque vers le neuvième siècle. Il faut que ni les montagne; , ni les eaux, ni les forêts n'échappent à yos regards :, que les èbemins et les fontainc^s soient bien entretenues , surt(}ut celles d'Ayauhcalcp. Vqici l^s avisque,nous te dQ|^lpJqs> ô notre fils bien-aimé et notre souverain î »

... Quand les deu;& rois eurent terminé ce discours , Totoq|tiihu£|ztli , roi de Tacuba, prit la parole et dit: « I^^oubl^^ pas non plus , 6 mon fils bien-aimé] que de l'autre c^té des montagnes nous (^vons des ennemis qui^sont au§si jes ennemis du grand Huilzilopochlli ; ce sont les habitai^ts de TÇ\a%siqa\lan , de ^

HuexotzÎDCO , de Giiolulan, de Tliliubqaitepec, de Jopitzinro, de Mechoacan , de Meztitlan el de Cuextlaii , ainsi que les Chichimèquçs et les habitants de la côte de l'Anabuac. Votre devoir est de les conquérir et de les soumettre ; faites donc fabriquer à cet efTrt une grande quantité d armes. N oubliez pas que gouverner les hommes, c'est s'asseoir à un festin dont les plats sont mêlés de sucre et de 6el. Régnez avec prudence et ayez soin de consulter les chefs , afin d'éviter les fautes dont le repentir serait bien amer. N'oubliez pas ce qu'il en a coûté à Abuitzotl , votre prédécesseur, pour s'être obstiné à amener dans sa capitale Teau de la fontaine d'Âcuecuexatl ; n'oubliez pas non plus de visiter souvent et en personne les quatre quartiers de la ville Amoyollan , Teopan, Âtzacualco etCuepopan, patrie des aigles, des tigres et des lions.» Moctezuma, qui était un prince habile» leur répondit en les remerciant par un discours rem» pli d'éloquence.

. Il . ' .'

• t Ui'l

Page 1