‹ Histoire du Mexique (volume 3)Chapitre 8 sur 39 · CHAPITRE LXÎVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXÎVIII

Expédition des Mexicains contre les villes de Xoconuchco, de Xolotlan , de Mazatlan et d*Ayotecatl , qui sont réunies il l'empire mexicain.

Quelques jours après que les habitants des villes de la côte nouvellemenl conquise se furent soumis à Tempire du Mexique et eurent promis de lui payer un tribut , les marchands se réunirent pour aller commercer selon leur usage , et se rendirent à Xolotlan , à Ayotecall , à Mazatlan , et à Xoconuchco. Les habitants leur demandèrent : Que venez-vous faire dans nos villes? nous ne sommes pas des vaincus , et nous ne nous sommes pas soumis à Tempire : nous allons donc vous mettre à mort. £n eliet, ils les égorgèrent jusqu'au dernier; deux jeunes garçons parvinrent seuls à s'échapper et allèrent annoncer ce désastre à leurs compatriotes qui s'en plaignirent à Mexico. Cihuacoatl se liâta de conduire auprès du roi Ahuiizotl leurs messagers qui lui racontèrent

tout ce qui s'était passé. Le roi demanda quels étaient les villes dont les habitants aTaient commis ce crime , et on lui désigna celles que nous avons énuméréesplus haut. IlenvoyaaMssitât niiroid'Aculhuacan et à celui des Tecpanèques Tordre ^le réunir leurs -armées (fonr aller chfttier ces^brigaads de la côte. Cihuacoatl fit venir Guauhnoctii et lui ordonna également de réunir les chefs afin d'envoyer par des ineçsagers à tous les vassaux de l'empire l'ordre de prendre les armes, ce qu'ils exécutèrent promptement, ainsi (|ueles deux rois des Âcuihuas et des Tecpanèques.,

Les messagers étant tous revenus au bout de huit jours , Ahuitzotl ordonna égalenieni aux guerriers mexicains de se tenir prêts à marcher , et ceux-ci se mirent autoitât à pré parer leurs arodes. Les deux rois vinrent eux-mém«s à Mexico visiter Ahuitzotl et Gihuacoâtl; et quand ceux-ci leur eurent expiicfué le fanotif de la guerre, ils dirent au grand majoîrdome PcClacatl : Apportez les armes les plus belles y les devises les plus brillantes , lès épées les plus a^cérées. Ils en. firent prjSseht aux deux rois , ainsi que de cinq charges d'étoffes et d'habillements. Quand ceux* ci eurent reçu ce présent, ils prirent confié et allèrent réunir leur armée et faire préparer des vivres en abondante , car on a vai i une longue rofute à faire pour arriver jusqu'à la càte.

Les Mexicains, de leur côté, étiient constamment occupés de leurs préparatifs. Les jeunes g( ns • allaient tous lés jours k Tlepochcalco , où les acA-

éauhtzin leur exisèigiiaient le Inaniemenl des armes. Ahulizotl envoya ensuite Tondre aux guerriei^s des villes lèë plus éloignées de se mettre eh marche dé manière à former Tavant-garde * il fit ensuiteavancéf son armée , au milieu de laquelle i\ se trouvait , ainsi que les deux roiâi et les priiicipaùx chefs. '

Lesguer'tiers mexitidins passèrent la huit à Ghalco. On avait rigoureusement défendu qu^il^en restât un seul eh arriètè »^ MeSico , parce qu'il s'agissait d'une entreprise de la plus haute importiiftce. A l'excëption dés vieillards , des enfants , dés prêtres et des ttaniacazques ^ toiis ceux qui ne seraient pas joints à Tarmée , quand même ils eussent été des premiers dé l'empire, eusseut été assommés et jetés ^ians un puits. Quand l'armée approcha de Ghalco, elle rencontra à Xocotitlan les habitants qui étaient venus au-devant d'elle et qui oflrirent à Ahuitzotl des fit urs et des parfums. La salie où les trois rois furent logés était toute tendue d'étoiles précieuses. Gomme le climat de cette ville est très-froid , parce qu'elle est située au pied du volcan et des montagnes couvertes de neige, on avait allumé dans les appartements des brasiers remplis de charbon. Le lendemain, Abuitzoll dit aux habitants: Mes frères, il faut que vous veniez avec moi pour servir de garde à ma personne , comme de IratUanls guerriers que vous êtes, vous formerez l'avialnt-gardè.

Toutes les villes qui se trouvaient sut* la routé firent également au roi de Mexico une réception solennelle. Quahd il fût airrivé à Huaxaca , tous les

chefs de la côte qu'il avait vaincu« viarent le saluer et lui ollrir des présents. Il se reposa deux jours dans cet eudrqit, et quand il fut sur le poiot d'en partir, on lui donna encore quantité d'armes précieuses qu'il partagea avec les deux rois. Abuitzotl remercia les habitants de la côte de leurs riches présents , et distribua Ja part qui lui en était échue entre les |>rincipaux chefs mexicains.

Le lendemain Ahuitzotl 6t ordonner par Tlacochcalcatl aux principaux chefs de se diriger sur Tehuanlepec où l'armée devait camper pour se reformer. Quand on «nn ivait à l'endroit où 1 on deirait passer la nuit, les soldats construisaient aussitôt des cabanes de feuillage pour le roi et les principaux chefs auxquels les m.ijordotnes s'empress.iient de servir un repris qu'ils avaient préparé. Quand Abuitzotl arriva à Tehuantepec, les chefs vinrent au-deyant de lui et s'empressèrent de le loger dans le palais de 1<« ville ^ qui était fort grand et si bien orné de tapisseries en plumes, qu'on n'avait jamais rien vu de plus beau. Ils lui apportèrent ensuite le tribut que la province lui devait et toutes sortes d'armes précieuses, parmi lesquelles on remarquait des boucliers prjiés (]e lames d'or. Ils placèrent s,ur sa tête le teocuitla yxcua amatl ou bandeau royal. C'était une espèce de mitre en papier semé de pierres précieuses; ils offrirent aussi des armes aux principes chefs Mexicains qu'ils firent asseoir sur des peaux de tigres ; car autrefois cet animal était fort commun dans cette province,

quoique aujourd'hui on n'en voie plus dans ft^ute l'a Nouvelle-Espagne. Ces présents, comme ils le dîrenl le lendemain au roi , lui étaient oflTerts par les villes ses vassales de Tehuantepec, d'Izhuallau, de Xocbitlan, de Gbiltepec et d'Arôaxilan. Ahuitzotl ordonna également à tous leurs gderriers de prendre les armes sans qu'il en restât un seul en arrière, parce qu'il s'agissait de punir des traîtres et des as5a.s<«ins.

Quaiid les Mexicains furent arrivés à Mazatlan, premier point du territoire ennemi. \U y construisirent un camp retranché. An sommet de la tente d'Ahuitzotl on voyait briller sa devise en plumes précieuses : c'était un cuaxolotl brillant d'or. Les principaui[ chefs mexicains placèrent leurs tentes en demi-cercle autour de celle du roi. On assigna également aux guerriers de chaque ville un emplacement oii ils devaient tenrlre les leurs, afin qu'ils fussent prêts à se ranger en bataille s'ils étaient attaqués par l'ennemi. Le lendemain Ahuitzotl ordonna aux chefs de chaque ville d'rncourager leurs soldats en leur promettant la victoire s'ils combattaient vaillamment, et en leur représentant la pauvreté dans laquelle ils avaient jusqu'alors vécu, et qu'ils pouvaient changer en opulence par les dépouilles de l'ennemi. Le lendemain ils attaquèrent avec tant de vigueur la ville de Mazatlan , qu\iu milieu de la journée ils l'avaient «léjà détruite entièrement. Les vieillards, les femmes et les enfants se réfugièrent dans les forêts et dans les ravins , mal^ré les danger s II. 4

auxquels ils étaient eupotés de la part des bétcs fé* roces. Le jour suivant, les IVlexicains attaquéretfl Ayoteratl et détruisirent si bien leurs ennemie qu'il ne resta pas uji seul combattant. Ils en firent autant de Xolotlan. Les habitants de toutes les villes de la côte se réunirent alors à ceux de Xoco* nuchco ,et dirent : G*esi nous qui sommes coupables delà faute qui a déjà coûté tant de sang aux g^uerriers des autres villes. Que nous reste-t-il à faire, si ce n'est à implorer le pardon des quatre, villes dont nous avons massacré les marchands et à noua reconnaître leurs tributaires? Ils envoyèrent doue des messagers aux Mexicains pour faire leur soumission.

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