‹ Histoire du MexiqueChapitre 115 sur 115 · CHAPITRE ex · texte numérisé non relu

CHAPITRE ex

Tilancalqoi artive à Ifeiîco. Les noofelles qa'il donne à Mocteioiiia le plongent dans la pins profonde tristesse.

Aussitôt qu'il fut arrivé à Mexico , Tilancalqui se hAta d^aller raconter h Moctezuma son entroTue aveoFernand Gorlez et tout ce que celui-ci lui avait dit. Moctezuma en fut très-accablé , car il prévit le sort qui le menaçait. 11 dit à Tilancalqui : «Tu sais que je t'ai comblé de bienfaits; voici le moment de me prouver ta reconnaissance. Que pouvons-nous faire puisque le grand Tloque nahuaque nous aban<» donne. Je te recommande mes enfants Huitemoc, Cliimalpo|>oca , Acatlioxonhqui , Acamapich, Nezabualtcoyotl , Axayara et TIacabuepan. Quand je serai tombé sous les coups de ces nouveaux venus, les Mexicains voudront massacrer mes enfants; je te recommande de les mettre en sûreté, car on n'aura pas de pitié pour eux après ma mort. Je les remets donc entre tes mains ; traite -les comme tes enfants et cache-les en différents endroits afin qu'au moins l'un ou l'autre puisse échapper au massacre. Sois certain de ce que je te dis. Ces nouveaux venus nous causeront de grands malheurs , et tout ce que nous

a prédit Ne2ahuaipilli se trouvera conforme à ia tc* rite. Quand ce temps sera venu , vous ne serez pas traité comme des sujets, mais comme des esclaves- C'est avec moi que finiront la puissance et FécUt que nous avaient transmis les anciens souverains du Mexique. »

En disant ces mots, Moctezuma se mit à verser des larmes abondantes. Tilancalqui le consola de son mieux. Moctezuma lui dit : « Nous sommes livrés à ces dieux ; il faut cependant faire tout notre possible pour venir en aide à nos malheureux sujets. J'ai entendu dire que dans la terre chaude il y a on grand nombre de magiciens , notamment à Cuauhnahuac , à Yauhtepec , à Huastepec , à Acayapicb* tlan , à Xohuitoto , à Ocuilan , à Malinolco et à TenanjUinco. Ils dévorent , dit-on , le cœur des hommes vivants et les enlèvent pendant la nuit. Je veux les faire appeler. » Il leur envoya donc des messagers et ils s'empressèrent de se rendre à ses ordres. Il en vint également qui connaissaient l'art de prendre b forme de lions . de loups , de serpents et de toute espèce d'animaux. Moctezuma leur annonça , dans on long discours, l'arrivée des étrangers qui étaient descendus du ciel , et les pria d^employer leur pouvoir pour les empêcher de venir jusqu'à Mexico. « Tâchez, leur dit-il , de les épouvanter, de leur envoyer un profond sommeil pendant lequel vous les jetterez dans un précipice , ou de leur arracher le cœur, et si vous ne pouvez les empêcher d'arriver )as^ qu'à Mexico, traitez-les au moins de manière qu'ils se repentent d'y être venus. »

Les magiciens partirent donc pour la Vera-CruK) et aussitôt qu'ils eurent aperçu les chrétiens , ils se dispersèrent de manière à les environner de toutes parts. Mais ils eurent beau prendre toutes sortes de formes et épuiser tous leurs-enchantements, ils ne purent rien faire contre les Espagnols, parce que c'étaient des chrétiens catholiques. Ils renouvelé^ rent leurs tentatives pendant quatre nuits successives ; mais n'ayant jamais pu dépasser les premières tentatives, ils lurent forcés de retourner à Mexico pour rendre compte à Moctezuma de l'inutilité de leurs etiorls. Le lendemain, Moctezuma fit appeler un des principaux chefs nommé Chalciuhcuechec*n et lui dit : • Va trouver les nouveaux dieux et fais» leur dire , par le moyen de la femme qui parle notre lan|:ue, que j'attends la visite de leur chef. »Gelui-€i rencontra Cortex à Ghichiquila , et lai expliqua par le moyen de Marina le sujet de son ambassade.

L'ordre avait été donné partout de fournir aux Espagnols des vivres en abondance. Cortea ayant passé la nuit dans un village dont le chef se nommait Cuaztlpopoca » leur fit demander par Marina quel était le meilleur chemin pour se rendre à Mexico. Celui-ci conduisit le lendemain les Espagnols dans un chemin creux où plus de dix Espagnols se tuèrent en tombant dans un ravin. Caaxtlpopoca prit alors la fuite; mais Cortez fit courir après lui, et quand on le lui eut ramené' il lui demanda le motif de cette trahison. Le chef ayant avoué son crime, il le fit enchaîner pour le conduire avec lui à Mexico.

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Quand les Espagnols furent arrivés à Tecoacils firent demander des vivres, mais les indigènes se soulevèrent en disant : • Sommes-nous les vassaux de ces nouveaux venus? Aux armes! • En disant ces mots, ils se précipitèrent sur les Espagnols en faisant pleuvoir sur eux une grêle de flèches; mais ils furent reçus par 'des décharges d'artillerie et de mousqueterie qui en jetèrent un grand nombre sur le carreau.

Le lendemain les Elspagnols aperçurent une grande troupe d'Indiens qui venaient avec des démonstrations pacifiques ; Marina leur demanda qui ils étaient ; ils répondirent qu'ils étaient les principaux chefs de Tlaxcalla. Interrogés s'ils étaient Mexicains et pourquoi les Otomis avaient attaqué la veille les Espagnols, ils répliquèrent qu^au contraire, ils étaient les plus grands ennemis des Mexicains et que les Otomis n'avaient que ce qu'ils méritaient. Ils invitèrent les Espagnols à se rendre dans leur ville où ils les reçurent avec toutes sortes d'honneurs ^ racontant partout la . victoire qu'ils avaient remportée contre les Otomis de Tecoac qui passaient pour si vaillants et qui avaient péri jusqu'au dernier. Aussitôt que Moctezuma eut appris ce qui se passait, il convoqua tous les chefs en un grand conseil, comme on le verra -dans un autre volume.

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