‹ Histoire du MexiqueChapitre 4 sur 115 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Origine des Indiens mexicains. — Lear arrivée à la Nouvelle- Espagne, où ils fondent la ville de MexicoTennchtllIan.

Nous parlerons plus loin de Tépoque à laquelle ces Indiens arrivèrent dans le Nouveau-Monde. Ce fut par Tordre de leurs dieux Huitzilopochtli^Quetzalcoatl , Tlalocateotl et autres , qu'ils se décidèrent à quitter le pays qu'ils avaient habité jusque-là et qui était devenu trop étroit pour eux. Ils désignent

l'endroit où ils demeuraient autrefois sous le nom de Chicomoztoc ou les sept cavernes, et à*Aztlan ou pays des hérons.

Dans le pays d'Aztlan se trouvait, au milieu d'un marais , le temple ou cou de leur idole Huitidlopochtli. Elle tenait à la main un rameau de plus d'une vare de longueur, terminé par une fleur nommée, dans leur langue, Aztaxochitl, qui est de la grandeur d'une rose de Castille et répand une odeur des plus suaves.

Ces Indiens se donnaient à eux-mêmes le nom d'jiztlantlacas. On les nommait aussi Aztecas Mexiton^ dont nous avons fait Mexicains, d'après le nom de Tenuchtitlan Mexico leur capitale. On les nommait aussi autrefois Mexica Chichimeca, ce qui ▼eut dire Mexicains sauvages. Après avoir été vaincus par les Culbuas , ils arrivèrent» guidés par leur dieu Huitzilopochtli , sur les bordsdn lac de Mexico, à deux lieues de Tendroit où est actuellement la ville de ce nom. Là, ils aperçurent une petite tle sur laquelle était un rocher. Au sommet de ce rocher il y avait un tunal ou figuier d'Inde. Pour se rendre dans cette tle, les Mexicains fabriquèrent des radeaux avec des roseaux ; en y arrivant ils aperçurent au sommet du tunal un aigle qui dévorait un serpent , et au pied du tunal une fourmilière. C'est pour cela qu'ils donnèrent à cet endroit le nom de Tenuchtitlan. Ils adoptèrent pour eux-mêmes le nom de Tenuchcas , et choisirent pour armoiries un aigle perché sur un figuier.

ATant d'arriver en cet endroit, les Meikains avaîeiil traversé une grande quantité de pays . de montagnes , de lacs et de rivières ; ils avaient passé par les provinces qu'habitaient les Qiichîmèques , tels queSanta-Barbara, Sant-Andres, Cfaalcbihuites, GnadaUxara, Xuchipila, Mecboacan et d'autres qu'il serait trop long d^énumérer. Toutes les fois qu'ils rencontraient un pays fertile et qui fournis* sait en abondance de l'eau et du bots , ils y faisaient un séjour qui durait quelquefois quarante ans^ d^antres fois trente , vingt ou seulement même dix années. Souvent nvéme quand le lieu ne leur parais* sait pas favorable, leur halte ne durait qu'une vingtaine de jours , et ils se remettaient en marche par ordre de leur dieu Huitzilopochtii.

Ce dieu conversait avec eux quand il fallait se re^ mettre en marche ; il leur disait : Caza acUtonca tan nenemiea Mexieul^ allons , Mexicain, nous approchons de notre destination. Les hommes faits et les femmes portaient les bagages et avaient soin des enfants et des vieillards , tandis que les jeunes gens allaient & la chasse aux cerfs, aux lapins, aux lièvres, aux rats et aux serpents, qui servaient de nourriture à toute la troupe. Ils portaient avec eux du maïs , des haricots , des citrouilles du Chili , des xitamates et des miiUomas qu'ils cultivaient soigneusement dans tous les endroits où ils faisaient quelque se» jour afin de renouveler leurs provisions. Le chian et le huautkli étaient portés par les jeunes garçons k cause de leur peu de poids.

Quand les Mexicains s'arrêtaient dans un endroit, leur premier soin était d'élever des cous ou temples à leurs idoles , qui étaient fort nombreuses , car chacune des sept tribus qui composaient la nation en avait de particulières dont elle prenait le nom. Les principales étaient QuetzalcoatI , Xomoco, Ma^ tla, Xochiquetzal , Chichiltic, Centeutl, Piltzin-< tecuhtli , Meteutl , Tezcatlipoca , Mictlanteuctli , Tlamacazqui , etc. Car ^ quoique chaque tribu eût son dieu principal , par lequel elle se distinguait des autres , il n'était pas le seul qu'elle adorât. Ceux qui parlaient le plus souvent aux Indiens , étaient Huitzilopochtli , Tlacolteutl et Mictlanteuctli.

Les noms de ces sept tribus étaient Yapica , Tla* cochcalca , Huitznahuac , Cihuatepaneca » Chaimeca^ Tlacatecpaneca et Izquiteca. Quand les Mexicains arrivaient dans des terres vagues , ils y laissaient des lièvres et des lapins vivants pour qu'ils s'y multipliassent. Quand leurs dieux leur ordonnaient de se mettre en marche, ils abandonnaient leurs champs, soit qu'ils fussent en fleur , soit même que l'épi fut déjà formé. Quelquefois aussi la récolte était déjà faite , et ils pouvaient l'emporter ; de sorte que , partout où ils passaient , ils cultivaient la terre , construisaient des maisons et élevaient des tours en l'honneur de leurs idoles. Us traversèrent ainsi Gulhuacan, Xalisco et beaucoup d'autres endroits auxquels ils donnaient des noms , ainsi que Méchoacan, laissant partout quelques-uns de leurs descendants qui s'y établissaient. Etant arrivés à

MâlioalcOy dans l'endroit où est aujourd'hui Patzquaro , un grand nombre d'hommes et de femmes commencèrent à se baigner dans le lac. Mais d'autres Mexicains étant survenus^ profitèrent de Toccasion pour s'emparer de leurs manteaux , de leurs maxtUs ou pagnes, ainsi que des huepiles ou jupons des femmes. Les baigneurs furent obligés, pour cacher leur nudité , de se faire des espèces de capotes , semblables à celles que Ton porte en Biscaye, qu'ils nommèrent ziciuillij et dont ils ont conservé l'usage jusqu'à présent à cause de la chaleur du climat. Les hommes adoptèrent aussi l'usage d'une espèce de huepil ou de tunique arec des broderies sur les épaules.

Malinalxoch , sœur de Huitzilopochtli , qui avait jusqu'alors accompagné les Mexicains , était restée un peu en arrière pour consoler ceux qui étaient demeurés dans le Mechoacan ; les vieillards les plus respectables de la nation , qui étaient chargés de sa garde , profitèrent de cette occasion pour l'abandonner endormie dans un bois, car ils la détestaient à cause de sa méchanceté qui la faisait redouter de touA ceux qui Tentouraient. Elle avait fait périr un p'and nombre de personnes par son art diabolique. Il lui suffisait de regarder quelqu'un , pour qu'il mourût le lendemain ; car elle lui dévorait le cœur, sans qu'il s'en aperçût, par la seule force de son regard. Les Mexicains nomment ce sortilège, dans leur langue, teyolocuani tecotzana teixcuepani. Elle avait aussi le pouvoir de troubler tellement la vue»

'{ue celui qui avait un fleuve Ou une montagne devant lui ) croyait , au contraire , apercevoir des animaux féroces , et toutes sortes de fanlâmes. Elle enlevait les gens pendant leur sommeil , et les jetait il des vipères ou à des serpents qu'elle invoquait, et elle avait aussi la faculté qu'ont les sorcières de se transformer en animal ou en oiseau.

Ce fut k cause de ces méchancetés que Huisilopochtli permit aux Mexicains d'abandonner Malinalxoch dans la forêt où elle s'était endormie. Quoiqu'elle eût la prétention d'être sa sœur , Huitsilo* pochtli dit donc aux vieillards qui étaient chargés de la porter , et qui se nommaient Quauhtlonque , Axoloa , Tlamacazqui-Guauhhooatl et Ococaltzin *. « Je n'approuve pas la manière dont ma sœur s'est comportée envers vous jusqu'à présent; c'est moi qui suis chaîné de vous conduire, c*est li moi que sont confiés l'arc , la flèche et le bouclier , c'est moi qui dois tous guider , vous faire vivre et vous protéger par ma valeur , au milieu de toutes les nations diverses que vous avez k traverser. Je veux faire la guerre pour remplir ma demeure d'éménattdes , d'or et de plumes précieuses. Je veux qu'elle paraisse construite d'un cristal transparent j qui charme les yeux par Téclat de ses diverses couleurs , et qu'on y trouve en abondance des épis de mais , du cacao et du coton filé de toutes les couleurs. Réunissez donc le plus de provisions que vous pourrez et continuons notre route. »

Le$ Mexicains exécutèrent ses ordjres et arrivèrent dans UD endroit nommé Ocopipiltla ; mais ils n'y restèrent que peu de temps et se rendirent de là à Acahualxingo , où ils restèrent jusqu'à l'année cJùenahuyacatl t qui est la dernière du cycle ou xiuhmopiUi des anciens Mexicains. Ils allèrent de là à Coatepec , dans les environs de Tonalan ou ville du soleil.

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