CHAPITRE ILII
La guerre commence entre Axagfacatl el Moqnibiiîxtli pour
un roolif futile.
Axayacatl ayant entendu parler des criailleries des femmes de TIalilolco , résolut d'envoyer à leur marché deux ou trois jeunes gens pour les écouter, pensant qu'elles ne pourraient se taire et qu'elles laisseraient percer dans leurs discours quelque chose des desseins de leurs maris et de leurs rois , ce qui arriva en efiet ; car dès que les trois jeunes gens furent arrivés dans le Tianguez, les femmes commencèrent à les insulter; l'un des jeunes gens dit alors à ses camarades : « Laissez«les dire el ne leur répondez pas , car elles sont chez elles et dans leur marché. ■ Les femmes continuèrent à leur crier : « Que venez- vous faire dans notre pays? pourquoi entrezvous dans notre marché, puisque vous n'avez rien à vendre , à moins que ce ne soient vos tètes et vos corps?» Comme les Mexicains se taisaient» un
autre hcibitant s'écria: « Ayes un peu de patience, Mexicains, et bientôt nous teindrons avec votre sang vos temples et les images de vos Dieux ; dans peu de jours vous serez forcés de nous i*econnattre pour vos matlres; tous vos biens nous appartiendront et Tlatilolco seule sera souveraine. »
Les jeunes Meiicains se hAtèrent d aller raconter à ÂxajacatI et à Gihuacoatl ce qui leur était arrivé à Tlatilolco. Axayacatl convoqua alors ses conseillers et leur raconta comment les habitants de TIatitlolco s'exerçaient aux armes contre un rocher e( contre un madrier qu'ils brisaient à coups de pierres; comment , avec les tlazontecilis ou javelots durcis au feu , ils perçaient les otlatl ou boucliers de joncs tressés^ et comment, avec leurs minacachall, ils tuaient les oiseaux au vol. « C'est l'adresse qu'ik ont acquise, ajouta-t-il , qui les rend si insolents à notre égard , ainsi que les discours que leur tient leur roi Moquihuixtli. » Gihuacoatl prit la parole pour dire qu'une pareille conduite ne devait point être tolérée. «Mais vous, braves Meiicains, qui avez soumis toutes les nations» dont le {Kiuvoir s'étend jusqu'à l'endroit où la mer touche le ciel / et qui ne redoutez pas les animaux les plus féroces^ voilà le moment de montrer votre valeur pour sauver l'empire mexicain. C'est à vous , notre roi , à encourager les autres par votre exemple, afin que tout le monde voie quelle est la valeur des Mexicains. Envoyons préve* nir de ce qui se passe les rois deTacuba , Cuyoacan. Xochimilco, Gulhuacan, Cuitlahuac , Mizquic,
Ghaioo, Acolnahuac , Tezcuco et les autres vassaux de l'empire, noo pour leur demander du secours) mais afin qu'ils sachent la cause de ce qui va se passer » et qu'on ne nous reproche pas d'avoir maltraité sans motif les gens qui sont de la même race que nous : comme les habitants de Tiatitoloo ont été répéter de tous côtés que c'est à leur valeur que nous devons nos victoires , il faut prouver le contraire en l'emportant sur eux à nous seuls ; si nous sommes vaincus ce sera notre propre faute et nous en porterons le dommage. » AxayacatI lui répondit : « Je connais tous les exploits par lesquels les Menicains ont mérité l'empire du monde ; j^approuve donc votre proposition, mais il faut que vous réunissiez pour la leur communiquer , les chefs les plus vaillants, tels que Tlar^ilecatl, Tlacochcalcatl, Guauhnoctii , Tilancalqui, Ticocyabuacatl , Exhuafauacatl , Âcolnahuacatl , Huitznahuac, Tlailotlac, Tezcocoacatl et Tocuiltecail; car vous seul avez survécu de tous nos anciens guerriers; la terre a recouvert tous les autres, qui sont allés se reposer dans l'autre monde avec les rois Itzcoall et TIacaetIzin M oclezuma , avec Tlacahuepan , Guatecoatl , Ghahuaque , Quetzalcuauhtzin et les autres guerrier» qui sont morts dans la guerre de Ghalco. Tous se reposent ensemble dans cet endroit plein (le délices où va chaque soir se coucher le soleil. » AxayacatI, après avoir dit ces mois, rentra dans son palais , et CihuacoatI alla convoquer tous les grands de Perapire sans qu'il en manquai un seul;
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et quand ils furent réuDÎs il leur tint le discours suivant : « Vous savez tous , mes pères et mes frères , les desseins que les TIatilulcas trament contre nous ; oubliant nos ayeux communs, ils veulent former une nation séparée et nous soumettre à eai après nous avoir attaqués en traîtres. Mais, tout vieux que je suis , après avoir assisté à la conquête de tant de villes et de peuples différents, je suis prêt à mourir avec vous s'il le faut pour la défense de notre indépendance ; nous , qui avons renversé tant de villes puissantes , comment ne l'emporterions-nous pas sur ces malheureux qui étaient nos frères et qui sont devenus nos ennemis ?