‹ Histoire du Mexique. Juarez et Maximilien (volume 2)Chapitre 15 sur 44 · IL J · texte numérisé non relu

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hoaimes seulement furent tués ou blessés. Le général Quiatanar, qui n'avait pas reparu sur la scène politique depuis 1824, fut nommé par le conseil du gouvernement au pouvoir exécutif avec Lucas Alaman et Pedro Vêlez, en attendant l'arrivée de Bustamante. Ce triumvirat remplaça le président Bocanegra destitué, sans façon, par le conseil d'État. En peu de temps tous les États se soumirent au plan* de Jalapa, à l'exception de Vera-Gruz qui tenait toujours, moins par affection pour Guerrero et par respect des lois, que par la persuasion que le triumvirat changerait la forme du gouvernement. La législature de Vera-Gruz déclara qu'elle ne reconnaissait pas le gouvernement installé à Mexico, et donna au* gouverneur les facultés nécessaires pour faire respecter sa décision. Santa-Ànna se rendit alors à Jalapa, et, le 36 décembre 1829 , il fit une proclamation dans laquelle il motivait les résolutions de la législature de Vera-Gruz et sa détermination de défendre l'ancien gouvernement, tout étant illégal, contre le nouveau pouvoir.

L'inconcevable faiblesse de Guerrero mit Santa-Anna dans une position critique et môme ridicule. Le 25, Guerrero, ayant appris les événements passés à Mexico et Télection du triumvirat, laissa le commandement de son armée au général Ignacio Mora, et partit pendant la nuit avec une petite escorte pour sa ville natale de Tixla. Mora réunit alors un conseil de guerre et se prononça, le 27, pour le plan de Jalapa. En apprenant la fuite de Guerrero et l'adhésion de ses troupes au nouveau pouvoir, les soldats de Santa-Anna désertèrent, et l'ancien gouvernement démocratique n'eut plus un seul défenseur au l""' janvier 1830 , jour où Bustamante prit possession de la présidence. Le général Guerrero, pour éviter des dissensions qui pouvaient s'élever à son sujet , envoya sa démission de président et promit d'obéir aux résolutions des Ghambres.

Bustamante, après son installation, réunit le congrès et nomma les ministres suivants : D. Lucas Alaman , aux affaires étrangères; D. Ignacio Espinosa, à la justice;

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D. Rafaël MangiDO , aux finances, et D. Antonio Facîo à la jnierre. Dans ce ministère conservateur, Facio, élevé eu Espagne, était considéré comme ennemi des démocrates et des réformes ; Espinosa et Alaman représentaient le clergé. Ce dernier a joué un rôle si important dans son pays qu'il mérite une mention particulière.

D. Lucas Alaman est né à Guanajuato d*une famille aisée qui renvoya faire ses études à Mexico aii collège des Mines. N ayant point le goût des armes, il étudia les lois pour pouvoir prendre part aux affaires politiques. Après la chute d'Iturbide, on l'a vu devenir ministre; puis, il abandonna le ministère, vint à LoTidres et retourna dans son pays. Lors de lai révolution de Jalapa, il était directeur de la Compagnie unie anglO' mexicaine, et gérant des propriétés du duc de Monteleone, dernier héritier et descendant de Fernand Gortez. Tour à tour avocat, ministre, prétendant à la présidence, industriel et banqueroutier, fertile en expédients, subissant toujours l'influence de TAngleterre, historien distingué, Lucas Alaman était un homme à vues supérieures; il désirait sincèrement le bien de son pays, et pour atteindre ce but il foulait aux pieds l'opinion publique, avec ce courage moral qui n'a pas pour se soutenir le clairon des batailles. D'une forte complexion, sans être robuste, d'une énergie à toute épreuve, il était, en outre, travailleur infatigable; nul ne connaissait mieux que lui le prix du temps, nul ne savait mieux l'utiliser. Il faisait difficilement la part des difficultés matérielles pour l'exécution d'une mesure qu'il avait dictée ; aussi rigoureuse qu'elle fCtt, elle ne l'épouvantait pas : c( Qui veut la fin, disait-il, veut les moyens. »

Lors de sa rentrée au ministère, le Mexique se trouvait dans une situation pitoyable. Un an s'était à peine écoulé depuis le pillage de la capitale par les démocrates ; le trésor, comme toujours, était vide ; les troupes et les officiers réclamaient leur solde à grands cris; les chemins étaient infestés' de voleurs et les finances nulles; les places, sollicitées par tout ce qu'il y avait de plus inepte et de plus immoral d'anâ'

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