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commissaires espagnols'; » Canning répondit' « Que les indemnités réclamées jusquV, cc j our ^levaient à 2 millions de liv. st. ( ,j8 millions ' ü ' rancs )i mais qu’il ne Voulait nullement assurer que celte somme fût le total de toutes les indemnités à réclamer. Qu'il iaè connaissait point les details des demandes auxquelles les feommis-
ran-es avaient lait droit, mais qu’il ne pouvait i isconvenir qu ii cet égard, comme sur tant d’autres points, la conduite du gouvernement espagnol n eût été tout-à-fàit inconvenante, puisqu’il avait opposé tous les obstacles possibles à l’arrangement demandé par la Grnmle-Üreta-me ■ quai, .este, cette commission avait été établie* en Espagne par suite de la menace faite par Angleterre d user de représailles, dans le cas où le gouvernement espagnol ne se bâterait pas de taire droit aux réclamations des sujets britanniques. » Cette explication, qui veuaii de donner lieu au ministre de montrer avec quelle dignité et quelle chaleur il protégeait les justes demandes de ses compatriotes à l’étranger, fut accueillie avec un vil intérêt par la Chambre.
A ers la même époque, une question assez singulière s éleva dans la Chambre des communes L envoyé de Buénos-Àyres près la cour de Londres n avait point été admis I, la cour. Quelques membres de ta Chambre crurent entrevoir des causes politiques dans ce refus. II së trouva que ec personnage diplomatique avait le double ca-
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ractère d’envoyé près les coûts de Londres et de Paris; et, comme le dit très-plaisammentCan uing dans sa réponse aux observations qui furent faites à ce sujet, « l'Angleterre ne voulait pas de la moitié d’un envoyé; elle croyait avoir droit a un envoyé tout entier, »
Cette saillie lit beaucoup rire; c’était une leçon donnée au gouvernement de Buênos-Ayres, qui, très-probablement, dans des motifs d’économie, réunissait, ainsi que cela se pratique quelquefois en Europe, une double mission dans un seul individu. La chose était sans doute de peu d’importance , mais elle était dans l’intérét de la dignité nationale; l’opposition qui avait élevé la question rit, mais elle approuva.
Le G juillet se termina la session de 1825, qui sera long-temps célèbre dans les annales de l’Angleterre, par les immenses avantages qu’elle a assures a ce pays, et la direction hardie et libérale quelle a donnée à sa politique. Chaque année, en fortifiant dans Canning le sentiment de sa confiance en lui-même, desou influence toujours croissante parmi ses concitoyens, et ia conviction du grand rôle qu’il était appelé à jouer dans les deux mondes, semblait développer dans son àme ardente et généreuse une énergie plus grande et de nouvelles facultés, qu’il éprouvait le besoin de consacrer à la prospérité de l’Angleterre et au bonheur île l'humanité. Toutefois, les forces de son corps étaient loin de répondre à eei les
de son âme, et peu de temps après ia session, se manifestèrent en lui des symptômes de goutte, maladie à laquelle on a vu qu’il était sujet, et à laquelle se joignirent quelques indices d’une inllammation dans les intestins* Ce fut vers cette époque qu'une circonstance particulière ramena, sur les affaires de la Grèce, toute son attention, que ies affaires dAmérique, d’Espagne et de Portugal, autant que les considérations politiques dont nous venons de parler, en avaient éloignée depuis quelque temps.
Dc.s souvenirs puissans et qui remontaient aux premières années de sa vie, l’impression profonde qu’avait dès lors produit en lui Je contraste, oflèrt par cette nation, de tant de gloire et de liberté, auxquelles avaient succédé tant d ignominie et de servitude; le spectacle actuel de cette longue suite de faits militaires ou d’actes de dévouement, nés du besoin de se replacer au rang des nations indépendantes, et dont l’éclat égale, s il ne le surpasse, ce que l’histoire des temps anciens et modernes présente de plus sublime et de plus héroïque : tout concourait à intéresser vivement G. Canning au succès d’une cause, dans le triomphe de laquelle il voyait celui delà civilisation et de la liberté européennes, sur la barbarie et le despotisme. Cependant, cette sympathie, si naturelle à son ilme pour tout ce qui était noble et malheureux , ne pouvait se déclarer encore, et ses sentimens sur le sort h ve-
lùr de la Grèce, connus seulement de quelques hommes généreux au nombre desquels on comptait lord Byron, étaient encore un mystère profond pour le cabinet britannique , où cette cause comptait tant à 'ennemis t et pour le corps diplomatique, si généralement mal disposé à cet égard.
La neutralité de l’Angleterre, si sévèrement maintenue par Gaiming depuis son entrée au ministère des affaires étrangères (17 septembre 1822), parut donc redoubler de rigueur h l'époque où nous sommes arrivés ( septembre 1825); bien différente néanmoins, de la prétendue neutralité de la France et de f Autriche, celle de 1*Angleterre fut constamment franche et loyale, dans cette lutte où la politique lapins impérieuse pouvait seule forcer Canning à paraître impartial entre les oppresseurs et les victimes.
Lord Cochrane, amiral de la marine du Brésil, et quia tant contribué à l'affranchissement du Nouveau-Monde, débarqué h Portsmooth le 27 juin 1825, était arrivé k Londres dans le mois daoût suivant. Les journaux avaient annoncé en même temps son double projet de quitter le service du Brésil pour se dévouer à la défense de ia cause des Hellènes, et d’armer à cet effet une expédition avec laquelle devaient partir sir Robert Wilson, a la tête de î 00D hommes de débarquement, un train d'artillerie et beaucoup doiliciers anglais et étrangers. Ou
üvait déjà acheté en Suède deux vaisseaux rasés T dont les officiers et équipages devaient être autorisés à servir dans l'expédition et accompagner ces vaisseaux à la destination quils auraient reçue. Les Fonds devaient être fournis par le comité grec de Londres, et une somme de 300,000 !iv. st. (7,300,000 ft\) était mise à la disposition de lord Cochrane. Tous ces préparatifs, conduits avec la plus inconcevable publicité, étaient une grande et impardonnable imprudence, Ün aurait pu croire, à tant de légèreté et d'indiscrétion, que les chefs de l'entreprise, si leur caractère eût été moins connu , avaient pour but secret de ïa faire échouer; c était au moins le seul résultat qu’on pût raisonnablement attendre de tant de démarches inconsidérées.
Les mêmes nouvelles qui avaient produit une hausse subite de 1 emprunt grec, jetèrent promptement 1 alarme dans le corps diplomatique résidant à Londres, qui ne manqua pas de voir dans tout ce qui se passait f in fluence du cabinet britannique, s'eu plaignit amèrement au secrétaire détat des affaires étrangères, et demanda que des ordres fussent donnés immédiatement pour faire cesser un armement contraire au système de neutralité adopté par les puissances continentales, et auquel avait accédé l'Angleterre. La réponse du ministre fut telle quon pouvait l'attendre; il déclara qu i! ferait droit aux réclamations du corps diplomatique , et peu
DE Ü« CANKlKü*
Je jours après parut, sous la date du 3U septembre , uu ordre du roi, eu conseil, daté de Windsor, qui rappelle les dispositions d’un acte du parlement de la vingt-neuvième année du règne de George 11, concernant l’exportation des armes et munitions de guerre, et prohibe, durant t’espace de six mois, à compter de la date de l’ordre, l'exportation hors du royaume, excepté pour le service de l’Etat, des canons, mortiers, obusiers, carrouades, et des affûts eL effets y appartenant, ainsi que des boulets de canon, bombes, grenades, mitrailles, l’usées de Cougrève, Skrapnell ou autres, pour les transporter au delà des mers, sans avoir obtenu préalablement une licence ou permission de S. M. ou de son conseil privé , sous les peines portées par l'acte précité.
Cette pièce fut suivie d’une proclamation en date du -l octobre, explicative des motifs qui avaient donné lieu à l’ordre précédent; la voici:
Par le Roi. — Proclamation.
« George, roi. Attendu que S. M. étant en paix avec tous les pouvoirs et États de l’Europe et île l’Amérique, a déclaré itérativement sa détermination royale de maintenir une stricte et impartiale neutralité dans les différentes luttes où quelques-uns de ces pouvoirs et Etats sont engagés; et attendu que des actes d hostilité commis
individuellement par des sujets de S. M. contre aucun pouvoir ou Etat qui, étant enlpaix avec S. M. a déclaré sa résolution d’être neutre, sont laits pour mettre en doute la sincérité des déclarations de S. M*; et attendu que, si Fou ne peut empêcher efficacement les sujets de S, M. de commettre ainsi sans excuse ces actes d 1 hostilité, Ion peut craindre avec raison que les gouvernemens amis lésés ne puissent pas, de leur coté, empêcher leurs sujets de commettre des actes de violence sur les personnes et propriétés des sujets innocens de S* M. ; et attendu que la Porte ottomane, puissance en paix avec S. M., est et a été, depuis quelques années, engagée dans une lutte avec les Grecs, lutte dans laquelle le roi a observé une neutralité stricte et impartiale ; et attendu qu’un grand nombre de loyaux sujets de S. M. résident et fout un commerce avantageux, possèdent des établissemens et jouissent de privilèges dans les états de la Porte ottomane, protégés par la foi des traités entre S. M. et cette puissance; et attendu que S, M. a reçu 1 information récente et indubitable qu’il se fait actuellement des tentatives pour induire certains sujets de S. M. à équiper des vaisseaux de guerre et corsaires dans les ports du royaume de. S. M., et à s’y embarquer, a l’effet d’exécuter, sous le pavillon grec, des opérations hostiles contre le gouvernement ottoman, de capturer et détruire des vaisseaux et propriétés
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turcs , et de commettre des déprédations sur les côtes des états turcs, et attendu que de pareilles opérations hostiles seraient directement contraires aux dispositions de Tac te rendu 3 a cinquante-neuvième année du règne du feu roi, intitulé : Acte pour empêcher l f enrôlement et engagement des sujets de S . M. de servir dans un sen'ice étranger 7 et l 1 armement ou équipement dans des vues de guerre , sans licence de éT. M -, dans lequel y entre autres choses f il est prescrit , etc*»
Ici, la proclamation reproduit les clauses de cet acte, par lesquelles tout homme prenant du service à l'étranger, dans un emploi militaire quelconque, est assujetti à l'amende et k la réclusion, h la discrétion du tribunal devant lequel il sera jugé, et tout navire armé pour le service étranger est assujetti à la confiscation avec tout son grément, munitions, etc.
La proclamation se termine de 3a manière suivante ;
« S. M., en conséquence, désirant de conserver à ses sujets les bienfaits de la paix dont, heureusement, ils jouissent aujourd'hui, et étant résolue k persister dans ce système de neutralité, qu’elle a si fréquemment déclaré être sa détermination de maintenir, afin qu aucuns des sujets de S. M* ne s exposent inconsidérément aux peines imposées par le statut ici mentionné, a jugé à propos, avec lavis de son conseil privé, de reri-
H I S T O l H E DU MINISTÈRE
dre la présente proclamation royale; et S. M., par et avec lavis susdit, enjoint ici a tous ses sujets dobserver strictement, tant envers la Porte.ottomane et les Grecs quenvers tous au* très belligérans avec lesquels S, M, est en paix , les devoirs de la neutralité , et de respecter en tous et chacun d eux I exercice de ces droits de belligèraus, dont S. M- a toujours réclamé l'usage, lorsque malheureusement S. M. a été dlemême en guerre,
» Donné en notre, cour, a Windsor, le 30\ jour de septembre 1825, et dans la 6\ année de notre règne, »
Cette proclamation 1 et le départ de lord Go-
3 L anecdote suivante prouve combien Oanning attachait de prix aux moindres circonstances qui pouvaient I éclairer sur les affaires delà Grèce,et lui offrir quelques moyens de venu- au secours de cette nation héroïque sans compromettre lëè interets de l'Angleterre.
Un officier supérieur au service des Pays-Bas était à Londres à I époque oii parurent l'ordre du conseil du 3o septembre et la proclamation du L j, octobre. Inspiré par un sentiment d’humanité, il adressa le surlendemain meme du jour où furent publiées ces pièces, un mémoire à Garining sur 1 intérêt qivuva.it I’AngteWre h intervenir çnf&veur des Grecs. 11 y avait du courage à braver les difficultés d une semblable entreprise > a l'instant même où Je gouvernement britannique déclarait adopter le système de la plus exacte neutralité. Cette considération n arrêta point le fïeuteuant-colouel Carton de Ville-
it
UE G, CÀNNÏN0.
ehrane pour TÉcObse, qui fut généralement attribué h une invitation ministérielle, mirent tin aux obsessions dont les ambassadeurs et ministres de la Sainte-Alliance rfavaient cessé depuis quelques jours d'assiéger Ganning. Cette aif&Ott, dont le sort de l'Europe semblait dépendre , d'après l'importance qu'avaient mis certains membres du corps diplomatique a la faire décider, étant ainsi terminée, Canrmig, pour jouir d'un peu de repos, alla passer plusieurs jours la campagne y l\ Seaford, comté de Susses , chez* son ancien ami, M. Ellis, le même qui lui avait servi de témoin, quatorze ans auparavant, dans son combat avec lord Castlereagli.
À son retour de chez M* Elbs, il passa quel-
i ot s qui croyait la prospérité de son propre pays intéressée dans le succès de sa démarche. Canning , après avoir pris connaissance du contenu du. mémoire et des notes que l'officier belge y avait jointes, appela* peu de jours après son parent M. St rat Ford Canning , membre du conseil privé, arrivé depuis quelques mois de Saint-Pétersbourg ou il avait été envoyé précédemment en mission extraordinaire , et retiré alors dans ses terres, lequel, à la suite d’un co^seidu cabinet, reçut des instructions pour aller négocier a Constantinople la paeïflcation de la Grèce, en dirigeant sa route par Corfou, avec l'ordre au gouverneur des îles Ioniennes de ne se permettre désormais aucun acte de rigueur envers tes Grecs.
Dès lors une correspondance très-active, par cour-
HISTOIRE DU HUKISTÈRE
qiies jours à Londres, et* après avoir réglé quelques-unes des affaires les plus pressantes de son département, et s’être mis au courant sur le reste, il quitta de nouveau la capitale dans les derniers jours de juillet (1825), pour se rendre à Welbech, dans le jSottingham-Shire, chez le duc de Portland, son beau-frère. 11 y prolongea son séjour jusqu’au milieu de sep-,
riers, fut entretenue à ce sujet entre le cabinet de Saint- James et les autres cabinets.
A J a meme époque (fin d'octobre) les comités grecs s’organisèrent de toutes parts flans les provinces des Pays- Bas. Un seul , fondé en 1822, avait existé jusque-là à Amsterdam,
En janvier 1826, le duc de Wellington, à peine réta- JjÎi d une indisposition grave , fut chargé d’une mission à Saint-Pétersbourg, où fut conclu, le 4 avril suivant, un traité en faveur des Grecs,
Au retour du duc par Berlin, le cabinet prussien, jusque-là si rigide, changea tout h coup de système, et autorisa, protégea meme la formation des comités grecs dans toute la Prusse,
Cet exemple fut suivi avec enthousiasme par la Bavière , au retour de Saint-Pétersbourg du feld-maréchal prince de Wrède.
Tout porte donc à croijp que le lieutenant-colonel Carton de \ ilïerot qui, depuis les circonstances qui vien fient d être rapportées, a entretenu avec G, Canning, sur les alla ires de la Grèce, une correspondance officielle , peut réclamer ajuste titre une grande part dans les généreuses résolutions prises par le cabinet britannique en faveur de ce pays.
tembre, époque h laquelle la question de la dissolution du parlement, qui était devenue, depuis plusieurs mois, le sujet de tous les entretiens, était maintenant soumise aux délibérations du cabinet , dont quelques membres paraissaient prononcés en laveur de cette mesure, tandis que d autres, par des considérations entièrement liées avec les deux grandes mesures politiques que le parlement actuel était en quelque sorte dans 1 obligation de discuter dans la session prochaine, paraissaient moins convaincus de sa nécessité. Les choses se trouvaient dans cette position lorsque Canning, lord Liverpool et les autres membres du cabinet arrivèrent à Londres. Canning lut davis que la dissolution ne devait point avoir lieu cette année, cette mesure pouvant, dans les circonstances actuelles et h raison de l'extrême irritation de l’esprit de parti, relativement à la question catholique, donner lieu à une agitation qu'il était prudent d éviter; cette opinion réunit tous les esprits, et le projet de dissoudre le parlement fut tout-àfait abandonné.
Quinze jours après la proclamation royale du 4 octobre, qui avait prohibé l'exportation des armes et des munitions de guerre destinées pour 1 Orient, Canniug reçut, des principaux négocia ns de la Cité plus particgbèrement eû rapport avec le Levant, une adresse dans laquelle ils le remerciaient de cette proclamation « protectrice,
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disaient-ils, du commerce des Echelles. »Ce sacrifice des directions île Canning k ses devoirs et aux interets du pays qui, dans cette circonstance, étaient évidemment identiques, lut, nous sommes fondés à le déclarer, l’un des plus pénibles que la politique ait jamais exigés de lui, et dut coûter Je plus à son amour-propre , à raison de ses opinions bien connues de toute l'Europe 3 sur le droit de la Grèce h s'affranchir de la domination ottomane* On ne peut nier néanmoins, de quelque prétexte qu'ait été coloré J acte par lequel les deux baiimens destinés pour la Grèce étaient retenus par F ordre du gouvernement dans les ports de la Grande-Bretagne, que cet acte, bien que commandé par la politique du moment, ne fui, en eflèt, contraire au droit de propriété, vainement réclamé par les armateurs* Les titres de ceux-ci furent même trouvés si justes , que des indemnités leur furent proposées; toutefois, dans cette circonstance, l'intérêt du commerce, loi suprême de l'Angleterre, ïemporta sur toute considération de justice j d'humanité, d'honneur; et ce fut à la Bourse que se décida encore une fois le sort de rQrient. Il faut l'avouer cependant: sans les résistances de 1 alliance du Nord, sans les défiances qui régnaient entre ses cabinets et l'absurde principe qui ne permettait pas à quelquesuns de ses chefs de voir , dans la généreuse insurrection des peuples de la Grèce contre une
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longue et insupportable oppression, autre chose quonc révolte contre 1 autorité légitime, tous ces obstacles eussent été dès lors facilement aplanis par J Angleterre , Comme ils 1 ont été deux ans plus tard; mais I.'influence des ennemis de Canning était encore très-puissante, et le commerce, aUfrmé par eux sur ses plus chers intérêts, comme il fa été plus récemment sur la question des céréales, fut, dans les al la ires de TOrient, I instrument docile dune faction, qu’il apprend tous les jours à mieux connaître, mais par laquelle il est à craindre qu’il se laisse abuser h cause de son adresse à flatter ses intérêts.
Canning passa presque tout le reste de Tannée 1825, à la campagne, où le travail de son département lui étaft régulièrement‘envoyé* 11 se rendait altcnuuiveulent de chez lui chez M. Huskisson; de chez ce dernier chez lord Liverpool, qui se montrait constamment Mêle au vieil attachement qu’il avait voué «à son ancien condisciple de Fulham ; et de chez lord Liverpool à Seaford, chez son ami M* EIlîs, où il était alors accompagné de sa famille* Dans un de ces voyages et a propos d’un événement auquel il était parfaitement étranger, Canning donna une nouvelle preuve de son excellent naturel et de cette bienveillance prévenante qu’il apportait dans tous ses rapports de société*
H venait dé Lewes a Sealord, lorsque sa voiture
endommagea le cabriolet du n commis voyageur; celui-ci s'adressa, dans cette dernière ville, au maître de l'hôtel deVEtoile, lequel avait fourni des chevaux et des postillons h Camiing, et hn demanda de faire faire les réparations nécessaires au cabriolet qui, en effet, avait beaucoup sGulferL Le maître delliôtel ayant refusé obstinément de satisfaire aux réclamations du commis voyageur, soutenant que ses postillons n étaient point en faute, ce commis ne savait plus comment obtenir justice, lorsqu’il s’avisa de se rendre a uprès de Canning, qui, après lavoir fort bien accueilli et non content de lui donner une lettre pour le maître de poste qu'il chargeait de faire réparer le cabriolet, voulut encore payer les frais de son voyage.
Cependant les traités avec les divers états des Amériques, dont Y Angleterre venait de reconnaître l'indépendance, allaient se succéder rapidement. Ces actes étaient le complément du système vraiment national, qui, depuis trois ans, distinguait la politique étrangère de la Grande - Bretagne et appelait, pour nous servir de la belle expression de Canning lui-même, un nouveau monde à F existence. Le 7 novembre 1825, les ratifications du traité conclu entre f Angleterre et Colombie, furent échangées par le secrétaire d’état des affaires étrangères et M. Hurtudo, ministre de cette république près la cour de Londres, et le 11 du même mois, ce
I) E G. CAMNI KG.
ministre, présenté au roi par Canning , fut parfaitement accueilli de ce prince, en même temps qu’un ministre anglais était accrédité près le gouvernement de la Colombie. Cet événement, qui n’était cependant que la conséquence toute naturelle d une reconnaissance précédemment accomplie, produisit une sensation nouvelle
dans le corps diplomatique, qui, aidé du seccfurs de la (action oligarchique dont la haine contrn^ . Canning commençait à se montrer h découvert yc,C>' : 1 n’avait pas encore perdu un faible reste d’e/j^r -t o ,, de forcer le secrétaire d’état des affaires jttr^ngères à modifier son système, si ce n’étaic^rTé*’
changer tout-à-fait