‹ Histoire du Montréal, 1640-1672 [microforme]Chapitre 26 sur 27 · D TONER CE PTE TN STAR EE EU · texte numérisé non relu

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tin ne fut que de quelques citrouilles fricassées avec de la graisse et que nous trouvâmes bonnes ; aussi sont-elles excellentes en ce pays et ne peuvent entrer en comparaison avec celles de l’Europe, même on peut dire que c’est leur faire tort que de leur donner le nom de citrouilles ; il y en a d’une très-grande quantité de figures, et aucune n’a quasi rapport avec celles de France, même il y ena de si dures qu’il faut avoir des haches lorsqu'elles ne sont pas cuites et qu'on les veut ouvrir, toutes ont'des noms différents. Un pauvre homme, n'ayant rien de quoi nous donner, fut tout le long du jour à la pêche afin de nous attraper quelque chose, et n’attrapant qu’un petit brocheton nous le présenta tout déconforté et confus de n'avoir que cela à nous donner: il n’y a rien qui soit plus capable de mortifier un [roquois que quand il voit arriver quelque étranger dans son pays et qu’il n’a rien de quoi leur présenter, ils sont fort hospitaliers et vont très-souvent convier ceux qui arrivent à leur na!‘ion de venir loger chez eux. Il est vrai que depuis qu'ils hantent les Européens ils commencent à se comporter d’une autre façon. Mais voyant que les Anglais et Flamands leur vendent tout jusqu’à un homme, ils les aiment moins que les Français qui ordinairement leur font présent de pain et autres petites choses quand ils vont chez eux. On ne peut pas être reçu avec plus d'amitié que nous reçurent ces barbares, chacun fit ce qu’il put, jusqu’à une bonne vieille qui par grand régale, jetta un peu de sel dans une sagamité ou bouillie au bled-d'Inde qu’elle nous faisait. Après avoir un peu respiré l'air de ce pays, nous délibérâmes, M. de Fénélon et moi, ce que nous avions à faire sur le sujet de la religion, nous convinmes pour cela de nous adresser au chef dn village appelé Robhiario, iequel nous avaii obligé d'aller en son pays ensuite de quoi nous lui allâmes.....…. qu'il savait assez qu’il nous était venu chercher afin de les instruire, que nous n’étions venu que pour cela, qu’il commencerait à nous aider dans ce dessein, qu'il avertit dans son village un chacun d'envoyer ses enfants dans notre cabane afin d’être enseignés, ce qu'ayant réussi comme nous l’avions désiré, quelque temps après, nous priâmes le même sauvage de trouver bon et de faire agréer à sa nation que nous baptisassions leurs enfants ; à cela ce vieillard répondit : ‘ On dit que le lavement d’eau (c'est ainsi qu’ils appelent le baptème) fait mourir les enfants; si tu baptises et qu’ils meurent on dira que tu est un Andastogueronon, (qui sont leurs ennemis,) lequel est venu dans notre village pour nous détruire.” Ne crains rien, répondisje, ce sont des mal avisés qui ont dit que le baptème tuait les enfants, car nous autres Français nous sommes tous baptisés et sans cela, nous n'irions pas au ciel, et pourtant tu sais bien que

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ous sommes en grand nombre! Alors il nous dit : ‘ Fais comme tu voudras, tu es le maître” Nous assignâmes donc le jour que nous devions conférer ce grand sacrement où plusieurs adultes se trouvèrent et nous baptisâmes environ 50 petits enfants dont la fille du Roharia. qui est une qui fut la première et s'appela Marie, mettant ainsi nos premiers sous la protection de la Sainte Vierge; ce qui est à remarquer c’est que n'étant mort aucun de ces 50 premiers baptisés, ils n’ont plus eu de peine contre le saint Baptème, encore qu’il soit mort depuis plusieurs autres enfants après le saint Baptème. Le printemps en 1669 M. de Fénélon étant descendu au Montréal pour la consultation des difficultés qu'il eut dans le voyage, où il traina lui-même son canot tant qu’en montant qu’en descendant au milieu des plus furieux rapides, il baptisa un enfant qui mourut tout après ce qui le réjouit beaucoup au milieu de ses peines qui sont si grandes qu'on ne serait pas cru si on osait les rapporter, puisque en quantité d’endroits et très souvent l’on monte des eaux plus impétueuses que la descente d'un moulin, y étant parfois jusque sous les esselles, marchant nu-pieds sur des pierres fort coupantes dont la plupart de ces eaux sont parées. M. de Fénélon, revenant du Montréal, emmena avec lui un autre missionnaire qui fut M. d'Urfé ensuite étant arrivé, il s’en alla hiverner dans le village de Gandatsetiagon, peuplé de Sinnontouans détachés, lesquels étaient venus à la côte du Nord dont nous avons le soin ; ces gens nous ayant demandés pour les aller instruire furent ravis quand on leur accorda cette grâce sitôt après l'avoir demandée, quant à nous, ayant été obligés d’aller avec les sauvages dans les bois pour nous tirer de la nécessité des vivres dans laquelle nous étions à cause que notre établissement était nouveau, je tombai par une providence singulière dans le chemin de quelques sauvages qui étaient passès il y a déjà un peu de temps, mais nous fûmes un soir surpris, nous voyant arrivé dans un lieu où il y avait de la fumée, c'étaient les mêmes sauvages sur la piste desquels nous marchions parmi les neiges; approchant de plus près, nous vimes quelques branches d'arbre de.…..desquelles sortait un peu de fumée; c'était une pauvre Iroquoise laquelle avait accouché de deux enfants lesquels étaient cachés sous ce méchant cabannage avec quelques autres; alors son mari en s'éveillant me dit: ‘ Viens voir, robe noire, elle a accouché de trois enfants” Ces pauvres gens étaient réduits dans la dernière nécessité, car ils n'avaient aucunes vivres et ils ne subsistaient que par le moyen de quelques porcs-épics qu'ils tuaient et qu’ils mangeaient, tout n’était pas capable de rassassier deux quoiqu’ils fussent plus de neuf ou dix. Voyant cette pauvre femme, j'en fus d'autant plus

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