AVIS AU PUBLIC
»> Le banquier de la nouvelle doctrine (M. Drummond) n'ayant plus beaucoup de temps à rester ici, invite les personnes qui voudront bien penser comme lui ou St. Alhanase, à se hâter de le faire et de se présenter chez lui, pour y recevoir la table, le logement et un traitement honorable qui pourra même être porté jusqu'à 10 louis par mois, selon le caractère de l'aspirant. On n'exige d'autres conditions que de dire en entrant, et de répéter ensuite à tout propos : Il ij a 5821 ans que je pèche; du reste, les occupations sont fort peu de chose, puisqu'il ne s'agit que d'écrire de minces brochures, en qualité de copiste, traducteur, compilateur ou compositeur selon l'occurence. Pour cela, il n'est besoin que d'une certaine dose d'imagination ; la logique et le jugement seraient superflus et même nuisibles; mais quant à l'art d'écrire, on est bien prévenu que le goût et le style du XVe siècle sont de rigueur. La société qu'on y trouvera peut offrir beaucoup d'agrément, si on sait l'apprécier,
les jeunes théologiens qui participaient au réveil à se constituer en église séparée *. Cependant, il est à croire que l'action seule de cet homme pieux autant que généreux aurait été inefficace, s'il n'y avait pas eu alors des motifs plus puissants de séparation. M. Bost, l'historien naturel de ces temps et de la nouvelle église, affirme, en effet, que celte grave détermination ne fut point due aux instigations des étrangers, ni d'un individu en particulier. Peut-être les sentiments pénibles que nourrissaitle doyen Curtat furent-ils encore augmentés par la vue des résultats qu'amenait, dans le sein de l'église de Genève elle-même, la mesure souveraine prise parla vénérable compagnie; mesure qui, il faut le dire, excita un vrai scandale dans les églises de France, de Suisse et d'Allemagne.