CHAPITRE PREMIER
Les origines du monde moderne.
Les nations chrétiennes du moyen âge sont sorties d'une formation laborieuse qui, datant des premières migrations des races européennes, ne s'achève que sous Charlemagne. C'est durant cette période que s*est opérée la fusion des trois éléments de notre civilisation moderne. A la base de celle-ci, en effet, on constate un élément national^ ici germanique, là celtique, ailleurs slave. Sur ce fond primitif et persistant, vint se superposer un élément romain, qui s'est répandu et chez les peuples qui durent subir la domination de Rome, tels que les Gaulois, et chez les peuples qui renversèrent cette domination, tels que les Germains. Enfin le christianisme, adopté plus tôt par les uns, plus tard par les autres, leur a donné à tous cette supériorité religieuse et morale qui les distingue des peuples les plus célèbres et les plus intelligents de l'antiquité. Ces trois éléments, origines nationales, — civilisation romaine, — christianisme, il faut les reprendre à leur point de départ et définir leurs caractères respectifs à la veille des grandes invasions qui allaient les mettre en présence dans toutes les contrées de l'Europe.
TABLEAU SYNOPTIQUE DBS LANGUES BT DBS RAGBS DB L'BUROPB.
A. — LaNOUBS PRâ-EUROPâBNNBS«
NoDS y rangeons certaines langues irréductibles, c'est-à-dire ne se rattacbant à aacun groupe de langues reconnu pai' la science actuelle ; ce sont, parmi les langues vivante?^ le basque^ et, parmi les langues mortes, Vétrusque; on peut y voir un débris de groapes linguistiques dont les autres représentants ont disparu. Les Aquitetins, les LigureSy les IbéreSf dont les langues sont perdues, en fesaient peut-âtre partie.
B. — Langues européennes (souche Indo-germanlqae)
Groupe méditerranéen
Groqpe continental
Langues classiques Langues incultes