Jahja II
*) Dans ces conditions, une supposition d'enfant était possible et n'a pas manqué d'être affirmée par les adversaires des Alites. Ibn Kaldoun, Prolégomènes l, p. 46.
porter en souverain indépendant dès qu'il se fut assuré de l'attachement de ses administrés. Son second fils, Ziadet Allah (Â"^ 817), profita de la situation avantageuse du littoral de ses possessions pour construire une flotte et commença la conquête des îles de la Méditerranée. La Corse, la Sardaigne furent cruellement ravagées. Mais Teffort principal de ses armes porta sur la Sicile. La guerre fut longue ^t avec des alternatives de succès et de revers. Pendant quelque temps la Sicile demeura partagée entre les Sarrasins, maîtres de Palerme (A** 831), et les Byzantins, qui conservaient Syracuse. En même temps le littoral voisin de ritalie était entamé, et sur la fin de son règne« Mohamed institua, pour administrer ses conquêtes, deux Walis, établis Tun dans Tîle, l'autre sur la Terre- ITerme (A"* 870). Enfin, en 878. Syracuse fut emportée à son tour*, et la Sicile entière devint musulmane, malgré les efforts que firent les Byzantins pour reprendre cette possession capitale (A** 902) *. Cette dynastie des Aglabites fut supplantée dans la suite par une troisième dynastie africaine, celle des Fatimides.
Mais la Sicile ne fit que changer de maître. Ni les séditions des populations chrétiennes, ni les tentatives réitérées des empereurs de Constantinople nont réussi à l'arracher au joug musulman. Sa délivrance est réservée au siècle suivant : ce sera l'œuvre d'une poignée de chevaliers français de la Normandie.
Les Fatimides Jusqu'à la fondation du califat du Caire.
Ea Afrique, pas plus qu'en Sicile, la domination des Aglabites ne fut paisible : les Berbers d'un côté, lej sectes
^) Théodose le Moine, De syracusana expugnaiione, 2j Theophanes continuait^ VI, 18.
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religieuses, de Vautre, ne cessèrent d y provoquer des séditions suivies de sanglantes répressions. Le prophète de la secte particulièrement nombreuse des Ismaéliens, partisans de rimam clandestin, profita du dégoût populaire contre le dernier des Âglabites, coupable de parricide, pour ramener de TAsie un soi-disant descendant de Timam Ismaël, Obeid Allah, et le présenter comme le vrai Mahdi ou Messie attendu depuis longtemps (A"* 910). L'imposture réussit. Obeid Allah fut reconnu comme le descendant légitime de Mahomet par sa fille Fatime, doù le nom de Fatimide donné à celte nouvelle dynastie. Néanmoins une brouille éclata entre le Messie et son prophète, dont un meurtre eut raison, et il ne resta plus au prétendant qu'à recourir aux moyens ordinaires, au glaive et à l'oppression, pour prendre et garder le pouvoir. L'une de ses premières mesures, ce fut la fondation d'une ville nouvelle, Madhijeh ou la ville du Mahdi, dans une forte position sur la mer, pour se mettre à l'abri de toute entreprise ultérieure de ses ennemis (A** 918). Il légua sa domination ainsi consolidée à son fils Alkaïm (A** 934), qui l'agrandit à l'ouest en conquérant sur les Edrisites Fez, leur capitale (A 935).
Mais l'objectif principal des Fatimides était à Test, la riche vallée du Nil, qui était occupée alors par la dynastie des Ikshides, successeurs des Toulounides. Déjà trois armées envoyées contre ceux-ci avaient échoué. Enfin, sous le quatrième des Fatimides, Almoez (A^ 952), ses généraux achevèrent cette belle conquête. A côté de Fostat, une nouvelle ville, le Caire, fut bâtie et devint la résidence des Fatimides, ainsi que l'un des centres religieux et intellectuels du monde musulman (A** 971). Avant de mourir, Almoez eut en outre la satisfaction d'être reconnu comme vicaire du prophète dans les villes saintes, Médine et la Mecque, en sorte que les Abbassides, après avoir perdu leur pouvoir temporel, ont vu leur pouvoir spiintuel contesté au cœur de l'islamisme.