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III. LA FRANCE FÉODALE

Principaux états féodaux de la France sous la troisième race. — Leur position et leur importance relative. — Leur réunion successive.

Lorsque Hugues Capet monta sur le trône, il était maître du duché de France, capitale Paris, et du comté d'Orléans, capitale Orléans, ville principale Etampes. Il les réunit aux villes royales de Laon , de Compiègne et d'Abbeville, qui formaient alors tout le domaine de la couronne.

Les principaux fiefs qui relevaient du duché de France , étaient les comtés de Yalois , de Dammarlin , de Meulan , de Corbeil, de Gatinais, de Dreux, de Yexin , de Chartres . de Rlois, de Tours, de Meaux, de Vendôme, de Maine et d'Anjou; la vicomte de Bourges; les baronnies de Monlmorenci, de Couci , de Montforl-l'Amauri, et les sireries de Bourbon, de Beaugenci, de Montlbéri et du Puisct.

Le Yalois fut réuni au Yermandois par mariage, en 1077.

Le comté de Dammarlin, confisqué par saint Louis en 12o8, puis rendu à la famille, fut vendu par elle à la maison de Mmtmorenci. Ricbelieu le confisqua de nou-

veau eu 1032 ; il fut presque aussitôt donné à la maison Je Coudé, qui Ta possédé jusqu'en 1789.

Le comté de Meulan revint à la couronne par déshérence en 1204.

Le comté de Corbeil fut enlevé en 1 1 1:2 au seigneur du Puiset, dont Louis le Gros anéantit la puissance.

Le Gàtinais, capitale Châieau-Landon, fut cédé au roi en llJG't, par le descendant de sescomles, Foulques le Réchin, qui venait d'hériter (1067) du comté d'Anjou.

Le comté de Dreux, que se disputèrent en 999, le duc de Normandie et le comte de Chartres, resta au premier des deux princes.

Le Vexin français, capitale Pontoise, dont le comte posséda momentanément, en 987, Amiens, Dreux et le Valois' revint par déshérence à Philippe Ier, en 1082.

Les comtés de Chartres , de Blois et de Tours , étaient réunis sous le même prince. En 1019, Eudes II hérita des comtés de Troyes et de Meaux, et commença la maison de Champagne; mais en 1044, Thibault IV, son successeur, perdit Tours, que lui enleva le comte d'Anjou.

Le comté de Vendôme entra par mariage dans la maison de Bourbon, en 1371.

Le Maine fut la dot de la comtesse Sibylle, qui épousa Foulques V d'Anjou en 1 1 10.

L'Anjou devint province d'Angleterre en 1154 , et fut réuni à la couronne en 1203.

La vicomte de Bourges fut achetée par Philippe Ier en

La baronnie de Montmorenci ne finit qu'en 1789. Celle de Couci fut achetée, en 1400, par l'aïeul de Louis XII. Celle de Montfort-i'Amauri entra par mariage dans ia maison de Bretagne, vers le milieu du XIIIe siècle.

La sirerie de Montlhéri revint à Louis le Gros par déshérence, en 1 1 18; et celle de Beaugenci fut achetée par Philippe le Bel en 1292.

La sirerie de Bourbon fut portée par Béatrix à Bohert de Clermont, Gis de saint Louis, en 1283, et réunie ù la couronne en 1327.

On préciserait difficilement les grands fiefs qui relevaient directement de la couronne en 987. Sous les premiers successeurs de Hugues Capet, ils sont au nombre de six, savoir le duché de Normandie , le comté de Flandre, le comté de Vermandois, le duché de Bourgogne, le duché d'Aqui taine. et le comté de Toulouse.

Le duché de Normandie, capitale Rouen, était situé entre l'Epte, la Manche, le Couesnon et la Bresle. La postérité de Rollon conquit l'Angleterre en 1066. Le mariage de M;i thilde avec Geofïïoi Planlagenêt, et celui de Henri II, leur fils, avec Eléonore de Guyenne, donnèrent aux Anglais plus de provinces françaises que n'en possédaient les Capétiens. Mais Philippe Auguste leur enleva la Normandie et les p,iyvoisins qu'il réunit, en 1204, à la couronne. Charles V et Charles Vil les chassèrent plus lard du midi. En 1468, la Guyenne entra définitivement dans le domaine royal.

Le seul fief important , outre la Bretagne, qui relevât des ducs de Normandie, était le comté du Perche, qui revint à la couronne par déshérence, en 1220. Une branche cadette en avait détaché, l'an 1028, le comté d'Alençon, que Philippe Auguste acheta en 1221 .

La famille ducale produisit aussi deux brandies qui firent souche à leur tour. Les comtes d'Evreux commencèrent, en 081), par un fds de Richard l", et finirent avec Amaury IV de Monlfort, qui vendit Evreux, en 1200, à Philippe Auguste. Les comtes d'Eu commencèrent, en 006, par un fils naturel du même Richard. Leur dernier descendant périt en 1330, et le comté fut donné par Jean à la famille fie Robert d'Artois.

Le duché de Bretagne, capitale Rennes, qui avait prétendu conserver son indépendance sous les premiers Carlovingiens, était devenu, en partie par le traité de Saint- Clair sur Epte, en partie par les victoires de Guillaume Longue-Épée et de Richard I", un fief de la Normandie. Il avait pour limites la Loire au sud, l'Anjou et la Normandie à lest. Le mariage de Claude de France, tille de Louis XII, avec François 1er, cimenta la réunion de la Bretagne à la couronne , déjà commencée par le mariage de la duchesse Anne avec Charles VIII et avec Louis XII.

En 087, le pays était partagé entre les comtes de Renne*, de Vannes et Nantes, de Cornouailles, de Léon, de Porhoël. de Gouello, et la baronnie de Fougères.

Les comtes de Nantes descendaient des anciens comtes de Poher, qui avaient acquis Nantes et Vannes en 030. Leur héritage passa par succession, en 1031, à Hoël V, comte de Cornouailles, et le fils d'Hoël, Alain Fergent, conquit Bennes en 1084.

Le comté de Léon, capitale Landerneau, fut acheté en partie par les ducs de Bretagne à la fin du XIIIe siècle, et le reste passa dans la maison de Rohan.

Le comté de Porhoët formait l'héritage de cette maison

qui avait pour devise : Roi ne puis, duc ne daigne, Rohan je suis.

Le comlé de Gouello, capitale Guingarap, entra par mariage, vers 11 30, dans la famille de Penthièvre, issue, en 1008, des ducs de Bretagne. Les fiefs de cette branche cadette furent réunis au duché pour félonie en 1133.

La baronnie de Fougères, confisquée par Philippe le Bel en 1307, sur la maison de Lusignan, fut rachetée par le duc de Bretagne, François Ier, en 1428.

Le comté de Flandre s'étendait des bouches de l'Escaut jusqu'à Boulogne à l'ouest, et jusqu'à Cambrai à l'est. La capitale était Bruges; les villes principales, Gand, CourtraL Tournai, Thérouane, Calais et Arras. Les comtés de Boulogne, de Guines et de Hainaut étaient les seuls fiefs indépendants. Les comtés d'Artois et de St-Pol appartenaient, en 987, aux comtes de Flandres, et ne furent démembrés que dans la suite.

Le comté de Boulogne, capitale Boulogne, était possédé par une branche des comtes de Flandre. L'unique héritière épousa, en 121G, Philippe Hurepel, dont la postérité transmit le fief, en 12ol, à la famille des comtes d'Auvergne.

Le comté de Guines, capitale Guines, fondé par un chef danois, fut porté par mariage, à la fin du XIIIe siècle, dans la maison des comtes d'Eu.

Le Hainaut , déjà conquis en partie par les comtes de Flandre, fut entièrement réuni, en 1051, par Baudouin VI. qui épousa l'héritière du comlé. Un partage entre les fils de Baudouin VI sépara de nouveau le Hainaut et la Flandre; mais en 1191, Baudouin VIII, comte de Hainaut, devint aussi comte de Flandre, par son mariage avec Marguerite. Une autre Marguerite porta le Hainaut, en 1236, à Jean d'Avesnes, dont l'héritière , Jacqueline de Hainaut, céda le comlé au duc de Bourgogne, Philippe-Ie-Bon.

Le comté d'Artois fut détaché de la Flandre en 1 ISO et donné à Philippe Auguste, comme dot d'Elisabeth de Hainaut, nièce du comte de Flandre. Il devint l'apanage de Bobert,undes frères de saint Louis. Philippe le Long le posséda par mariage, et sa seconde fille le fit rentrer dans la maison des comtes de Flandre, d'où il passa enfin à la seconde famille de Bourgogne.

Le comté de St-Pol ne devint héréditaire que dans le XIe siècle et fut confisqué par Louis XI, sur la maison de Luxembourg en 1 17 i; mais Charles VIII le rendit à Marie de Luxembourg, qui le porta dans la maison de Bourbon- Vendôme Le comté subsistait encore en 1789.

Le comté de Vermandois, capitale Saint-Quentin, villes principales Péronne , Ham, Château-Thierry, Amiens, Soissons, Béarnais, Reims, Noyon, Châlons-sur-Marne, Troyes, avait pour limites la Flandre au nord, lTle -de-France à l'ouest, la Bourgogne au midi, et la Meuse à Test. C'était, en 987, l'un des tiefs les plus importants; mais en 1030 la postérité directe d'Herbert s'éteignit, et son héritage fui recueilli par Eudes, comte de Blois, qui commença la maison de Champagne. Il y avait eu déjà plusieurs démembrements sous l'ancienne famille; il y en eut d'autres sous la nouvelle. Les possessions d'Herbert se divisèrent entre les deux provinces de Champagne et de Picardie.

La Picardie comprit les comtés de Soissons , de Vermandois, d'Amiens, de Ponthieu, de Beauvais, deClermont et de Senlis. Dès l'an 987, les comtés d'Amiens , de Beauvais et de Senlis relevaient directement de la couronne.

Le comté de Soissons passa de la maison de Vermandois à la maison de Normandie en 1038, puis à la maison de Nesle en H 40, puis aux maisons de Hainaut, deChâtillon , de Couci, et fut enfin vendu au duc d'Orléans en 1400.

Le comté de Vermandois entra dans la maison de Fran.^ . par le mariage d'Adèle avec un frère de Philippe 1er. Eléonore, unique héritière de celte seconde famille, le vendit à Philippe-Auguste, en 1214.

Le comté d'Amiens fut conquis, en 1117, par Louis le Cros sur le seigneur de Couci.

Le comté de Ponthieu, capitale Abbeville, situé entre la Canche et la Somme, fut possédé par Edouard Ier, du chef de sa femme Eléonore,et conquis sur sa postérité en 1369. Le comté de Beauvais passa, par mariage, de la maison de Vermandois aux comtes de Blois et de Chartres. Le dernier héritier était à la fois évêque et comte de Beauvais. Les évoques jouirent depuis cette époque (1015) delà double autorité; mais la ville se gouverna en commune dès 1099.

Le comté de Clermont fut successivement acquis par Philippe Auguste et par saint Louis, qui en firent un apanage.

Le comté de Senlis , indépendant en 987, fut réuni en 1077 au comté de Vermandois.

La Champagne, capitale Troyes, villes principales Meaux, Provins, Vilry en Perlhois, était située entre la Meuse à l'est, la Bourgogne au sud, l'Yonne et l'Ile-de-France à l'ouest, et la Picardie au nord. Ce comté-pairie fut réuni à la couronne en 128i. par le mariage de Philippe le Bel

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avec l'héritière des comtes de Champagne, devenus rois de .Navarre.

Ces principaux fiefs de la Champagne étaient le comté de Rouci , mii se perpétua jusqu'en 1789 dans les maisons de Sàarbruk, de Roye et de LaRocbefoucault; le comté de lihétel, qu'un mariage contracté en 1277 donna en 1200 à la maison de Flandre; le comté de Bar-sur-Seine, vendu à Thibault le Grand vers 1223; le comté de Sens, réuni à la couronne en lOoo; le comté de Grandpré, qui passa en 1 l'.iO dans la maison de Joyeuse, où il resta jusqu'à la révolution; la seigneurie de Château-Thierry, que la maison de Champagne acquit par un mariage au XIe siècle, et le comté de Brienne , qui subsista jusqu'en 1789. A lieims, à Langres et à Chàlons, la puissance temporelle était réunie au pouvoir religieux.

Le duché de Bourgogne, capitale Dijon, villes principales Autun, Avalon, possédé par un frère de Hugues Capet, avait pour limites la Loire à l'ouest, depuis Nevers, et la Saône à Test, depuis sa source jusqu'à Lyon exclusivement. On y trouvait les comtés de Dijon, de Bourgogne, de Chalonsur-Saône, de Màcon, deXevers, de Tonnerre, de Semur, de Forez et de Beaujolais. Le duché revint, en 1001, au roi Robert, et Henri Ier le donna en apanage à son frère Robert H, dont la postérité le conserva jusqu'en 1361. Une nouvelle famille commença, en 15Gi, avec Philippe le Hardi. A la mort de Charles le Téméraire, en H77, le duché fut définitivement réuni à la couronne.

Le comté de Dijon, possédé par une branche de la maison de Chàlon, fit retour au duché en 1082.

Le comté de Bourgogne ou Franche-Comté, capitale Besançon, appartenait, en 987, à Otte-Guillaume, qui s'empara du comté de Màcon en 99o, mais qui disputa en vain ie duché au roi de France. Ses descendants se partagèrent, en 108o, son héritage. Le comté de Màcon l'ut vendu à saint Louis, en 1239, par l'héritière de la branche cadette Le comté de Bourgogne échut par mariage, en loi 5, à Philippe le Long. La première fille de ce prince épousa Eudes 111 de Bourgogne, dont elle n'eut pas d'enfants. La seconde porta alors le comté au comte de Flaudre, en

Le comté de Chalon-sur-Saône, capitale Chàlon, ville principale Beaune, fut vendu, en 1257, au duc de Bourgogne, qui donna en échange la sirène de Salins. Celte ville avait été bâtie en 920 par un comte de Màcon , et vendue, eu 122i, à la Bourgogne. Le fils de celui à qui elle

l'ut cédée épousa l'héritière de la Franche-Comté, el réunit, en 1267, Salins à celle province.

Les comtés de Nevers el d'Auxerre, réunis en 987, étaient possédés par une branche de la maison de Bourgogne, qui eut encore Tonnerre en 1065 par héritage et donation. Les trois fdles de Mahaut II se partagèrent les trois villes en 1200. Yolande épousa, en 1277, le comte de Flandre, à qui elle porla en dot le comlé de Nevers. Alix, comtesse d'Auxerre, transmit (1268) ses domaines aux enfants qu'elle eut de Jean de Chàlon. Marguerite, comtesse de Tonnerre, n'eut point de postérité et légua Tonnerre au fils d'Alix. Un descendant vendit Auxerre, en 1370, à Charles V, et ne conserva que Tonnerre, qui eut des comtes de la même famille jusqu'à la révolution.

Le comté de Semur retourna par déshérence, vers 1262, au duché de Bourgogne.

Les barons de Beaujolais acquirent Bombes el Montpensier, et finirent avec Edouard II, qui légua ses états à Louis Il de Bourbon, en 1400.

Dix-huit ans auparavant, le même Louis de Bourbon avait hérité du Forez, par son mariage avec Anne d'Auvergne.

Lyon appartenait au royaume de Bourgogne et était gouvernée par son archevêque. Celte ville fut réunie à la couronne par Philippe le Bel, en 1312. Les comtes de Forez avaient été aussi comtes de Lyon.

Le duché d'Aquitaine et de Guyenne était borné au nord par la Loire et le Cher, à l'est par l'Aliier,el au midi par la Caroline. En 987, la capitale était Poitiers : car Bordeaux n'appartint qu'en 1038 aux ducs d'Aquitaine, qui achetèrent en même temps Agen. Le duché comprenait les comtés de Poitou, de Saintonge, de la .Marche, de Périgueux, d'An goulème, d'Auvergne, de Limoges, elles vicomtes de Thouars el de Turenne. Les ducs d'Aquiiaine possédaient directement le comlé de Poitou , capitale Poitiers ; le comté de Saintonge el d'Aunis, capitales Saintes ej. la Rochelle; et une partie du comté de Limoges. Ce sont les pays qu'Eléonore apporta en dot (1152) aux Plantagenèis. Le Poitou fut conquis par Philippe Auguste. Le reste de l'Aquitaine fut enlevé aux Anglais en 1 153>

La Marche se divisait en haute Marche, capitale le Dorât, el en basse Marche, capitale Guéret, ville principale Bellac. Depuis 980, le comte de la liante Marche possédait aussi le Périgord , capitale Périgueux, qu'il avait hérité de son frère. Les deux derniers comtes furent poursuivis pour

crimes par Charles V et par Charles VI, et leurs domaines lurent confisqués en 1399. Le Périgord fut donné à la maison d'Orléans, qui le vendit, en 1437, à Jean de Bretagne, et Françoise d'Avaugour, nièce de ce prince, le porta en 1470 à la maison d'Albret.

Un descendant des comtes de la basse Marche réunit par mariage, en 1217, le comté d'Angoulème. La maison de Lusignan hérita des deux comtés par les femmes et devint encore maîtresse de Fougères vers 1260. Gui de Lusignan s'étant rendu coupable de félonie, Philippe le Bel confisqua tous ses biens en 1308.

L'Auvergne se divisa, en 1153, en comté d'Auvergne, capitale Clermont, et en Dauphiné d'Auvergne, capitale Issoire. Le comté, devenu fief immédiat vers 1105, passa dans les maisons de Bourgogne, de La Tour-d'Auvergne et deMédicis. Catherine de Médicis l'apporta en dot à Henri IL Marguerite de Valois, leur fille, en fit don à Louis XIII, qui l'unit à la couronne en 1615.

Le Dauphiné d'Auvergne entra par mariage, en 1428, dans la famille des Bourbon-Montpensier. Louise de Savoie l'enleva au connétable, et François I"le réunit à la couronne en 1551.

La vicomte de Limoges fut possédée par une branche de la maison ducale de Bretagne en 1277, et par la maison d'Albret en 1470, Alain d'Albret ayant épousé Françoise d'Avaugour, héritière unique.

La vicomte de Thouars s'agrandit du comté de Dreux, par mariage, vers 1345, et fut vendue à Charles Y en 1377. La vicomte de Turenne appartint successivement à plusieurs maisons, et enfin à celle de La Tour. Henri de Turenne devint duc de Bouillon et prince de Sedan en 1591, par son mariage avec Charlotte de La Marck. Un de ses descendants vendit Turenne à Louis XV en 1738.

De l'Aquitaine relevait la Gascogne, bornée au nord par la Garonne, au midi par les Pyrénées, à Test par la Garonne et le comté de Toulouse. C'était un duché indépendant sous Hugues Capet, et que les descendants d'IIunauld et de Loup vendirent, en 1052, au comte de Poitiers. Les fiefs qui en dépendaient, étaient les comtés de Comminges, de Bigorre, de Fesenzac, d"Armagnac, d'Aslarac, et les vicomtes de Béarn et de Lectoure. En 987, les comtés de Fesenzac, d'Armagnac, d'Aslarac, de Béarn et de Bigorre étaient indépendants sous des branches de la famille ducale. Le comté de Pardiac et la sirerie d'Albret lurent aussi des démembre-

menls du duché, niais postérieurs à l'avénemcnt de Hugues Capet.

Le comté de Comminges , capitale Saint-Bertrand de Commiuges , fut légué à Charles VII , en 1 i 13 , par Marguerite , unique héritière des deux pays. Mais Louis XI le donna à une branche bâtarde de la famille d'Armagnac, qui le posséda jusqu'en 1498.

Le comté de Bigorre, capitale ïarbes, que plusieurs héritiers se disputaient en 1292, fut mis en séquestre aux mains de Philippe le Bel, et adjugé par lui à la famille de Béarn, dont les droits lui parurent légitimes. Cette famille n'en eut la paisible jouissance (pie l'an 1 125.

Le comté de Fésenzac, capitale Auch, et la vicomte de Lectoure ou de Lomagne, capitale Lectoure , entrèrent dans la maison d'Armagnac, le premier par déshérence enlliO, et l'autre par mariage, en 1511.

Le comté d'Armagnac, capitale Nogaro, et plus tard Auch, fut conquis en 1473 par Louis XI, qui accusait avec raison Jean V de félonie. Charles VIII le rendit au neveu de JeanV; puis il passa par les femmes au duc d'Alençon, beaufrère de François Ier. Le duc d'Alençon étant mort sans postérité , sa veuve épousa en secondes noces Henri d'Albret, auquel elle transmit le comté.

Le comté d'Astarac, capitale Mirande, bâtie en 1289, échut en loi 1 à Marthe, qui épousa Gaston de Foix-Candale. II passa successivement dans les maisons d'Epernon et de Iïohan-Nogaret.

Le Béarn, capitale Morlas , et plus tard Pau, entra par mariage, en 1290, dans la maison de Foix.

Le comté de Pardiac, capitale Montlezun, démembrement de l'Astarac, fut réuni au comté d'Armagnac en 1 102, et à la couronne en 1477 après la mort du duc de Nemours.

La sirerie d'Albret , capitale Nérac, appartenait dès l'an 758 à une branche des comtes de Bigorre. Jean d'Albret épousa, en loOO, Catherine de Foix, reine de Navarre. Son lils Henri Ier, beau-frère de François Ier, reçut de ce prince les domaines de la maison d'Armagnac. Jeanne, qui lui succéda en looo, avait épousé Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. Henri IV, issu de ce mariage, devint roi de Navarre en 1572. Il réunit tous ces domaines à la couronne, lorsqu'il eut succédé à Henri III en 1589.

Le comté de Toulouse, capitale Toulouse, était compris entre l'Ariége, la Haute-Garonne, le Lot , le Gard et la Méditerranée. Il fut réuni à la couronne en 1271, à la mort d'Alphonse de Poitiers, qui avait épousé Jeanne de Tou-

buse. Les principaux fiefs qui en relevaient étaient les comtés d'Albi, de Querci, de Kouergue, de Carcassonne, de Rasez, de Conscrans , de Foix, de Maguelone ou de Melgueil ; les vicomtes de Narbonne, de Lodève, de Gévaudan , dé .Mines, et la baronnie de .Montpellier.

Les comtés d'Albi, capitale Albi, et de Querci, capitale Cahors, appartenaient en 987 aux comtes de Toulouse.

Le comté de Rouergue, capitale Rodez, possédé dès 918 par une branche cadette , fut réuni au comté de Toulouse en 1088; mais Rodez fut presque aussitôt vendue (1096) aux comtes de Lodève.

Le comté de Carcassonne, capitale Carcassonne, villes principales Agde etRéziers, le comté de Rasez , capitale Limoux, le comté de Conserans, capitale Conserans , et le comté de Foix , capitale Foix , reconnaissaient, en 987 , la même autorité. La branche principale de la famille périt dans la guerre des albigeois. Le dernier rejeton mourut dans l'expédition d'Egypte, et fit saint Louis son héritier.

Une autre branche s'était détachée en 1012, et avait fait souche d'une part au comté de Rigorre, de l'autre au comté de Foix. La maison de Foix acquit le Réarn par mariage, en 1299, et lu Navarre par succession, en 1479.

Un mariage rendit les comtes de Toulouse, en 1172, maîtres du comté de Maguelone ou de Melgueil, capitale Melgueil.

La vicomte de Gévaudan , capitale Monde , retourna aux comtes de Toulouse, et Raymond VII la céda à Louis IX par le traité de Meaux en 1229, ainsi que le comté de Melgueil.

La vicomte de Narbonne, fief de Févêché de ce. nom en 987, fut vendue aux comtes de Foix en 1447.

La vicomte de Lodève, villes principales Lodève et Cariât, passa par mariage dans la maison d'Armagnac en 1502.

La vicomte de Nîmes appartenait moitié au seigneur, moitié à Pévêque. Vers la fin du XIe siècle, elle passa à la maison des comtes de Carcassonne.

La baronnie de Montpellier passa en 120i dans la maison d'Aragon. Un prince de celte famille la vendit en 1Ô4M à Philippe de Valois.

Pour terminer la France féodale du Xe siècle, nommons le comté de Rarcelone, borné au sud par le Lobregat, dont relevaient les comtés de Roussillon, de Cerdagne, d'Urgel, de Besalu et de Girone. Quelques-unes de ces provinces furent momentanément possédées par des princes français; mais elles retournèrent ensuite à l'Espagne. Le lien vassalitique, de plus en plus faible, se dénoua, pour ainsi dire

de lui-même en 1258, avec le consentement de Louis IX. Mais le Houssillon et la Cerdagne furent conquis par Louis XIII, et cédés à la France par le traité des Pyrénées.

Au delà du Rhône s'étendaient la Provence et le pauphiné, qui faisaient partie du royaume d'Arles et qui relevaient de l'empire germanique.

La Provence, capitale Aix, avait pour fiefs principaux les comtés de Provence et de Forcalquier, le marquisat de Provence, le comtat Venaissin, la vicomte de Marseille et la principauté d'Orange.

Le comté de Provence devint la dot deBéatrix,qui épousa, en 1246, Charles d'Anjou.

Le comté de Forcalquier avait été réuni, en 1209, au comté de Provence par un mariage.

Le marquisat de Provence, dont Avignon fut d'abord la capitale, devint, par testament, la propriété de Raymond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse.

Le comtat Venaissin, abandonné au saint-siége lors de la guerre des albigeois , ne fut réuni à la France qu'en 1791.

La vicomte de Marseille fut vendue par parties aux consuls au commencement du XIIIe siècle.

La principauté d'Orange passa successivement dans les maisons de Baux, de Chàlon et de Nassau. A la mort de Guillaume III, Louis XIV la réunit à la couronne (1702) , faute d'hoirs mâles.

Les principaux fiefs du Dauphiné, capitale Grenoble, étaient les comtés de Vienne, d'Albon, de Valentinois et de Diois.

Le comté de Vienne fut vendu en 1200 par l'héritière delà famille, aux archevêques de Vienne.

Le comté d'Albon ne commence qu'au milieu du XIe siècle. Guignes VII prit le titre de dauphin de Viennois en 12"7. Humbcrt II le vendit au roi de France en 13-i3.

Le comté de Valentinois fut cédé par le dernier descendant de la famille au roi Charles Vil. qui s'en mit en possession l'an 1 423.

Le comlé de Diois tomba par déshérence aux comtes de Toulouse dès l'an 1 116, et ceux-ci en tirent don aux comtes de Valentinois en 11 89.

I. "Alsace et la Lorraine appartenaient à Fempire. La première fut acquise à la couronne par le traité de Westphalieen 1648, et la seconde en 1766, à la mort de Stanislas, ancien roi de Pologne.

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