‹ Histoire du palais épiscopal du QuébecChapitre 28 sur 33 · OBJETS DIGNES DE REMARQUE DANS LE PALAIS EPISCOPAL · texte numérisé non relu

OBJETS DIGNES DE REMARQUE DANS LE PALAIS EPISCOPAL

Chapelle

Il y a dans l’armoire aux reliques, une belle relique de la Vraie Croix, une de la Couronne d’épines, une de chacun des apôtres, et un grand nombre d’autres.

Il y a aussi dans cette même armoire du linge teint du sang du Vénérable François de Montmorency-Laval. C’est le frère Houssart qui trempa ces linges dans le sang du prélat, après qu’on eut fait l’autopsie du cadavre, et en envoya à sa famille en France, d’où il nous en est revenu un morceau par l’entremise de Monsieur Guy de Lévis, duc de Mirepoix, fils aîné de Charlotte de Montmorency-Laval

Sacristie

Rochet de Mgr de Laval. Il n’y a que la dentelle qui remonte à cette époque. C’est une dentelle de Valenciennes. L’archevêque de Québec s’en sert une fois par année, le jour de Pâques.

Plateau en argent, bosselé, portant le chiffre du Séminaire de Québec ME. On y voit gravé en bosse à gauche un pal-

(1) Ce petit inventaire a été fait par Mgr Gagnon, secrétaire des archives de l’archevêché.

mier, au milieu une table sur laquelle se trouvent des pains superposés et une croix entre deux chandeliers, à droite un grand vase. C’est un travail qui a un véritable cachet d’antiquité. Il sert à porter le pallium aux messes pontificales.

Plateau en argent solide, portant aussi le chiffre du séminaire. Il doit remonter à une époque assez reculée.

Calice, ciboire, burettes, encensoir et navette d’argent doré, venant de Mgr Plessis.

Trois grandes ampoules en argent solide, fabriquées à Québec par Laurent Amyot, en 1814. Les armes du diocèse sont gravées sur chacune des trois. Elles servent le Jeudi- Saint pour la consécration des Saintes Huiles.

Deux crosses en vermeil : l’une qui vient de Mgr Plessis, l’autre de Mgr Signay. Celle de Mgr Plessis avait coûté 90 louis.

Deux bougeoirs en argent solide, légués par Mgr Plessis.

Calice et patène d’argent, légués par Mgr Signay, pour l’usage de la chapelle de l’archevêché.

Les ornements de drap d'or. Ils comprennent une chasuble, cinq dalmatiques, huit chapes, etc., en tout vingt-neuf pièces différentes. Ils ont coûté 900 louis, fruit d’une souscription faite à cet effet dans le clergé, en 1850. Monsieur l’ab'oé Sax, qui était allé rejoindre Monsieur l’abbé Baiilargeon, à Rome, donna lui-même la commande de ces ornements à Lyon, et remit aux fabricants un morceau de l’étoffe des vieux ornements donnés au Chapitre par Louis XIV, en les priant de se conformer à ce modèle le plus possible ; ce qui fut fait avec un grand succès. Monsieur l’abbé Baillargeon écrivait à Mgr de Sidyme, le 20 octobre 1850: “ cet ornement sera certainement le plus beau, le plus riche, et en même temps le plus solidement et le plus consciencieusement travaillé qu’on ait jamais vu en Amérique ”. Ces ornements furent apportés ici par Mgr Baillargeon, qui revenait de Rome

après sa consécration. Ils servirent pour la première fois le 11 juin 1851, lejour de la tradition du pallium à Mgr Turgeon.

Les ornements de velours rouge, brodés en or, achetés à, Lyon en même temps que le drap d’or. Il y a en tout vingtsix pièces. Ces ornements servirent pour la première fois le 8 juin 1851.

Calice d’argent doré, donné à l’archevêque de Québec, par Pie IX. On lit sur le pied de ce calice: Ex dono Sanctitatis Suœ Pii PP- IX. Sur la boîte qui le renfermait autrefois on lit: Pio IX Pontijici Maximo, Civiias Bassani Veneti.

Rochet de Mgr Conroy, délégué apostolique au Canada en 1877.

Croix archiépiscopale en cuivre doré, qui porte l’inscription suivante : “ Offerte à Mgr E. -A. Taschereau, par l’abbé Valois de Montréal, en souvenir du deuxième centenaire de l’érection du siège épiscopal de Québec, 1er octobre 1874 ’’.

Chapelle épiscopale complète, en cuivre doré, donnée à l’archevêque de Québec par l’abbé Valois, dans la même circonstance que la croix archiépiscopale ci-dessus.

Aube offerte à l’archevêque de Québec par Monsieur l'abbé Placide Beaudet. La dentelle, qui est très ample, est un travail à la main d’un goût exquis.

Mitre précieuse offerte à S. E. le cardinal Taschereau par les archevêques de Montréal et d’Ottawa, en reconnaissance du pallium qui venait de leur être conféré par Son Eminence,

en 1880 Mitrequi a été portée par Mgr Plessis — Trois autres

mitres précieuses, brodées en or. L’une d’elles fut donnée à Son Eminence par les Sœurs de Jésus-Marie, à l'occasion de son sacre.

Ostensoir donné par Sa Sainteté Léon XIII à S. E. le Cardinal Taschereau, en souvenir des fêtes du jubilé sacerdotal de Sa Sainteté. Cet ostensoir, en argent doré et de style byzantin, est l’œuvre d’un orfèvre distingué, M. Frédéric

Stoelben, de Coblentz, et a été offert au Souverain Pontife , à l’heureuse occasion de son jubilé sacerdotal, par les dames de la Commission Catholique de Berlin. En voici la description, d’après V Exposition Vaticane Illustrée :

“ Six grosses topazes de grande valeur, avec rosette de turquoises et de perles formant cercle, se détachent entre les six semi-cercles qui agrandissent la lunette de rite, destinée à recevoir les saintes espèces du divin Sacrement.

“ Le fond de ces semi-cercles est en émail azur, et sur ce fond sont superposés des ornements ciselés en argent doré. Pans la lunette intérieure est représenté le pélican nourrissant ses petits : c’est une miniature en émail, extrêmement fine, entourée, d’une façon très artistique, de turquoises et de brillants.

“ Un énorme grenat -cabochon, de forme oblongue, autour duquel sont disposées dix-huit perles, couvre la jointure du pied avec la lunette, et sur les deux côtés sont suspendues à deux gracieuses volutes deux magnifiques topazes-balais.

“ Le balustre est élégant et très simple, et le pied est de forme très plate. Ce pied, ouvré au burin, est rehaussé de huit rosettes composées chacune d’une perle et de cinq turquoises. La croix au sommet de l’ostensoir est pareillement recouverte de turquoises. Les ornements et les petits globes, qui occupent les espaces entre les huit semi-cercles de l’ostensoir, dorés comme tout le reste, sont eux aussi artistement ciselés avec beaucoup de goût et de finesse ”.

Salon

Portraits des évêques de Québec. Peintures à l’huile, dont quelques-unes laissent à désirer au point de vue artistique. Le portrait de Mgr de Laval est probablement celui qui fut peint par les ordres de Madame de Champigny, sur les dernières années de Mgr de Laval : c’est celui qui plaisait le plus

au frère Houssart La tradition veut qu’à l’époque du siège,

Mgr de Pontbriand emporta avec lui à Montréal ceux de ces portraits qui existaient alors, et que c’est de là qu’ils nous

sont revenus plus tard A l’époque de la mort de Mgr

Plessis, l’inventaire ne mentionne dans l’antichambre de l’évêque que les portraits de Messeigneurs de Laval, Mornay, Dosquet, de l’Auberivière (1), Briand, Hubert et Plessis — Le portrait de Mgr Denaut et celui de Mgr Signay ont été faits par Plamondon, celui de Mgr Turgeon par Théophile Hamel.

Portrait de Pie VI. Peinture à l’huile, léguée par Mgr Plessis. C’est une véritable œuvre d’art, au dire des connaisseurs.

Portrait de Grégoire XVI. Grande peinture à l’huile, faite par Plamondon. C’est la reproduction exacte de l’œuvre de Gagliardi, qui se trouve au salon de l’archevêché de Montréal.

Trois statues en bronze, d’une quinzaine de pouces de hauteur. L’une est le fac-similé de la statue de la sainte Vierge, qui surmonte la colonne de l’immaculée Conception, sur la Place d’Espagne à Rome. Les deux autres sont également des fac-similés des deux statues colossales de saint Pierre et de saint Paul, que Pie IX fit placer au bas de l’escalier qui conduit au portique de Saint-Pierre à Rome. Elles furent apportées ici par Mgr Baillargeon, à l’époque du Concile du Vatican.

Buste de S. E. le cardinal Taschereau. C’est un beau travail en marbre de Carrare, exécuté par un Anglais de Londres,

(1) Ces quatre portraits ont été évidemment faits par le même artiste, qui malheureusement ne les a pas signés. On croit que quelques-uns des autres portraits sont dus au peintre Dulongpré, qui fit, dit-on, plus de trois mille portraits, et à qui l’on doit un grand nombre de tableaux de nos églises. (Etudes biographiques : M. l’abbé Leprohon.)

Marshal Wood, il y a vingt-cinq ans. On dit que le sculpteur, ayant eu l’occasion de voir à Londres le nouvel archevêque de Québec, admira la confoiunation de sa tête et sollicita la faveur de faire son buste.

Mosaïque donnée par Pie IX, à l’occasion de l’érection de la cathédrale de Québec en Basilique Mineure, en 1874. Cette mosaïque, d’une grande finesse de détails, est enchâssée dans un bel encadrement en cuivre doré, portant lui-même de petits ornements en mosaïque. Elle représente la sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux. Au bas de l’encadrement; on a gravé Regina Cleri.

Christ en ivoire, donné à S. E. le cardinal Taschereau par la comtesse de Berling, en Danemark, par l’entremise de M. l’abbé Beaudet, à l’occasion des fêtes de la Barrette Cardinalice.

Portrait de Léon XIII. Peinture à l’huile par M. Rho de Bécancourt. Cadeau des citoyens de Fraserville à Son Eminence, à l’occasion des fêtes de la Barrette, en 1886.

Portrait de S. E. le cardinal Taschereau. Peinture à l’huile par le même. Cadeau de la paroisse de Saint-Thomas de Montmagny, en 1886.

Réfectoire

Les argenteries dont on fait usage à la table de l’archevêché, proviennent partie des évêques de Québec (surtout de Mgr Plessis et de Mgr Signay), partie de M. Louis Parant, curé de Repentigny. — Il y a entre autres choses de magnifiques aiguières, sur lesquelles se trouvent des blasons, des inscriptions, qu’il n’est pas toujours facile de déchiffrer — Parmi les pièces isolées, données à l’archevêque de Québec, il y a un pot à l’eau en argent solide, provenant de M. Asselin, curé de l’Isle-aux-Coudres, et sur lequel on lit l’inscription suivante : “ Tribut de respect et de reconnaissance offert par

les propriétaires et assureurs du brique Rosalind de Londres, capitaine Boyle, au révérend Messire Asselin, prêtre, curé de Saint-Louis de l’Isle-aux-Coudres, pour avoir par son exemple engagé ses paroissiens à aider à sauver le vaisseau et sa cargaison jetés par les glaces sur cette île, le 27 novembre 1832, et pour ses bontés envers les naufragés pendant leur séjour sur l’île

Sur les murs du réfectoire se trouvent quatorze gravures, venant de Mgr Plessis, qui représentent les différents monuments de la ville de Rome.

Bibliothèque

Les archives de l’archevêché sont très précieuses. Elles comprennent :

1° Registres proprement dits de l’archevêché, commencés dès l’arrivée de Mgr de Laval, sans aucune interruption. Soixante-treize cahiers (grand in-folio) de six cents pages chacun en moyenne.

2° Anciens titres et documents, dont les quatre plus anciens portent respectivement les dates de 532, 1237, 1449 et 1575. Ces quatre titres se rapportent aux abbayes de Meaubec et de Létrée, qui furent données par le Roi à l’évêché de Québec, afin de lui créer un revenu.

3° Bulles nommant les évêques de Québec et autres, à partir de celle qui nomme Mgr de Laval évêque de Pétrée (1658).

4° Correspondance de Rome, des évêchés du Canada, des séminaires, des communautés religieuses, des cures et missions du diocèse de Québec. Chaque paroisse ou mission du diocèse a son cahier.

5° Correspondance des vicaires généraux de Montréal, de Trois-Rivières, du Haut-Canada, etc.

6° Correspondance des missionnaires dispersés sur le vaste

territoire que comprenait autrefois le diocèse de Québec, du golfe St-Laurent à la Louisiane.

7° Manuscrits en langues sauvages : miomaque, abénaquise, algonquine, montagnaise, esquimaux, outaoise.

Cassette

Deux croix pectorales, en or solide, qui viennent de Mgr de Laval. Elles renferment toutes deux des reliques de Saint-Flavien et de Sainte-Félicité, dont les ossements avaient été apportés ici par Mgr de Laval et déposés à la cathédrale où ils sont encore aujourd’hui. Sur une des faces de la croix, se trouve gravé le monogramme du Christ, sur l’autre les deux lettres M. A.

Tabatière en or solide, avec des figures en relief. Style Louis XV. On croit que c’est une de celles laissées au séminaire par Mgr Briand.

Montre d’or, à répétition, venant de Mgr Plessis.

Tabatière en or, avec portrait (aquarelle sur ivoire) de Mgr Plessis.

Chapelet que Xotre Saint-Père le Pape Grégoire XVI donna à Mgr Signay, qui lui-même l’a légué à l’archevêché.

Croix pectorale en argent doré, qui a appartenu à Mgr Signay.

Montre d’or de Mgr Signay. Superbe cadran.

Tabatière en argent doré, ornée d’émaux, portant l’inscription suivante : “ J.-F. à Monseigneur C.-F. Baillargeon, le jour de son sacre à Rome, le 23 février 1851.”

Croix pectorale en or, avec améthystes. L’étui qui la l’enferme, porte les • deux inscriptions suivantes : “ Relique- Souvenir de S. E. le card. Franchi ”. •'* A S. E. le card. Taschereau, le séminaire de Québec, 1886”.

In diversis locis

Portrait cle Pie VII. Peinture à l’huile léguée par Mgr Plessis.

Bon nombre de gravures léguées par Mgr Plessis :

1° Une représentant Bossuet ;

2' Cinq plus petites représentant Fénelon, Fisher, Douglass, Mylen et le Rév. Huddleston ;

3° Trois représentant l’une Pie VII, l’autre l’évêque Poynter, la troisième la cérémonie de l’intronisation du Pape ;

4° Trois plans de Paris, de Londres et de Rome ;

5° La tour penchée de Pise ;

6° Mater amabilis , actuellement dans le cabinet de travail de Son Eminence ;

7° Dix huit représentant les principaux traits de la vie de Pie VIL

Dessin à la sépia, fait par Chs-Frédéric Turgeon, étudiant au Séminaire de Quéoec, en 1848, sur une gravure de William Allan (1834), représentant Walter Scott dans son cabinet de travail. Ce Chs-Frédéric Turgeon était le neveu de Mgr Turgeon.

Pendule de cuivre doré, soutenu par l’effigie d’un lion, légué par M. François-Louis Parant, curé de Repentigny, mort en

Portrait de Mgr Signay. Peinture à l’huile par Théophile Hamel.

Portrait de Pie IX. C’est un ouvrage en soie fait sur le métier 11 provient d’une personne qui, désireuse de montrer sa reconnaissance à l’archevêque de Québec, pour une recommandation ou lettre de voyage, fit faire ce travail à Lyon et l’oflrit à Sa Grandeur.

Deux petites peintures à l’huile, données à l’archevêché par le révérend E. Quertier, mort à Saint-Denis de Kamou-

raska, en 1872. L’une représente Mgr Plessis, revêtu des ornements pontificaux, la crosse à la main et la mitre sur la tête. L’autre représente Sir John Sherbrooke.

Grande peinture à l’huile, donnée à l’archevêché par Mgr Bolduc. C’est une copie de la visite de sainte Elizabeth à la sainte Vierge, par André del Sarte, dont l’original est à Florence.

Gravure en mezzotinte, représentant la descente de la Croix de Rubens.

Parmi ceux qui ont bien voulu nous aider dans nos recherches, nous devons mentionner et nous remercions cordialement Mgr Hamel , Mgr Gagnon, M. l’abbé Rhéaume, M. le juge Baby, MM. P. -B. Casgrain, J.-E. Roy, James LeMoine, G.- W. Wicksteed, dis Baillairgé, F.-X. Berlinguet, Philéas Gagnon, H.-J.-J.-B. Chouinard, Eudore Evanturel, F.-X. Mafieux, et MM. les notaires Charlebois, Gauvreau, P. Huot et F.- A. Parue.

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