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nous en sommes rendus dans cette histoire (1842),
l'on y trouve Mgr Signay et son coadjuteur Mgr
Turgeon.
La rue du Parloïir conduisait directement aux apparte-
ments de l'archevêque qui se trouvaient immédiatement
à droite en entrant au séminaire,
De son cabinet une
porte ouvrait sur le secrétariat situé dans la vieille
maison qui existe encore entre le séminaire et l'évêché
actuel, et c’est là que travaillait l'abbé OC. F, Cazeau, alors
secrétaire ; une humble alcove lui servait de chambre à
coucher, Le coadjuteur avait son appartement au bout
du corridor de la procure, et la chambre de M. l'abbé
Belle-Isle, assistant-secrétaire, se trouvait à gauche de
la porte d'entrée du séminaire et en face des apparte-
ments de l’archevêque. Pour terminer ajoutons qu’un
petit réduit sous un escalier était mis à l’entière dispo-
sition du fidèle Antoine Blondeau, domestique de Mgr
Signay.
Cependant les revenus de l’évêque de Québec, de P 1 )
nuls qu’ils étaient d’abord, étaient devenus assez consi-
dérables depuis que le gouvernement impérial lui payait
chaque année la somme de mille louis sterling, et que
pareille somme lui était donnée par le gouvernement
canadien, pour la rente du terrain de l’ancien palais
épiscopal. Aussi les messieurs du séminaire songeaient-
ils — et, disons-le, avec grande raison — à se faire
indemniser pour les dépenses que leur occasionnait la
présence de l’évêque et de son personnel dans leur
maison, Ce fut en 1836 qu’ils demandèrent au prélat de vouloir bien payer tous les ans la somme de deux cent cinquante louis, sans comprendre la pension du domestique ni celle du cheval, Les affaires ne prenaient jamais l’épouvante avec Mor Signuy, et il en fut ainsi de celle-là qui traîna en longueur jusqu'en 1840, où l'on voit le prélat s’exécuter de bonne grâce, pour continuer ensuite jusqu’à son départ du Séminaire en 1847.
On voit dans les comptes qu’il se trouvait à donner par année 6,000 francs, pour lui-même, et 1,020 francs pour son domestique et son cheval. Le coadjuteur payait 1,200 francs et les deux secrétaires 720 franc: chacun.
Mer Signay ne songeait nullement à quitter le Séminaire et ce n’est pas lui qui procura à ses successeurs un palais épiscopal, Presque toutes ses épargnes étaient consacrées au collège de Nico!it, à l'établissement des Frères des Ecoles chrétiennes et à celui des Sœurs de la Congrégation à Saint-Roch. Aussi n’encouragea-t-il pas beaucoup son coadjuteur quand celui-ci lui parla de la construction d’une maison pour les évêques de Québec. Mgr Turgeon, lui, y pensait depuis longtemps et il écrivait le 2 mars 1842, aux messieurs du Séminaire pour leur faire part de ses vues et solliciter leur influence et leur concours : “ M. le supérieur et M. le procureur, disait-il, savent très bien que depuis de longues années j'ai désiré que l'évêché fit l'acquisition
de la propriété Harkness. Je puis même avancer qu’à
Il l'époque de l’avant-dernière vente de cette maison | (j'étais alors procureur du séminaire), j'allai à plusieurs reprises presser Mgr l’évêque de Québec actuel, alors coadjuteur, d'en faire l'acquisition pour s’y loger luimême, lorsque le temps en serait venu, ainsi que ses
secrétaires et ses bureaux ”. Après l’incendie de la
maison en 1841, Mgr Turgeon renouvela ses instances auprès de Mgr Signay. ‘“ Ces tentatives, continue-t-il, étant devenues inutiles auprès de mon évêque diocésain qui ne se croyait pas assez en fonds pour faire cette LE acquisition, je lui demandai s’il trouverait mauvais que | je la fisse moi-même, et sur sa réponse qu’il ne le trouverait pas mauvais, je confiai ma négociation à un res= pectable citoyen qui vint bientôt me dire que la propriété était retenue par le gouvernement (1), et qu'assurément toutes mes démarches seraient inutiles,
“ J’en restai là jusqu’à la fin de janvier où M. le curé de Québec (2) me dit que dans une assemblée de marguilliers un des messieurs présents, M. Langevin, avait dit tout haut que madame veuve Harkness avait été lui offrir sa propriété comme pouvant être acquise pour l'usage du conseil de district avec lequel elle paraissait ik || {l avoir l'espoir de terminer plus promptement qu'avec WE M. Stayner qui ne l'avait retenue que conditionnelle-
ment et en attendant l'approbation du gouvernement,
(1) Pour un bureau de poste.
(2) M. C.-F. Baillargeon, plus tard archevêque de Québec.
“ M. le curé de Québec ajouta (ce que je savais fort bien et depuis longtemps) que messieurs les marguilliers désiraient bien vivement, comme tous les catholiques de Québec, que l’évêque devint le propriétaire de cette maison et me pressa de renouveler mes démarches auprès de qui de droit,
“Vous savez...quel a été le résultat de mes dernières tentatives auprès de Mgr de Québec qui, après m'avoir dit qu’il ne refusait pas de faire des sacrifices pour le bien-être de ses successeurs, me fit entendre qu'il n’estimait cette masure qu’à environ £250 ou £300 et que ses moyens pécuniaires ne lui permettaient pas d’en donner davantage. C’est après cela que je me suis remis moi-même à l’œuvre et que le respectable citoyen qui s’'employait pour moi auprès de M°"° veuve Harkness vint me dire qu'au moment où il allait faire pour moi l'offre de £1,300, il n’y avait qu'une demi-heure que M. Stayner avait terminé avec cette dame pour la somme de £1,200. Alors je parlai au séminaire du droit de retrait comme pouvant être exercé, vu que l’évêque, prenant par la suite, son logement dans cette maison, les appartements qu’il occupe aujourd’hui deviendraient disponibles pour le séminaire, Sur la réponse qui me fut faite que ce droit de retrait était perdu et que, quand même il eût encore existé, on n’aurait pas cru pouvoir l'exercer en conscience, je n’insistai point.
“ Quelques jours après, M, le maire de Québec (1), auquel le séminaire avait nécessairement dongé connais- (| sance de mes démarches, en le consultant comme avocat, ,
affligé, comme bien d’autres, de voir que cette propriété
allait échapper pour toujours à la religion, vint me faire
Î ; CRE . A . . û | 4 visite pour me dire que peut-être il serait possible de 15 négocier avec M. Stayner en lui offrant un bénéfice sur
lequel il me pressait de n’être pas regardant, malgré ma (] pénurie que je lui exposais, Il m'offrit d'aller luimême faire Jes premières tentatives, ce qu'il fit en effet, ui] et le résultat ne fut pas tout à fait décourageant, Ce fut
après cela que me trouvant chez M. Caron avec M. P.
| Pelletier, désireux aussi de prendre part à cette bonne UE e | x
! œuvre, il fut résolu dans notre petit conseil, que ce
dernier irait faire des offres à M. Stayner en lui faisant
‘l connaitre ouvertement l’objet de la négociation, que M. H | . . . .
| le maire n'avait pas cru devoir mettre au jour... M.
Stayner donna pour réponse à M. Pelletier qu'il se ! 1
| | il ferait un vrai plaisir d’obliger les catholiques de Québec, EL en cédant sans aucun bénéfice quelconque, la propriété | en question pour l’objet auquel on la destinait ; mais il ajouta que comme il était actuellement connu du public que le bureau de la poste devait être replacé dans ce EL quartier central, ce serait tromper ce public que de faire
cette cession sans se pourvoir d’un autre local dans le
(1) M. R.-Ed. Caron, plus tard juge et lieutenant-gouverneur,
voisinage, Voilà pourquoi, il ajouta qu’il cèderait le terrain par lui acquis si les messieurs du séminaire voulaient lui vendre cinquante pieds de terre derrière le terrain de M"° veuve Baby, sur la même largeur que ce dernier terrain, M. Stayner demandait de plus que le séminaire renonçât à son droit de retrait sur le terain possédé par la dite dame Baby, dans le cas seulement où il (M. Stayner) en ferait l'acquisition pour l'ajouter à celui du bureau de la poste.
“ Quelque temps après ma consécration épiscopale, le lord Aylner, alors gouverneur en chef me donna communication d’une dépêche du ministre des colonies (M. Price) par laquelle il lui était enjoinc de me signifier qu’en conséquence d’une mesure parlementaire le salaire de £1I00( sterling ne serait plus accordé à l’évêque catholique de Québec, advenant la mort de l’évêque titulaire actuel, À la vérité, il est dit dans cette dépêche que l’on pourra s'adresser à la législature provinciale pour obtenir un salaire, mais je vous déclare que, depuis cette notification, je n'ai jamais pensé qu'il y eût la moindre convenance que l’évêque fût ainsi salarié. D'ailleurs la législature ne pourrait salarier l'évêque catholique de Québec qu’en salariant en même temps les évêques de Montréal et de Kingston, plus deux évêques protestants, ce qui ne se fera jamais.
“ Voilà donc l’évêque de Québec, réduit à l'avenir au loyer de £1,000 sterling qu’il retirera de son évêché ;
vous savez jusqu'où il peut aller avec cette sommi
pour ses œuvres, pour la pension et le salaire de ses secrétaires, pour les frais de bureaux, ete …
“ Trouverait-on mauvais que l’évêque de Québec possédât un petit coin de terre de soixante pieds de front. et que ce petit coin de terre fût appelé l'évêché ? Trouverait-on mauvais qu’en vertu de lettres patentes que je me propose de solliciter en faveur de Mgr de Québec actuel, ce terrain fût transmis aux évêques successeurs avec droit de recevoir des legs ou dons au moyen desquels ils se feraient un revenu ? … Il n’est pas nécessaire que j'ajoute, ce que tout le monde sait, que la propriété dont il est question est la seule et unique de toute la ville épiscopale qui soit convenablement située pour l’objet dont il s’agit …
“ Quelques-uns ont regardé mon projet d'achat de ia yropriété en question et de construction d’une maison comine quelque chose d'à peu près chimérique, mais tous n’en jugent pas de la même manière . Rien de plus facile pour moi que d’intéresser dans cette œuvre publique et diocésaine autant de souscripteurs qu’il en faudra pour réussir, sans fatiguer personne, J'ajoute que je pourrais proposer cette mesure au diocèse sans manquer aucunement aux convenances envers mon évêque diocésain, que je pourrais représenter avec raison comme chargé de plusieurs, œuvres, (Nicolet, la maison des Sœurs à St-Roch, l'établissement des Frères des Ecoles Chrétiennes), et incapable de s'occuper de l’œuvre
de l'évêché qui, au reste, me regarde plus qu’elle ne le
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regarde lui-même, puisqu'il jouit d’un salaire dont son successeur immédiat doit être inévitablement privé.”
Le prélat parle ensuite de l'insuffisance du logement actuel de l'archevêque et de l'impossibilité où se trouve le séminaire de lui en offrir un autre, Il termine son intéressant mémoire en suppliant les messieurs du Séminaire d'accorder à M. Stayner les cinquante pieds qu'il voulait avoir dans leur jardin afin d’y placer son bureau de poste.
Les membres du conseil du séminaire ne crurent pas pouvoir accorder le terrain demandé, vu qu'ils se prépa raient à bâtir prochainement pour donner à leur maison un agrandissement que le nombre croissant des élèves rendait absolument nécessaire, Ils pensaient comme Mr de Sidyme que le logement de l’archevêque n'était pas ce qu’il devait être et regrettaient par conséquent avec lui que l’on n’eût pas profité de plusieurs occasions qui s'étaient présentées, par le passé, d'acquérir, à des conditions raisonnables, un terrain dont la possession aurait donné aux évêques de Québec la facilité de se louer très convenablement,
L'année 1842 fut employée ainsi par Mur Turgeon en démarches incessantes pour arriver au but tant désiré, I était puissamment aidé par l’intelligent secrétaire M. C.-F. Cazeau dont l’activité et le zèle ne lui firent jamais défaut. Leurs efforts réunis parvinrent à décider Mgr Signay à faire des sacrifices plus grands
que ceux auxquels il s'était d'abord résigné, Ce n’était
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