SCENE DERNIERE
LE ROI, SOLDAT, AZAMOR , MIRAME , ALMIRE, L'AMBASSADEUR, ACASTE, ALCINE, ADRASTE.
SOLDAT
Sire, j'ose en ce lieu prendre la liberté D'annoncer un bonheur à Votre Majesté.
Arimant n'est point mort.
LE ROI
* O dieux ! est-il possibl e ?
MIRAHE.
Pourrait-il m'arriver un bonheur si sensible ?
SOLDAT
Ce prince entre nos bras n'était qu'évanoui.
AZAMOR
Quoi! mon frère est vivant? que je suis réjoui !
SOLDAT
Son coup par un bonheur coule au long d'une côte ; L'esclave avait failli.
AZAMOR
La bien heureuse faute !
3^0 PIÈCES JtJSTIFICATIVKS.
SOLDAT
Le sang qu'il a versé causait sa pâmoison.
Le coup n'est point mortel ; mais pour sa gucrison Il faut lui faire voir la beauté qu il adore : Car s'il ne la voit point , il veut mourir encore ;
On a fermé sa plaie : il tâche à la rouvrir.
MIRAMB.
Ah ! dieux ! le puis-je voir? puis~je le secourir ?
AZAHOR.
Je te surmonte , amour^ sans être un infidèle. Ce qu'elle a fait pour lui, ce qu'il a fait pour elle, Couronne leur amour et rompt mes déplaisirs.
Dedans mon propre sang j'étouffe mes désirs.
En dépit de mes feux la raison la lui donne.
LE ROI
Prince, la cédez-vous?
AZAMOR
L'amour même l'ordonne.
Je la cède à l'amant qui possède son cœur ; Arimant est vaincu , mais mon frère est vainqueur. La cédant à mon sang , je la cède à moi-même : Et consens que moti bien se donne à ce que j'aime.
P1FX.es justificatives. 321
MI RAME
Vous me perdez pour femme et m'acquérez pour sœur.
LE ROI
De deux amants conjoints vous serez possesseur.
AZAMOR
Je serai trop heureux.
HIRAME.
Ah ! quel excès Je gloire !
Céder à son rival le prix de la victoire, Et mêmes en vivant : le voulez-vous , grand roi?
LE ROI
Puisqu'un amour constant engage votre foi , Qu'Azamor y cousent , qu'Arimant est son frère, Qu'il hérite d'un sceptre, il vous faut satisfaire.
HIRAME.
Ah! père sans exemple! Ah! prince généreux!
LE ROI
Que l'on délivre Arbas ; allez, soyez heureux !