‹ Histoire du pape Grégoire VII et de son siècleChapitre 10 sur 31 · J6 7J., VI · texte numérisé non relu

J6 7J., VI

détourner '; car celui qui menace l'Église, qui lui fait violence et lui cause de l'amertume, est un enfant du démon et non de l'Éj^lise ^ elle doit le bannir et le retrancher de la société humaine ^ Il faut donc que l'Église soit indépendante , que tous ceux qui lui appartiennent soient purs et irrépréhensibles ^ accomplir cette grande œuvre c'est le devoir du pape ^ L'Église sera libre K

Voilà les pensées de Grégoire , telles qu'elles se trouvent dans des lettres écrites à diverses époques *. Il n'y a pas de doute qu'elles ne fussent, dans son esprit, un sujet de sérieuses réflexions lorsqu'il monta sur le trône pontifical. Il voyait bien clairement qu'il lui fallait toute l'énergie de son âme , toute l'autorité de son rang pour briser deux liens qui attachaient le clergé à l'État, les évêques aux souverains, et qui mettaient l'Église sous la dépendance du pouvoir. Ces deux liens étaient le concubinage des prêtres , l'investiture ou la simonie.

Depuis des siècles , et dans toutes les parties de la chrétienté , les empereurs , les rois et les princes étaient dans l'habitude de donner aux évêques et aux abbés l'investiture de leurs dignités , auxquelles était toujours attaché un fief. Ils la donnaient en remettant au dignitaire élu l'anneau et le bâton pastoral. Cette coutume avait sa source dans le régime féodal, dans la piété d'un grand nombre de seigneurs et de souverains ,' et dans la conviction où l'on était que l'Église et ses ministres avaient besoin de possessions territoriales. Au x^ siècle, cet usage, déjà ancien, devint plus général : aussitôt qu'un évéque ou un abbé était mort , son évêché ou son abbaye revenait au seigneur , qui pouvait nommer et investir un nouveau dignitaire. Le choix et l'inféodation, le sacre et l'investiture , rendaient seuls un évéque ou un abbé légitime , car le fief et la dignité n'étaient jamais séparés. On doit bien penser que les choix que faisait le suzerain étaient conformes

» Epist, Jpp. II, 15 , p. 629, dans Mansi; v, 7 ; ix, 2. Fox. principalement ix, 21;vi,l; VII, 3.

^Epîst., VI, 1; IV, 27.

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