Indèque defoocto memonto proe»ute sammo
Quartus Alcsaoder pasior ioorbe fuit.
Isle Ubi pitrem Hieroeotyma (radidil, ul (a Taolo taoïa fores irridiata viro.
Qui tamen invUua paréos» aliqaotqae per anuoa OIBcii Tcro tramite rexit ooas.
TstOBORtCDs Valucoloris, t'fi vUd UrbaM IV, apod Papu. Masson.
2. Go»G«.ni, Okîiomairé encycUfpédiqw de ia théologie calholique,
Jacqvei Pantaléon est nommé pitriirche de JérnMlem. — Sitaition lameolible de la Terre-Sainte à cette époque. — Le noureau patriarche fixe sa résidence à Ptolémaïs — Organisation citile et ecclésiastique du royaume de Jérusalem* — Restauration du culte dans l'église du Saint-Sépulcre. — Querelle des PIsans et des Génois, des Templiers et desllospitaliers. -^ Jacques Pantaléon remplit le rôle de pacificateur.— 11 catéchise Houlagou, chef des Tar tares, et lui administre le baptême. — 11 protège les cheraliers de Saint-Jean de Jérusalem. -* 11 retient en Europe pour solliciter des secours en fateur des Orientaux. — U reste auprès d'Alexandre IV. — Mort de ce pape.
Rome et Jérusalem» ces deux cilés éternelles, double pivot sur lequel l'histoire du monde roulait depuis tant de siècles, avaient été réservées à de grandes destinées, Tune en servant de berceau au fils de Dieu, l'autre en devenant la demeure de son immortel représentant; l'une en gardant le sépulcre du Christ, l'autre en abritant le tombeau de ses apôtres. D'autres traits de ressemblance ajoutaient encore à cette mystérieuse harmonie. Rome gémissait sous la brutale oppression de l'épicurien lïanfred et de ses sëïdes; Jérusalem tremblait sous le cimeterre des sultans d'Egypte et de leurs légions farouches. L'œuvre de délivrance, qu'Alexandre lY avait entreprise en Italie comme en Judée, avait usé ses forces; et, pendant que son âme languissait dans cette mélancolie qu'amènent souvent les souffrances du corps, sa pensée, incessamment tournée vers l'Orient, s'attristait de plus en plus des humiliations dont les Sarrasins abreuvaient les chrétiens de la Palestine.
Des nouvelles de l'Idumée vinrent redoubler cette tristesse. On apprit, entre autres actes de barbarie, que l'intrépide Robert de Nantes, patriarche de Jérusalem, avait été jeté à la mer par les mameluks avec une partie du clergé latin. Il fallait immédiatement pourvoir à son remplacement. Alexandre lY n'hésita pas à nommer i ce poste un de ses conseillers les plus distingués, Jacques Pantaléon, évéque de Yerdun, déjà connu par plusieurs missions heureuses dans l'Europe septentrionale. Ce prélat s'y était conduit à la fois avec tant de fer-
meté et de prudence, de saiatelé et d'habileté, que le pape lui écrivit en décembre 1255» :
i L'éminence de vos mériles vous a rendu cher à noire i cœur. Aussi, après en avoir conféré avec nos frères, avonst nousdécidéde vous cominellre la légation de la Terre-Sainte; € vous exercerez cette charge avec plénitude tant dans la pro- € vince de Jérusalem qu'au sein de Tarméc chrétienne, par- • tout où les besoins des saints lieux exigeront votre pré- « sence. Nous avons la ferme espérance que, comme vous € avez toujours aimé la justice et haï Tiniquilé, guidé d*ail- « leurs par une rare supériorité de raison, vous gouvernei rez avec sagesse, vous dirigerez tout avec droiture et vous t aplanirez les difllicuUés^... »
Ensuiteilavertit le nouveau patriarche qu'il devra suspendre l'exercice de ses pouvoirs, si, dans le ressort de sa juridiction, il arrivait un légat à latere. Pour comprendre cette restriction, il importe de savoir que les papes se virent obligés, dans la plupart des circonstances graves, de ne pas attendre le rapport des légats-nés, et d'envoyer des légats de leur entourage, qui, munis de la plénitude des droits de la primauté, repré-, sentérent directement le pape dans le cercle assigné à leur légation.
1. Geslâ à Jacobo UiUA felicilalc legatioae scptcatrioiiali , pontifci augusliorem aijaniiu Oriente iUi demandarcdccrcvit... Annales ecclesiastici^ auctore Odobico Raynaldo, lom.XIV, aon. ^2j5.
Jacobos Faaialéoa, legaiioneapostolicâio partibus scpteolriooalibus egrogiè functas... IlKNnicos Spondanus, Anixalium cardinalis Baronii continuation loœ. l, pag. 304.
Vh\ sic corda iacolarum de illispalribus cominovit, cl suavilale moram re* f«!cit, qu6d ecclcsid! hicrosolumytioffi, IrecetisU Jacobus bealo Jacobo, fratri doiuiui, ÏQ làm exioiio palriarchatu successil. Papir. Masson., libri sex de episcopisqui romanam ccclcsiam rexeru7ilt fulio 223.
3. Tibi qaem carum habemus, laorum emineatiA meritorum, pleonlcgalioois ofBciuro Xïm in proviociA Jcrosolimyiaoâ, quàm ctiàm ia cxerciiu chrislia- Do, obtcùinque pro subsidio lenm saoctc in diclâ proviociâ fueris, de fratrum ' Dostrorum consilio duximus conaiDitteodQm : firmam spem, fiduciamqtte teoen- Ifs, at cùm seropcr dilexeris justiliam, et loiquitalem oderis, libique proeslô 8it jadicium ratioois, recta regcs, et diriges in direcla, asperaque coorertcsio plana. Epistola Alexandri IV, apud Annaieê eccles.^ loco dtato.
88 JACQUES PÂNTÂLÉON
Dans un autre bref, Alexandre lY, a^ec l'accenl d'une sollicitude toute paternelle, ordonna aux orientaux de seconder son cher légat de tout leur pouvoir et de se faire ses dévoués coopérateurs dans la défense des lieux consacrés parle sang de Jésus-Christ :
c Nous avons confié la charge de légat en Terre-Sainte c à notre vénérable f rëre Jacques Pantalëon, patriarche de Jéruc salem, doué d'une grande circonspection, d'un discernement c exquis, d'une prévoyance consommée, recommandable par c l'étendue de sa science et par la pureté de ses mœurs; il est c le protecteur de l'innocence et le défenseur de la justice, c C'est pourquoi nous vous enjoignons strictement de le rece- € voir avec honneur comme un autre nous-méme, de le traic ter avec les sentiments de la soumission la plus respectueuse, c de l'assister avec fidélité, d'exécuter ses ordres avec exaclic tude et de suivre ses salutaires avis^ >
C'était alors une position importante, mais dangereuse, que celle des patriarches de Jérusalem. Les chrétiens de Palestine qui, depuis la croisade de Godefroy de Bouillon, ne soutenaient qu'à la pointe de l'épée la croix relevée dans les lieux où elle sauva le monde, étaient sans cesse menacés des plus graves périls. Les Chorasmiens et les Turcomans s'étaient précipités comme un torrent dévastateur en Syrie ; animés par le fanatisme religieux, ils avaient passé tous les habitants au fil du glaive, égorgé les prêtres, profané les églises, arraché de leurs cercueils et jeté au vent les cendres des rois et les reliques des saints. Le carnage, uni au sacrilège, ne s'était arrêté que faute de victimes. Aussi, lorsque la pieuse ambassade, chargée de venir annoncer la mort tragique de Robert, pré-
1. Veoerabli fratri Dosiro pttrUrcto JerosolymiUoo, viro utiqoe moram hooeslalecoDspicuo, lilterarani scieoUà pradilo, et proTideotiâ circuinspeclo» qaem caram babemos... Quoeircâ aniTcrsilali vealns pcr apostolica acripta maodaoHM, et dislricta pracipinras, <|aateiias ipaain aicat apoalolicB sedis legatom, immè Teriàsnos io ipao atudealiadevoiè recipere, achooorificè periractarc, aibiqae favorabililer ac fideliter aasisteolea, ipsiua salabria mooila ei mandata reeipiaiis... EpUi. Aleœand. IV, apwi Annal, tcclesiasl, aoctore Odoeico Ravnaldo, tom. XV, aon. 1255.
dëcesseur de Jacqaes PanUléon, raconta les désolations de Jërnsaleni, il y eut des larmes dans tous les yeux^ Alexandre IV se crut obligé d'exhorter tous les rois de l'Europe à reprendre, les armes pour la délivrance des saints lieux ; il les suppliait instamment de subYcnir au moins aux frais des défenseurs de la croix ; celte grâce, le pape la leur demandait au nom des colonies chrétiennes alarmées, au nom de la cité de Dieu tombée en ruine, au nom du sépulcre de Jésus-Christ souillé par les abominables impiétés des barbares ^
Le nouveau patriarche partit bientôt pour occuper son poste; il emportait, avec des instructions détaillées, la bénédiction du Saint-Père pour les valeureux soldats du Christ. Peut-élre n'aurait-il, en arrivant dans les plaines de Tldumée, qu'à recueillir les plaintes, les gémissements des familles opprimées, les derniers cris des mourants ; peut-être succombcrail-il luimême victime de sa mission héroïque t Toutes ces sinistres éventualités ne produisirent aucun ébranlement sur la résolution de Jacques Pantaléon ; il ne craignit point, malgré ses soixante-dix ans, d'entreprendre le long et périlleux voyage de la Terre-Sainte. Il débarqua, le 22 mars 1286 à Ptolémaïs, aujourd'hui Saint-Jean-d*Acre ; il Qxa sa Résidence dans celte ville devenue la capitale du royaume de Jérusalem depuis la prise de la cité sainte par Saladin, en 1187.
Saint- Jean-d'Acre, le meilleur port des rives occidentales de la Palestine, était alors une des plus florissantes cités du monde. Du côté de la mer, chaque porte s'élevait flanquée de deux tours. Les murs étaient si larges que deux chars venant à la rencontre l'un de l'autre , auraient pu passer sans se heurter. Du côté de la terre, de doubles murailles, des fossés très-profonds, divers endroits fortiflés et des sentinelles faisaient sa sûreté. Dans l'intérieur, toutes les maisons, égales en
1. PooUfei, terra siocl» cakmUatibas pennotas, al oplimom fiulHnissaqi 8ibi coosiliuin io opas perduceret , CasielliB «c Lcgioois régis logubrem Syria SUIQID ob ocqIos proposait, ac solliciUril ot libcraliUtemsaim ad cas, soslioendas copias, qoa semper sd proTolaodooi io bosifoi parafa foreol eiplicaret... ânnaL eccUiiasi,^ loco diaio.
M JÂG(}U'£5 PANTALËON
hauteur, éiaieni coosiruites en pierres de Uiile ei uniformément décorées de renétres en verres peints. Des étoffes de soie, ou d'autres belles tapisseries, couvraient les places publiques et les garantissaient des ardeurs du soleil. Au milieu de la ville demeuraient les marchands et les artisans qui, selon leurs facultés, achetaient de splendides bazars ou louaient de modestes boutiques. Les plus riches commerçanlsdc toutes lesnatiens, entre autres des Pisans, des Génois, des Vénitiens, des Florentins, des Rofiiains, des Parisiens, des Carthaginois, des Egyptiens, des habitants de Conslantinople, de Damas,ainuaient sur son marché.
Pour les attirer, les magistratsde la cité entretenaient l'activité des transactions commerciales, élevaient avec somptuosité des monuments, multipliaient les plaisirs. Les princes et les seigneurs passaient les jours dans des tournois, dans toutes sortes de fêtes et de spectacles, tandis que, dans le port, s'échangeaient les diverses productions de toutes les parties du monde. Le roi de Jérsualem et sa famille, les princes de Galilée et d'Antioche, le représentant du roi de France, le duc de Césarée, les comtes de Tripoli et de Jaffa, les seigneurs de Béryte, de Tyr, de Tibériade et des autres villes maritimes se promenaient sur les places, le front ceint de couronnes d'or. Leur suite nombreuse et brillante portait des vêlements tout étinceiants de pierreries. La plupart des ordres religieux et militaires avaient également leur demeure dans l'enceinte de la ville. Le maître et les frères du Temple, lematlre et les frères de Saint-Jean de Jérusalem, lemaltrc et les frères de l'ordre Teutonique, le maître et les frères de Saint-Thomas de Cantorbéry, le maître et les frères de Saini*Lazare, tous chevaliers armés, montaient la garde jour et nuit avec leurs servants, prêts à combattre les Sarrasins pour la défense de la foi catholique.
Ce luxe de costumes, ce mouvement de prospérité donnaient à Ptolémaïs un aspect grandiose, animé, pittoresque, qui contrastait étrangement avec Tétai d'humiliation et de souffrance
PATRIARGUC:. M
des chrëtienlés orientales. Ces hfimîlialîons él ces souffrances ne proTenatent pas tontes des musulmans.
Entre les chrétiens, il s'était élevé de funestes dirislons. A Ptolémaïs, les GéYiois et les Vénitiens avaient eu entre eux de sanglants démêlés au sujet d'une église qu'ils possédaient en commun. Plus d'une fois la basilique de Saint-Sabbas, fortifiée comme une place de guerre, avait retenti du bruit de leurs » combats sacrilèges. Les Pisans avaient pris parti pour Gênes; ils étaient allé chercher des alliés jusque chez les Grecs, alors impatients de rentrer en possession de Constanlinople. Comme si ces irritalions mutuelles n'étaient point assez pour désoler la Palestine, l'esprit de jalousie s'était glissé dans les milices des Templiers et des Hospitaliers. Possesseurs de dix-neuf mille manoirs, les Hospitaliers se regardaient comme humiliés de céder le pas aux Templiers dans les cérémonies publiques, surtout dans les processions où on exposait le bois de la vraie croix à la vénération des fidèles. Ces ordres religieux et militaires institués à Jérusalem, l'un par le champenois Hugues des Paycns, l'autre par le provençal Gérard Tom, pour combattre les infidèles, tournèrent^ leurs armes contre leurs propres frères. Ils s'attaquèrent avec fureur et rougirent de leur sang les villes et les châteaux-forts qu'ils étaient chargés de défendre. Ces luttes acharnées en étaient venues à cette déplorable extrémité, que l'on ne se demandait plus en Europe si les Pranks avaient vaincu les Musulmans, mais si la victoire était restée aux chevaliers du Temple ou à ceux de l'Hôpital.
Le brave entre les braves, le prud'homme renommé entre tous les chevaliers, le baron sénonais, Geoffroy de Sergines, que Louis IX, à son départ, avait laissé à Ptolémaïs avec quelques centaines de banncrets, n'avait ni assez d'autorité pour rétablir tordre, ni assez de troupes pour résister aux attaques des musulmans. Sous un ciel chargé d'orages, peu de lueurs de salut brillaient pbur les croisés. Cependant un rayon d'espérance réjouit leurs regards àl'arrivée du patriarche Jacques Pantaléon.
M JAGQOeS PANTALËON
Le royaume de Jérusalem n'avait plus d'autre chef chrétien que le noble Geoffroy de Sergines, si vaillant dans les batailles; et les fidèles, sans défense, n'avaient d'espoir que dans leur patriarche, obligé bien des fois ^'imiter le bon pasteur de l'Evangile et d'exposer sa vie pour son troupeau.
Ce royaume lointain de l'Orient présentait l'organisation d'une multitude d'états indépendants, se régissant eux-mêmes, plus nombreux et plus divers que ceux d'aucun grand empire de l'Occident. Au temps de sa prospérité, sous Baudouin I«% il s'étendait du couchant au levant, depuis la Méditerranée jusqu'au désert de l'Arabie, et du midi au nord, depuis le fort de Darum au-delà du torrent d'Egypte, jusqu'à la rivière qui coule entre Dyblos et Béryte. Sa conslitulion, fondée sur la féodalité aristocratique du moyen-âge, fut-elle en effet la cause de la faiblesse et delà chute de ce royaume, comme l'affirment beaucoup d'historiens, on ne sait.. Mais l'esprit de l'époque ne permettait guère de songer à une autre forme d'organisation. Il fallait d'ailleurs unir au nouveau royaume les principautés d'Edesse et d'Antioche, ce qui ne se pouvait que par le lien de la féodalité. C'est ainsi qu'une foule de grands et de petits vassaux se groupèrent autour du trône par des liefs et des arrières-fieb. Dans ce nombre se trouvaient les hauts prélats qui tenaient des fiefs de la couronne; ils étaient par conséquent, à ce titre, obligés de fournir leur contingent de troupes au roi'.
Il y avait trois espèces de vassaux : — les grands barons, vassaux directs du roi, grands vassaux de la couronne; — ceux qui tenaient leurs fiefs de ces vassaux de la couronne;— ceux qui tenaient leurs fiefs des vassaux de la seconde classe, arrière -vassaux ou vavasseurs.
Ces vassaux de la dernière classe étaient dans les mêmes rapports, vis-à-vis de leurs suzerains, que ceux-cià l'égard des grands vassaux de la couronne, et ces derniers vis-à-vis du roi.
• t. GoscBLBR, Dictionnaire encyclopédique de la théologie caUudique^
Ion. V. ^
La majeure partie dn paya ayaii été partagée estre les Tas* saax à titre de fleb; les vassaax avaieiii un pouvoir illimité li où ils n'étaient pas arrêtés par leurs devoirs féodaux à l'égard du roi. Le roi n'était réellement maître que d^ns le petit nombre de villes et de châteaux qu'il s'était réservés. Ses ressources se réduisaient au butin de la guerre, aux tributs que les émirs voisins lui payaient , aux rançons par lesquelles les infidèles rachetaient leurs prisonniers, et enfin aux revenus du domaine de la couronne. Il n'était sacré que par le patriarche, ou, à son défaut, par l'archevêque de Tyr, que lorsqu'il avait juré sur les Évangiles qu'il observerait les statuts du royaume.
A côté du roi étaient placés les grands dignitaires du royaume; à ces personnages influents appartenaient certaines charges de la cour et de l'armée, certains privilèges judiciaires, l'autorité sur les fonctionnaires et !es gens de service. C'étaient le sénéchal, le connétable, le maréchal, le grand chambellan. Dans toutes les occasions importantes, dans un cas de guerre, par exemple, c'était le devoir du roi d'appeler en conseil le patriarche, les barons de l'empire et les principaux chevaliers.
La justice était organisée d'une manière toul-à-fait conforme aux besoins et aux coutumes de chaque état; elle était principalement fondée sur celte règle que nul ne peut être jugé que par ses pairs, c'est à*dire par des juges de son état, de sa foi, de sa nation. D'après ce système, il y avait trois cours de justice'.
La cour suprême, à Jérusalem, présidée par le roi ou par son représentant, le sénéchal, et composée des barons de l'empire, c'est à-dire des vassaux directs de la couronne. Cette cour décidait dans les afl'aires civiles et criminelles de la noblesse et intervenait dans les contestations féodales. Les vas-
I. Assises H bons Usages du Royaume de Jérusalem ptr Jeto b*Ikliii, comie de Jaflli e( d'Ascaloo, édit. par Gaspak m TaiUMAsiiM, Paris, 1690, ÎD-folio.
U JACQUES PANXALÉON
sani de la cevromie passédaJe&tégalein^nt das cours de justice de ce genre ^ur leurs vassaux respeciirs, avec t'aulorl* saliouduroi, et ckaque suzerain avait le droit d'eu ériger nne pour les vassaux qui lui étaient subordonuôs.
Les cours civiles, institution excellente dont le monde occidental était privé à celle époque, furent établies d'abord à Jérusalem; et plus tard, dans toutes les villes importantes. De notables bourgeois assermentés jugeaient, dans ces cours, les affaires concernant les biens et la personne de leurs concitoyens. Le vicomte , présidant la cour et institué par le roi , devait lui rendre compte de la procédure; il était chargé de Texéculion des jugements.
Les cours spéciales pour les Grecs schismatiques et les Chrétiens indigènes ou Syriens, rendaient la justice d'après les usages particuliers de ces peuples de rOrienti.
Quant à l'organisation ecclésiastique du royaume, la plupart des sièges épiscopaux, conservés après la conquête, reçurent des prélats du rite latin. Ils furent tous subordonnés au patriarche de Jérusalem, également du rite latin.
Le patriarcat, comme le royaume de Jérusalem, comprenait les trois Palestines ayant pour capitales : la première, Jérusalem; la deuxième, Césarée maritime; la troisième, Bethsan, puis Nazareth. Il renfermait en outre tout le pays des Philistins, toute la Phënicie, la deuxième et la troisième Arabie et quelques parties de la première. Ces diverses provinces avaient deux chefs pour les gouverner, l'un spirituel, l'autre temporel. Le patriarche en était le seigneur spirituel, et le roi, le seigneur temporel^
Le patriarche étendait sa juridiclioh sur les quatre archevêques de Tyr, de Nazareth, de Péra et de Césarée.
La métropole de Césarée maritime, conquise depuis llOi, avait pour suffragant l'évéché de Sébasle ou Samarie institué vers 1131 en évéché latin. On ne parle qu'une fois, vers 1190, d'un évéché de Saba.