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c le ira?ail qa*oiii enduré nos pères pour noas conquérir oes f lieni. Montrons par nos coups que nous sommes de vrais t guerriers. Si Dieu nous donne la bonne foriune de triompher f dans une bataille, la gloire de cette journée vivra lant que
< l'arche sainte se tiendra sur le mont Ararat. Quant à moi, i vous le 8avez, je ne puis tenir ni l'épéc, ni la lance ; mais afin c de faire aussi une expertise d'arm^^s digne de vous, je por- « terai la bannière du prince : >Qu*on l'allache en ma main I f D'ici, j'aperçois la tenle du frère de l'empereur; je vous jure
< d'y marcher droit. Quiconque d'cnlre vous me verra trem-
< bler on hésiter, je le déclare l'ennemi du Christ, s'il ne m'é-
< gorge pas i l'inslant. •
De telles paroles étaient bien faites pour inspirer du courage aux moins valeureux. Les chevaux étaient bien resscllés, les armures bien lacées, les pointes des lances bien essayées, tous partirent comme un seul homme; ils débouchèrent flèrement dans la plaine. Le chef impérial ordonna à mille hommes à cheval de s'élancer à leur rencontre. Le rude choc des pesants chevaux de France produisit un effet irrésistible sur l'escadron léger des Grecs; ils étaient déjà parvenus au pied de la colline où se dressait la tente du frère de l'empereur, sans que le général grec eut aperçu le danger qui le menaçait; les cris des fuyards et des blessés qui cherchaient à échapper à l'épée sanglante des Franks, frappèrent enGn son oreille. Il n'eut que le temps d'abandonner sa tente et son armée ; il rentra seuj et honteux, à travers les passages les plus secrets, dans la plaine de Laconie et la forteresse de Misitra. Les forêts de chênes et de sapins, les replis profonds et sinueux des montagnes servirent de refuge au reste des troupes impériales.
Guillaume de Villchaidouin apprit à Corinlhc la nouvelle de cette brillante victoire. Il avait vainement attendu l'arrivée des auxiliaires de la Grèce continentale et des Iles voisines; ils étaient retenus par le besoin de leur propre défense; car Michel Palëologue avait envoyé aux deux points opposés de TEubée des flottes montées par ces Gasmules nés de pères franks
et de mères grecques. Ces guerriers, doués de toute la ruse intelligente de leurs mères et de toute la fougueuse audace de leurs pères, empêchèrent Guillaume de poursuivre, comme il le désirait, lés succès de Jean de Carabas en marchant sur Hisitra. Il licencia ses troupes et retourna à Andraviva K
Le sébastocrator Constantin, rentré aussi à Constantinople, laissa en Horée, pour commander en son absence, Alexis Phi* lès, grand domestique, et Hacrinos , grand chambellan. Ils cherchèrent à se faire des auxiliaires des montagnards escla- Tons du pays de Scorla en Arcadie. Ces peuples, adonnés aux travaux de l'agriculture, supportaient avec peine le trouble et la perte que leur causait fréquemment le passage des armées dans leurs contrées. Peut-être aussi l'établissement de grands fiefs au milieu de leurs vallées et de leurs montagnes avait-il occasionné de nombreux désordres : sur la terre de Morée comme sur la terre de France, les habitudes de galanterie chevaleresque se transformaient en traits de légèreté et de dissipation. C'était par là que les agents impériaux avaient prise sur les paisibles esclavons de Scorta; ils les appelaient à se soulever contre les pertubateurs de leur travail régulier et de leur paix domestique. Philès et Hacrinos, aidés par l'insurrection des Scorlins, remportèrent plusieurs avantages sur le prince d'Achaïe cl de Horée; ils ne furent malheureux que dans rétroit défilé de Makri^Plagi au pied du mont Hellenitza. Tous deux tombèrent au pouvoir des Franks. Philès, blessé, mourut dans les fers. Hacrinos, échangé avec d'illustres chevaliers d'Achaïe, ne sortit de prison que pour être condamné à perdre la vue. Telle fut la récompense de tant d'actions de valeur. Ce funeste exemple dut faire Sembler tous les bons serviteurs de Hichel Paléologue. H ne ralentit pas néanmoins le zèle de Philantbropène, grand- écuyer, allié de la famille impériale. Ce redoutable marin continua, le reste de l'année, à parcourir, avec sa fiolle, les lies occupées par Guillaume et les Yénitiens; il les ravagea presque toutes, et rapporta un riche butin à Constantinople.