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est pour eux, pressé d'ailleurs, par les rois, de sévir à outrance contre cette secte et de l'extirper sans merci. — Mais , sous les minorités de François II et de Charles IX, les dissidents, nombreux, hardis, avides de vengeance, font trembler dans leurs tribunaux ces juges qui les ont si long-temps malmenés; partout ils apparaissent armés, menaçants, redoutables. A Rouen, les magistrats ne sauraient plus venir au palais, ni retourner chez eux, sans escorte. Les religionnaires qu'ils osent condamner encore , sont tirés des prisons , ou audacieusement arrachés , en plein jour , aux archers et aux bourreaux qui les mènent au Vieux-Marché. — La liberté ne suffisant plus aux réformés, il leur faut maintenant l'empire. Rouen, en 1562, tombe en leur pouvoir ; les prêtres sont en fuite , les églises dévastées , sans autels et sans culte ; les magistrats outragés ont fui , et le palais est désert. Mais , à Louviers, il y a des échafauds, des roues et des gibetsen permanence. LeParlement réfugié y siège vigilant, inexorable ; et malheur aux complices de ces rebelles qui l'ont banni de la capitale ! On en fait rude justice ; et il faut que Castelnau vienne un jour
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dire à ces magistrats , de la part du roi , de garder quelque mesure. A Rouen , toutefois , où bientôt cette cour est retournée, les rigueurs continuent, non moins âpres qu'à Louviers. Après les tètes des DuBoscd'Emandreville, desGruchetde Soquence, des Berthonvilie et des Mariorat , il en faut d'autres encore ; c'est l'esprit du temps , c'est le cri de la ville r dont non seulement la populace , mais les bourgeois même , assiègent le palais de justice , demandant du sang, outrageant les magistrats modérés, poursuivant le vertueux premier président Saint-Anthot^ qu'ils veulent mettre en pièces , parce qu'il a proféré ( dit-on ) les mots de tolérance et de pardon ; empêchant , par de violents murmures, par des séditions, l'enregistrement des édits de paix. On pense, hélas ! à la grand'chambre, comme dans la cour du palais. Le grand L'Hospital vient un jour à Rouen , faire honte aux magistrats de ces haines vulgaires , tenaces , implacables , qui ont fait douter de leur justice : « Vous estes juges du pré ou du champ ( leur ditr-il ), non de la vie^ non des mœurs ^ non de la religion.Ti
Cette rude semonce a eu pour témoins l'élite du
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royaume réunie dans la chambre du plaidoyer, et Charles IX qui vient de s'y déclarer majeur.
De ces haines religieuses qu'un chancelier si sage n'a pu apaiser, est née la Ligue, dont le Pariement parsdt quelque temps se défendre. Mais , à la fin , la maison de Guise y compte des séides , qui , après la tragédie de Blois , restent dans la ville de Rouen rebelle , courbés sous la verge de Mayenne, de \illarset de Tavannes , apprenant , àforce d'humiliations et d'affronts, ce qu'on gagne à s'être écarté du droit chemin : tandis que , dansCaen, où tous les magistrats fidèles se sont réfugiés, notre vrai Parlement ( le loyal Claude Groulart à sa tête ) siège , cinq ans durant, à l'étroit, dans la gêne, dans les privations de toutes sortes , sans robes rouges pour tout dire, tant il est pauvre ! mais digne, honoré , révéré de tous, parce qu'il est demeuré fidèle au devoir et lui a tout sacrifié. — Au reste , le temps ne l'a guère rendu plus tolérant pour les religion* naires. De retour à Rouen , il lutte opiniâtrement contre Henri ÏS en personne, qui lui demande avec instance quelques concessions , qui lui prêche la condescendance et l'oubli. Indigné de l'édit de