‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 115 sur 217 · CHAPITRE XXXVII. '21J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII. '21J

plupart des chefs de la Ligue, que de faire couler continuellement le sang de son peuple. II se servit de leur avarice pour subjuguer leur ambition. Le vertueux duc de Sully, digne ministre d'un tel maître, nous apprend qu'il en coûta trente-deux millions en divers temps pour réduire les restes de la Ligue.

Henri ne crut pas devoir se dispenser de payer exactement cette somme immense dans le cours de son règne, quoique au fond ces promesses eussent été extorquées par des rebelles ; il joignit à beaucoup d'adresse la bonne foi la plus incorruptible.

Il n'était point encore réconcilié avec Rome; il regagnait pied à pied son royaume par sa valeur et par son habileté, lorsqu'il convoqua dans Rouen une espèce d'états généraux sous le nom (ïassemblée de notables. On voit assez par toutes ces convocations différentes qu il n'j^ avait rien de iixe en France. Ce n'était pas là^les anciens jié^rlemens du royaume, où tous les guerriers nobles assistaient de droit. Ce n'était ni les diètes de l'Empire ni les états de Suède, ni les cor tes d'Espagne, ni les par^ lemèns d^AneTeterre , dont tous les membres sont fixés par les lois. Tous les hommes un peu considérables , qui furent à portée de faire le voyage de Rouen , furent admis dans ces états. Alexandre de Médicis, légat du pape, y fut introduit, et y

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eut voix délibérative. L'exemple du cardinal de Plaisance, qui avait tenu les états de la Ligue, lui servait de prétexte; et le roi, qui avait besoin du pape, dérogea aux lois du royaume sans craindre les conséquences d'une vaine cérémonie.

(4 novembre 1596) L'ouverture des états se fit dans la grande salle de l'abbaye de Saint -Ouen : car il est à remarquer que ce n'est guère que chez les moines que se trouvent ces basiliques immenses où l'on puisse tenir de grandes assemblées. Le clergé de France ne tient ses séances à Paris que chez les moines augustins. Le parlement même d'Angleterre ne siège que dans l'abbaye de Westminster.

Le roi était sur son trône. Au dessous de lui étaient à droite et à gauche les princes du sang, le connétable Henri de Montmorenci, duc et pair; il n'y avait que deux autres ducs, d'Épernon et Albert de Gondi, avec Jacques de Matignon, maréchal de France. Les quatre secrétaires d'état étaient derrière eux. Le légat avait un siège vis-àvis le trône du roi; il était entouré d'un grand nombre d'évéques; on eût cru voir un autre roi qui tenait sa cour vis-à-vis de Henri IV. Au dessous de ces évéques était Achille de Harlai , premier président du parlement de Paris, et Pierre Séguier, président à mortier. Ils n'auraient point cédé aux évéques; mais le cardinal légat leur en

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