‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 141 sur 217 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

portugais qui étaient venus envahir tout le commerce que les Français n'entendaient pas encore. Ils restèrent pour la plupart à Bordeaux, et continuèrent ce commerce qui leur était défendu.

Une autre affaire qui regardait plus particulièrement le parlement fut celle de la paulette. C'était un droit annuel, imaginé par un nommé Paulet, sous l'administration du duc de Sully. Tous ceux qui avaient obtenu des charges de judicature payaient par an la soixantième partie du revenu de leurs charges , moyennant quoi elles étaient assurées à leurs héritiers , qui pouvaient les garder ou les vendre à d'autres, comme on vend une métairie. Cet abus ne fesait pas honneur au duc de Sully. C'était peut-être Tunique tache de son ministère ^

Les états de i6i4 et i6i5 demandèrent fortement l'abolition de ce droit et de cette vénalité, le ministère la promit en vain. L'avantage de laisser sa charge à sa famille l'emporta sur le fardeau du droit annuel. Il y a eu beaucoup de changemens dans la perception de ce droit ; on l'a modifié de vingt manières, comme presque toutes les lois et tous les usages. Mais la honte d'acheter le droit de vendre la justice, et celui de le trans-

^ * Voyez sur Sully la note sui^ le vers 97 du chant viii de /a Hcnriade, et la note des éditeurs de Kelil, concernant toutes deux Sully. (Clog.)

mettre à ses héritiers, a subsisté toujours. On a prétendu depuis que le cardinal de Richelieu approuva cet opprobre dans son prétendu Testament politique. On ne s'apercevait pas encore que ce Testament^ est l'ouvrage d'un faussaire aussi ignorant qu'absurde.

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