CHAPITRE LXVII
page 1 36). Toutes ses réponses étaient d'un homme insensé, ainsi que ses actions.
Interrogé pourquoi il avait fait écrire par l'exempt Belot les noms de quelques membres du parlement, et pourquoi il avait diiouté presque tous, il répondit, «parce que tous sont furieux de <t la conduite de l'archevêque. »
Vareille, enseigne des gardes du corps, lui ayant été confronté, et lui ayant soutenu qu'il avait dit «que, si Ton avait tranché la tête à quatre « ou cinq évéques, il n'aurait pas assassiné le roi « pour la religion »,Damiens répondit* «qu'il n'a- « vait pas parlé de leur trancher la tête, mais de « les punir, sans dire de quel supplice. » Il persista toujours à soutenir que «sans l'archevêque cela « ne serait pas arrivé, et qu'il n'avait frappé le roi « que parce qu'on refusait les sacremens à d'hon- « nêtes gens. » Il ajouta «qu'il n'allait plus à con- « fesse depuis que Tarchevêque avait donné de si « bons exemples. »
Ce fut surtout dans son interrogatoire du 26 mars (Pièces originales, page 376) qu'il déclara que, s'il n'avait jamais mis le pied au Palais, il n'aurait pas commis son crime, et que les discours qu'il y avait entendus l'y avaient déterminé.
Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que le premier président de Maupeou lui ayant demandé « s'il croyait que la religion permettait d'assassiner
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« les rois», il dit par trois fois «qu'il n'avait rien à « répondre.»
Après la lecture de son arrêt prononcé en présence de cinq princes du sang , de vingt-deux ducs' et pairs, de douze présidens à mortier, de sept conseillers d'honneur, de quatre maîtres des requêtes, et de dix-neuf conseillers de grand' chambre, il fut appliqué à la question des coins qu'on enfonce entre les genoux serrés par deux planches; il commença par s'écrier : « C'est ce coquin d'arche- « (^ëque qui est cause de tout » (^Pièces originales, page 4o3). Ensuite il énonça que c'était le nommé Gautier, homme d'affaires de M. de Ferrières, frère d'un conseiller au parlement, qui lui avait dit, en présence de ce même Ferrières , « qu'on ne pou- « vait finir ces querelles qu'en tuant le roi;» qu'il demeurait dans la même rue c[ue Gautier; qu'il lui avait entendu tenir ce discours dix fois, et ajouter que c'était « une œuvre méritoire. »
Au huitième et dernier coin, il répéta encore qu'il avait été inspiré par les discours de ce Gautier et par ceux qu'il avait entendus dans le Palais. Immédiatement après la question, on lui confronta Dominique -François Gautier, qui dit d'abord n'avoir point de reproches à lui faire, mais qui nia toute sa déposition. On lui confronta aussi le sieur Ferrières : celui-ci convint que Damiens lui avait apporté quelquefois des arrêts du