CHAPITRE IX
du pariement de Paris, mais envoyé par le roi luimême au sénéchal de Toulouse, commandant et juge de la noblesse. Ce sénéchal fit porter l'ajournement par un chevalier nommé Jean de Chaponval, assisté d'un juge.
Le roi Charles V, pour colorer cet étrange procédé, manda au pays de la langue de oc, que le roi son père ne s'était engagé à céder la souveraineté de la Guienne que jusqu'à l'année i36i.
Rien n'était plus faux. Le traité de Bretigni est du 8 mai 1 36o : le roi Jean l'avait signé pour sortir de prison; Charles V l'avait rédigé, signé et consommé lui-même, comme dauphin régent de France, pendant la prison de Jean son père : c'était lui qui avait cédé en souveraineté au roi d'Angleterre, la Guienne, le Poitou, la Saintonge, le Limousin, le Périgord, le Querci , le Bigorre, l'Angournois, le Rouergue, etc.
Il est dit par le premier article de ce traité célèbre : « Que le roi d'Angleterre et ses successeurs « posséderont tous ces pays, et de la même ma- « nière que le roi de France, et son fils aîné, et « ses ancêtres rois de France l'ont tenu. »
Comment Charles V pouvait-il écrire qu'il n'avait cédé à son vainqueur la souveraineté de toutes ces provinces que pour un année? Il voulait sans doute faire croire sa cause juste, et animer par là ses peuples à la défendre.
( i4 mai 1370) Quoi qu'il en soit, il est certain que ce fut le roi lui-même, au nom des pairs de son royaume, qui cita le prince de Galles; ce fut lui qui signa la confiscation de la Guienne à Vincennes; et pendant que le prince Noir se mourait, le connétable Duguesclin mit l'arrêt à exécution.