‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 8 sur 217 · CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. l

et des empereurs; ces souverains, toujours en querre avec leurs vassaux, étaient souvent obligés de prendre le pape pour arbitre. Les évéques, au milieu de cette barbarie, établissaient une juridiction monstrueuse; leurs officiers ecclésiastiques, étant presque les seuls qui sussent lire et écrire, se rendirent les maîtres de toutes les affaires dans les états chrétiens.

Le mariage étant regardé comme un sacrement , toutes les causes matrimoniales furent portées devant eux; ils jugèrent presque toutes les contentions civiles, sous prétexte qu'elles étaient accompagnées d'un serment. Tous les testamens étaient de leur ressort, parce qu'ils devaient contenir des legs à l'église; et tout testateur qui avait oublié de faire un de ces legs , qu'on appelle pieux, était déclaré décon/ès, c'est-à-dire à peu près sans religion; il était privé de la sépulture, son testament était cassé, l'église en fesait un pour lui, et s'adjugeait ce que le mort aurait dû lui donner.

Voulait -on s'opposer à ces violences, il fidlait plaider à Rome, et l'on y était condamné*.

Les inondations des barbares avaient sans doute causé des maux affreux; mais il faut avouer que les

* La première édition (17^)9), et l'édition in-4» (1777), portent ; Il fallait aller plaider à Rome, oh l'on était condamné.

l6 HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.

usurpations de l'église en causèrent bien davantage.

Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans ces recherches dont toutes les histoires sont pleines ; contentons-nous d'examiner quels furent les parlemens de France, et quels furent les tribunaux de justice.

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