CHAPITRE XXIX. lG
qu'il la contiendrait en se mettant lui-même à la tête; mais il ne vit pas que c'était la confirmer solennellement, et lui donner des armes contre luimême. Toutes ces démarches servirent à creuser son précipice: la Ligue l'obligea à tourner contre Henri de Navarre les armes qu'il aurait voulu employer contre elle.
Ce fut pendant cette guerre, et après la bataille de Coutras, que le prince Henri de Coudé mourut empoisonné à Saint-Jean-d'Angely en Saintonge (5 mars i588). Il faut voir sur cet empoisonnement avéré la lettre de Henri IV à la comtesse de Gramont, Corisande d'Andouins; c'est un des monumens les plus précieux de ces temps horribles'.
Le grand prévôt de Saint-Jean-d'Angely fit tirer à quatre chevaux le nommé Ancellin Brillant ^^ ancien avocat au parlement de Bordeaux, et maître d'hôtel ou contrôleur du prince, convaincu d'avoir fourni le poison. On exécuta en effigie Belcastel, page de la princesse de Condé ; on mit en prison la princesse elle-même; elle en appela à la cour des pairs. Elle fut long-temps prisonnière, et ce ne fut que sous le règne de Henri IV que le parlement, sans être assisté d'aucun pair, la déclara innocente.
* * Voyez la deuxième des neuf lettres de Henri IV, placées par Voltaire, sous le titre d'Addition, à la suite du cliap. clxxiv de V Essai sur les mœurs. (CroG.)
^ C'est ainsi que le nomme Henri IV dans sa troisième lettre.
l64 HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.