CHAPITRE XXX. ^ I "7 I
semble, faire réflexion qu'elle n'est point tirée des registres du parlement, qu'elle n'est point signée d'un avocat, quon la suppose signée par Chicot; c'est le même nom que celui du fou du roi. Il n'y est point fait mention de la mère et de la veuve des princes assassinés. Il n'était point d'usage de spécifier au parlement les peines que la justice peut infliger contre un coupable. Enfin cette requête doit être plutôt considérée comme un libelle du temps, que comme une pièce judiciaire. Elle sert seulement à faire voir quel était l'emportement des esprits dans ces temps déplorables ^.
* Cette dernière pièce nous paraît une plaisanterie contre les ligueurs. Les protestans, presque toujours privés en France de la liberté de se défendre , firent un grand usage de ces pièces supposées , dont personne n'a été la dupe lorsqu'elles ont paru , mais dont plusieurs ont été recueillies depuis comme des pièces authentiques.
Les deux autres pièces n'ont rien qui doive en faire soupçonner la vérité. Le duc de Guise avait été assassiné. N'eût-il été qu'un simple citoyen , le parlement devait faire le procès aux meurtriers. L'ordre du roi ne devait pas les mettre à l'abri de la condamnation *. Ainsi , le premier arrrêt n'est qu'un acte de justice et de courage. Le second a pour objet la défense des lois du royaume et des droits du parlement. La duchesse de Clèves demandait que l'on poursuivît ceux qui avaient expédié et délivré la commission, ce qui était inculper les officiers de la chancellerie, et le secrétaire d'état qui avait signé cette commission. Le parlement eut la sagesse de ne point faire droit sur cette partie de la requête.
^ * Il n'existait même aucune preuve légale que le roi eût donné l'ordre d'assassiner le due de Guise.